Pourquoi les drones américains Reaper sont indispensables à la France

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Les heures de vol ont doublé en l'espace d'un an, a constaté le nouveau chef d'état-major de l'armée de l'air, le général André Lanata.
Les heures de vol "ont doublé en l'espace d'un an", a constaté le nouveau chef d'état-major de l'armée de l'air, le général André Lanata. (Crédits : ministère de la Défense)
Le ministère de la Défense a commandé un troisième système de drones Reaper (trois vecteurs) aux Etats-Unis. Les Reaper sont devenus indispensables à l'armée de l'air française engagée dans la bande sahélo-saharienne.

La direction générale de l'armement (DGA) a commandé le 7 décembre 2015 un troisième système de Reaper, qui comprend trois drones. Le premier système, livré en décembre 2013, est utilisé "de manière intensive dans la bande sahélo-saharienne dans le cadre des opérations en cours", a expliqué un communiqué du ministère de la Défense. La livraison du deuxième système est prévue fin 2016 et celle du troisième en 2019.

La loi de programmation militaire 2014-2019 prévoit que l'armée de l'air disposera en 2019 de quatre systèmes complets, comprenant chacun trois drones, pour succéder au SIDM Harfang (Airbus). Soit douze drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) de type Reaper conformément à la loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019. Pour faire face aux besoins urgents, tout particulièrement dans la bande sahélo-saharienne, le choix s'est porté en août 2013 sur le système américain MQ9 Reaper, fabriqués par le constructeur américain General Atomics. Leur acquisition est réalisée selon la procédure FMS (Foreign Military Sale) auprès de l'US Air Force.

Une des priorités du budget 2016

Dans un premier temps, il a été procédé à l'acquisition accélérée d'un système de deux vecteurs aériens (et de leur segment sol associé) au standard Block 1. Commandés sur étagère le 9 août 2013, ils ont été livrés à Niamey en décembre de la même année. "L'achat en urgence de drones Reaper a permis de combler une lacune capacitaire de nos armées et, en particulier, de faire face aux besoins liés à la conduite des opérations dans la bande sahélo-saharienne", a expliqué le ministère de la Défense..

Cette livraison a été complétée par l'achat d'un troisième vecteur au même standard en décembre 2014, la livraison ayant été effectuée début mai 2015. Le deuxième système, toujours au standard Block 1, a été commandé fin juillet. Le projet de loi de finances pour 2016 prévoit quant à lui la commande du quatrième système. À terme, il est prévu que l'ensemble du parc soit au standard Block 5, avec un retrofit des deux premiers systèmes livrés.

Une des priorités du budget 2016 concerne le système Reaper. L'armée de l'air attend la livraison en fin d'année du deuxième système et la commande du quatrième pour atteindre le format décrit dans la LPM. Le ministère pourrait par ailleurs étudier la mise en œuvre d'une capacité de pilotage des missions depuis la France, avec une station sol sur la base aérienne de Cognac. Cela permettrait de soulager la pression que subit un nombre d'équipages limité en opérations extérieures (OPEX).

Enfin, l'actualisation de la LPM a prévu au titre des adaptations opérationnelles urgentes, l'acquisition d'une charge ROEM (Renseignement électromagnétique) adaptable sur Reaper. Les modalités de ce besoin sont encore à l'étude. "Pouvoir corréler le ROEM et le renseignement image est très important", avait estimé le délégué général pour l'armement, Laurent Collet-Billon.

Des Reaper très actifs

À l'été 2015, trois drones Reaper, basés à Niamey (Niger) étaient engagés par l'armée de l'air en opérations extérieures. Selon le ministère de la Défense, à la fin du mois de juillet 2015 les drones Reaper avaient réalisé de l'ordre de 5.700 heures en opération, en présentant par ailleurs une excellente disponibilité. "Les Reaper ont fait la preuve d'excellentes performances en termes de qualité de détection et d'identification, de qualité d'image, de disponibilité technique, de vitesse ou d'autonomie, gage d'une plus grande présence sur zone", a expliqué le ministère. Ce succès croissant... a un inconvénient : la demande en heures de vol augmente. "Elles ont doublé en l'espace d'un an", a constaté le nouveau chef d'état-major de l'armée de l'air, le général André Lanata.

Après presque deux ans d'emploi par l'armée française, il présente "un bilan opérationnel très positif et répond à l'accroissement du besoin de surveillance de la bande sahélo-saharienne", selon l'Hôtel de Brienne. Les drones MALE sont des outils essentiels dans les zones de conflit moderne, offrant une capacité majeure en termes de connaissance et d'anticipation. Ils sont capables d'assurer des missions de renseignement, de surveillance, de reconnaissance et de désignation d'objectifs en opérant, grâce à leur endurance, sur de larges zones, à grandes distances et sur de longues durées.

