L'agriculture française assure moins de la moitié de la consommation nationale de produits agricoles bruts. L'industrie agroalimentaire, elle, couvre aujourd'hui près des trois quarts des besoins en produits transformés. Leur potentiel est bien supérieur : elles pourraient fournir respectivement 98% et 114% de la production nécessaire pour satisfaire la demande interne, calcule une étude.L'objectif figure désormais en tête de la plupart des propositions de politique alimentaire : en matière d'alimentation, la France doit chercher à être souveraine, entend-on de tous bords depuis la crise sanitaire et maintenant la guerre en Ukraine. Aujourd'hui, toutefois, l'Hexagone est loin d'être autonome. Grandement exportateur, mais aussi fortement importateur, le pays ne fournit aujourd'hui que 60% des aliments nécessaires pour satisfaire la consommation de ses habitants, explique une étude du think tank Utopies.
Ce taux global - calculé en valeur et non pas en volume - est en outre essentiellement porté par la transformation alimentaire, laquelle prise seule, couvre près des trois quarts (72%) des besoins en produits transformés de la population française. La production agricole, elle, assure moins de la moitié de la consommation de produits agricoles bruts (43%), et ce, alors que ces derniers ne pèsent que 7% dans les repas des Français.
Pourtant, la France aurait les moyens d'une autonomie beaucoup plus élevée, de 108%, considère l'étude. L'amont agricole, c'est-à-dire la production - dont 26% des produits sont aujourd'hui exportés directement ou étant incorporés à des aliments transformés - pourrait fournir 98% de la production nécessaire pour satisfaire la demande interne. La transformation alimentaire, aujourd'hui exportée à 24%, pourrait carrément couvrir 114% des besoins.
Une autonomie régionale inférieure à celle nationale
Cet écart entre potentiel et réalité émerge aussi lorsqu'on analyse les différences -marquées - entre filières et régions.
"Si l'on considère l'amont agricole, chacun des secteurs français est en capacité de répondre à plus de 60% de la demande nationale, et la majorité d'entre eux s'avèrent même excédentaires", note l'étude. "Quant aux secteurs de la transformation agroalimentaire, les ¾ auraient la capacité d'approvisionner 100% de la consommation nationale".
Or, les taux d'autonomie par filière oscillent entre 22% pour la culture des fruits et 90% pour la fabrication de céréales pour le petit-déjeuner.