Malgré un carnet de commandes record, Airbus supprime près de 1.164 postes

La direction a annoncé aux représentants du personnel la suppression de 1.164 postes dans le cadre de la fusion entre le groupe et sa principale division, Airbus Commercial Aircraft.

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Tom Enders, le directeur général d'Airbus Group
Tom Enders, le directeur général d'Airbus Group (Crédits : Reuters)

Les carnets de commandes d'avions sont pleins à craquer, les cadences ne cessent d'augmenter, les perspectives de marché sont toujours excellentes avec un doublement du trafic aérien tous les quinze ans mais les grands groupes industriels comme Airbus, Boeing ou Bombardier suppriment des postes.

1.164 suppressions de postes et 325 transferts de postes

Après les 4.550 suppressions de postes annoncés en 2016 par Boeing en début d'année, les 7.500 annoncées en octobre par Bombardier dans ses activités aéronautiques et ferroviaires, Airbus Group a annoncé ce mardi en comité central d'entreprise (CCE) 1.164 suppressions de postes et 325 transferts de postes, principalement du site de recherche de Suresnes qui va être fermé (seules une dizaine d'emplois de relation publique seront maintenus) et de celui d'Ottobrunn, près de Munich, vers Toulouse. Pour les syndicats, la suppression nette sur le site de Suresnes s'élève à 308 postes auxquels il faut ajouter 150 mobilités. Soit près de la moitié des suppressions de postes prévues en France. Selon la CGC, 640 postes seront en effet supprimés en France d'ici à fin 2018.

Volontariat

Ces réductions d'effectifs sont la conséquence de la fusion entre Airbus Group et sa plus grosse division, Airbus Commercial Aircraft, laquelle sera mise en œuvre à partir de juillet 2017. Les réductions porteront essentiellement sur les fonctions support et les fonctions intégrées, ainsi que sur l'organisation CTO (Chief Technology Office), a précisé le groupe d'aéronautique et d'espace dans un communiqué.

Ce plan de restructuration se fera sur la base du volontariat mais le groupe n'exclut pas des licenciements si ses objectifs ne sont pas atteints en 2018, a précisé le directeur des ressources humaines, Thierry Baril, à l'AFP.

"Cette fusion permettra également de finaliser le déménagement à Toulouse du siège de la société qui était précédemment basé à Paris et Munich", a ajouté Airbus.

Tom Enders prendra la tête du nouvel Airbus et Fabrice Brégier sera son numéro deux tout en conservant la présidence de l'activité d'avions commerciaux.

"Logique financière"

En tenant compte des 230 nouveaux postes que veut créer Airbus Groupe, la  réduction nette des effectifs s'élève à 934 postes, sur un effectif global de 136.000 salariés.
Les syndicats dénoncent une "logique financière" qui pousse un groupe à la tête d'un carnet de commandes record de près de 1.00 milliards d'euros, soit 8 à 10 ans de production, à supprimer plus de 1.000 postes.

La direction rétorque qu'elle se doit de poursuivre la réduction de ses coûts, dans un contexte de concurrence exacerbée avec son rival américain Boeing et la venue sur le marché d'avionneurs chinois.

Pour Yvonnick Dréno, coordonnateur FO pour Airbus Group (syndicat majoritaire), "la direction a semblé être très attentive au traitement social, il va y avoir un ensemble de mesures comme des retraites anticipées, des reclassements, de la mobilité".

"On espère encore une fois cette fois-ci réussir à une prise en compte sociale", a-t-il ajouté en référence au fait que jusqu'ici aucun plan de suppressions de postes mis en oeuvre chez Airbus ne s'est traduit par des licenciements secs. "On suspecte la direction de vouloir faire des économies", a-t-il toutefois souligné. "La finance a pris une part de plus en plus importante chez Airbus. L'entreprise dit qu'elle veut diminuer la « bureaucratie » mais ses salariés dont les postes sont supprimés ne font pas partie de cette « bureaucratie », a-t-il insisté.

"Plus le nombre de postes impactés restera conséquent, plus la facture sociale sera lourde, plus la Direction devra mettre la main au portefeuille", a de son côté réagi le syndicat CFE-CGC dans un communiqué.

Pour rappel, Airbus Helicopters, numéro un mondial des hélicoptères civils que continuera à diriger Guillaume Faury, avait de son côté annoncé le 26 octobre un plan de départs volontaires portant sur 582 postes en France sur la période 2017-2018 en raison du ralentissement de son marché.

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Commentaires 9
à écrit le 02/12/2016 à 15:45
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Vivement qu'un français reprenne les commandes , il faudrait faire payer aux espagnols leur incompetence pour l'assemblage des A 400 M ,qui a dû couter très cher ,et aux rosbifs le brexit ,mais non on affaibli la France , sans qui airbus n'existerai...

à écrit le 29/11/2016 à 20:18
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'C'est de la bonne gestion vu de loin.' Vu de très loin, oui. D'une part on ne chiffre pas les dommages collatéraux induits par le manque de personnel et la procédurisation à outrance de ces services: faut bien faire dans la procédure rigide histoire...

le 29/11/2016 à 21:20
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Je ne comprends pas bien ce que vous voulez dire dans votre réponse. Mais ce que je sais d'une carriière faite uniquement dans l'industrie, c'est qu'une entreprise meurt par perte de compétitivité avant toutes autres choses. Un chef d'entreprise qui...

le 01/12/2016 à 20:40
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Voyons, comment dire pour être plus clair? Regardez les comptes d'Airbus, où avez vous vu que lamaison n'était pas compétitive? Regardez les 'erreurs' éventuelles, qui les a commises et qui les paie? Si vous ne regardez que le compte de résultat sans...

à écrit le 29/11/2016 à 16:35
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C'est de la bonne gestion vu de loin. J'ai du faire la même chose dans mon entreprise il y a 15 ans (suppression de 1200 postes sur un même site industriel), alors que nous dégagions encore du résultat. La finalité d'une entreprise est de gagner de ...

le 01/12/2016 à 8:12
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je partage votre avis sur l'importance des mesures pour maintenir sa compétitivité en période de vache grasse. Ce qui m'interpelle c 'est le déséquilibre entre les efforts demandés entre pays sur le plan de la R&D On ferme le centre de recherches de...

le 02/12/2016 à 16:09
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J'aimerais bien croire en la bonne foi des (du) président en place, sauf qu'on parle surtout de rentabilité concernant les dividendes (rentabilité visée de 10% contre 6% aujourd'hui, misère...). Ensuite, remarquez bien que, au même moment, alors ...

à écrit le 29/11/2016 à 15:51
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Chantage à l'emploi comme Alstom ? Ce genre de boites ne fonctionnent que par subventions, heureusement qu'il y a un peu de bénéfice avec les fonds européens. Sans doute des stratégies à revoir. Les PME sont les seules entreprises viables.

à écrit le 29/11/2016 à 15:02
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"Logique financière" d'une finance qui n'a aucune logique navigant à vue pour ses seuls intérêts. Au secours.

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