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Commentaires
a écrit le 11/12/2015 à 16:17 :
Pas mal de commentaires ineptes.
Pour assurer un couverture longue de zone, il faut un moyen endurant, pas forcement avec des performance dynamiques mais doté de moyens d'observation et de ciblage dernier cri.
Un drone piloté a distance par des operateurs qui se relaient et oblige les djihadistes a baisser la tete longtemps est un bon moyen.
Et s'il faut acheter US ponctuellement , ca ne sera pas la premiere fois, la prochaine generation sera européenne.
a écrit le 10/12/2015 à 20:47 :
Encore quelques années, et cette armée de l'air de basiers et de mécanos, commandée par des commissaires, et qui met en œuvre avec fierté des drones, des missiles sol-air, des commandos parachutistes, des radars... et de moins en moins d'avions, sera transférée à l'Armée de Terre par mesure de simplification en période de disette budgétaire, avec quelques pilotes pour maintenir les "traditions" avec des insignes sur des dérives pour faire des pots escadrons, et personne ne le regrettera :
- les non-pilotes, car ils auront eu la peau de ceux-ci
- les pilotes, car de toutes façons tant qu'il auront une machine sur laquelle faire des heures, ils seront contents avant de partir dans le civil

Deux petits rappels sur les drones :
- ce n'est pas notre pays qui choisit ou non de passer aux drones armés, ce sont les US qui décident ou non d'accorder cette capacité aux pays qu'ils choisissent (ce n'est pas la même chose)
- juste pour info, les décollages et atterrissages de ces grosses maquettes sont réalisés par des opérateurs américains. Ce n'est bien sûr qu'un détail.
Réponse de le 10/12/2015 à 22:43 :
Très bien votre plaidoyer pour le maintien d'une aviation classique et importante, mais quid des moyens financiers pour la mettre en oeuvre. Puisque l'Europe ne mutualisera jamais ses Armées de l'air, il faut bien survivre et s'adapter aux guerres asymétriques. Les américains ont cherché aussi à travers les drones la rationalisation des moyens, d'ailleurs leurs drones sont pilotés par des sergents !
Réponse de le 11/12/2015 à 7:13 :
Nous n'avons pour le moment pas d'autre choix que de nous tourner vers les Américains, puisque nous n'avons pas de matériel similaire disponible en Europe, à terme nous finirons pas avoir le notre donc patience, et en attendant, cela dépanne grandement :)
Réponse de le 11/12/2015 à 13:45 :
Il y a une alternative , le Heron TP de IAI. Mais la facture n'est pas la même.
a écrit le 10/12/2015 à 19:32 :
Tiens, c'est marrant ça, n'aurait on pu développer ce genre de matériel en France ou en Europe?
Réponse de le 10/12/2015 à 21:06 :
On aurait pu, mais on a préféré interrompre les programmes en cours pour acheter de l'américain.
Réponse de le 11/12/2015 à 7:19 :
Le développement va à peine commencer, il sera développé en partenariat entre Allemands, Italiens et Français via Airbus, Finmeccanica et Dassault Aviation.

Il est estimé livrable pour 2020, donc l'armée pouvait difficilement attendre aussi longtemps.

Donc non ça n'a pas été interrompu, peut être certains programme, mais celui là est bien en route, et avec ces entreprises on peut espérer qu'il arrivera à terme.
Réponse de le 13/12/2015 à 11:56 :
Le retard dans développement des drones en Europe ne serait pas plutôt imputable aux joyeux combats politico-industriels que se livrent les acteurs du secteur? Les facéties en coulisse du désopilant trio Airbus, Dassault, Thales côté français se déchirant le gateau avec BAe et Finmecanica entre autres sont les raisons les plus sérieuses du retard en la matière.
a écrit le 10/12/2015 à 19:07 :
Oui : pourquoi ? Pourquoi par russes ? Pourquoi pas français ? Ah oui ! : "on" est "Yonug Leaders", hein...
Réponse de le 10/12/2015 à 20:52 :
C'est tout à fait ça, FV : vassal un jour, vassal...
a écrit le 10/12/2015 à 18:26 :
Notre ministre a enfin réussi à imposer aux lobbyistes de l'aviation "pilotée" un changement de stratégie. Le drone est l'arme qui convient à la France puisqu'on voit bien que nous allons continuer notre politique unilatérale d'opérations extérieures. Le pas suivant qui sera sans doute franchi par la nouvelle majorité de 2017, c'est le passage au drone armé, système indispensable en raison de notre capacité budgétaire. L'Europe est toujours très absente dans la stratégie de défense coordonnée, et la France doit "survivre" face aux périls qui la met en première ligne des pays menacés.

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