Elles représentent aujourd'hui 20% des ventes des produits de grande consommation, mais elles craignent de voir l'offre de leurs biens se réduire dans les rayons des grandes surfaces. Les PME et ETI françaises s'inquiètent en effet des effets du projet de loi présenté au Parlement par le gouvernement le 27 septembre. Il prévoit d'anticiper la prochaine date de clôture des négociations commerciales entre les distributeurs et les marques nationales.
Le texte, dont l'objectif est de répercuter le plus tôt possible les baisses des cours de nombreuses matières premières, agricoles et industrielles, sur les prix en rayons, ne les mentionne effectivement pas. Il concerne les
seuls fournisseurs dont le chiffre d'affaires est supérieur à 150 millions d'euros, ou à un milliard d'euros en cas de chiffre d'affaires consolidé. Le ministère de l'Economie veut en effet cibler les 75 plus gros industriels de l'agroalimentaire commercialisant leurs produits en France, qui représentent toutefois
« plus de 50% des parts de marché ».Si, comme prévu dans le projet de loi, les négociations commerciales des grands groupes se terminent le
15 janvier 2024 au lieu du 1er mars, les PME et les ETI risquent donc de devoir mener leurs propres négociations a posteriori. Résultat
, « les multinationales vont cannibaliser les budgets de la grande distribution et préempter une grande partie du linéaire disponible, laissant très peu de contreparties accessibles aux PME-ETI », alerte dans un communiqué la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France (FEEF), qui les représente. Elle évoque ainsi une «
distorsion de concurrence (...) fortement préjudiciable pour notre tissu industriel et l'emploi local »
.
Jusqu'à présent, la fédération
avait d'ailleurs obtenu que leurs accords soient conclus avant le 31 décembre. Elle souhaiterait que cette date limite soit, elle aussi, sanctuarisée dans le projet de loi.