Airbus Group : des licenciements secs ne peuvent être exclus, selon son patron Tom Enders

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Tom Enders, le directeur général d'Airbus Group
Tom Enders, le directeur général d'Airbus Group (Crédits : © Hannah Mckay / Reuters)
Dans un entretien accordé au Figaro, le directeur général du groupe aéronautique et de défense européen indique qu'il ne peut garantir l'absence de licenciements secs, alors que le groupe a annoncé la semaine dernière un plan de suppression de 1.164 postes.

Dans une interview accordée au Figaro ce lundi, le directeur général d'Airbus Group, Tom Enders, affirme dans qu'il "ne peut pas garantir" que le plan de suppression de 1.164 postes en Europe annoncé la semaine dernière n'entraînera pas de licenciement sec. A la question de savoir s'il peut prendre l'engagement qu'il n'y aura pas de licenciements secs, Tom Enders a répondu au:

"Non, je ne peux pas le garantir".

"Logique financière"

Les syndicats dénoncent un plan guidé par une logique purement "financière", mettant en avant un carnet de commandes record de près de 1.000 milliards d'euros et plus de 5 milliards de trésorerie.

"Etant donné les défis opérationnels auxquels nous devons faire face, avoir 5 milliards d'euros de cash, ce n'est pas suffisant pour un groupe qui réalise 65 milliards de chiffre d'affaires et qui dépend autant de l'aviation commerciale", a rétorqué Tom Enders.

Des budgets défense plus importants

Ce dernier a par ailleurs demandé que les pays européens, à commencer par l'Allemagne, augmentent leurs budgets de défense que soit relancée rapidement la coopération franco-allemande.

"L'Allemagne, qui a l'économie la plus solide en Europe, devrait augmenter son budget militaire. Les pays de l'Union européenne (UE) devraient investir 2 % de leur PIB - c'est un minimum - dans la défense, contre 1,5 % en moyenne aujourd'hui", a dit Tom Enders.

"L'Union européenne n'a pas de budget militaire en propre. Ce sont donc aux nations d'investir, de coopérer et de coordonner leurs efforts en matière de défense et de sécurité", ajoute-t-il.

Pour le patron allemand d'Airbus Group, "l'Europe reste fragile et le risque d'une crise grave n'est pas à écarter."

"C'est pourquoi nous avons besoin pour l'Europe et pour Airbus d'une France forte. L'Allemagne seule ne l'est pas assez. L'avenir de l'Union européenne repose sur un couple franco-allemand soudé. La coopération entre nos deux pays s'est délitée. Il faut la relancer rapidement", a-t-il expliqué.

A propos de la situation américaine, il indique que, dans le contexte créé par l'élection de Donald Trump, "il est plus que jamais crucial de nous développer et d'investir davantage dans nos activités industrielles aux États-Unis."

Pour soft Brexit

S'agissant de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, Tom Enders a déclaré qu'Airbus Group, comme d'autres compagnies, mène "un lobbying très fort, en faveur d'un 'soft Brexit'", l'enjeu étant de ne pas affaiblir davantage l'économie européenne avec de nouvelles barrières douanières.

"Nos intérêts sont très importants au Royaume-Uni. Toutes les ailes de nos avions - je parle de plus de 1.200 voilures par an - sortent de nos usines anglaises", fait-il valoir.

Airbus est le deuxième groupe aéronautique britannique, la première société spatiale (...) Nous y avons noué de nombreux partenariats. Nous serons très attentifs aux décisions que prendra le gouvernement. Ce qui est en jeu, c'est la poursuite la poursuite de nos investissements au Royaume-Uni."

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Commentaires
a écrit le 08/12/2016 à 9:16 :
Sabotage ,il faut investir en France ;pas au UK , c'est la France qui a fait airbus , alors merci beaucoup ,monsieur le financier mondialiste ,vivement qu'un français vous remplace!

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