Les doudounes Moncler intéressent Kering : l'action flambe de 10%

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(Crédits : DR)
Le fabricant italien de prêt-à-porter haut de gamme , dont est sorti en mars le fonds Eurazeo, vaut 10 milliards d'euros. L'ex-PPR, qui a engagé sa sortie totale de Puma, veut se renforcer sur un créneau plus choc du sportswear.

[Article mis à jour à 14h25]

Et si les doudounes Moncler revenaient sous pavillon français ? Selon l'agence Bloomberg, le groupe de luxe Kering (ex-PPR), propriétaire notamment des marques Gucci, Saint Laurent, Balenciaga, s'intéresserait au groupe Moncler, venu du monde du vêtement de montagne et repositionné sur un créneau de mode haut de gamme. Des discussions exploratoires auraient eu lieu entre des dirigeants des deux groupes. L'action Moncler, cotée à la Bourse de Milan, s'envole de 8% ce jeudi 5 décembre, portant sa capitalisation à 10 milliards d'euros.

Les deux groupes n'ont pas fait de commentaire.

Le premier actionnaire de Moncler, l'Italien Remo Ruffini, a publié un communiqué à la mi-journée dans lequel il "tient à préciser qu'il entretient de temps en temps des contacts avec des investisseurs et d'autres acteurs du secteur, y compris le groupe Kering, afin d'étudier de potentielles opportunités stratégiques permettant de promouvoir le développement fructueux de Moncler. Pour le moment, cependant, aucun hypothèse n'est à l'étude".

Fondée en 1952 dans la commune de Monestier-de-Clermont près de Grenoble, dont elle tire son nom, l'entreprise, d'abord spécialisée dans les sacs de couchage rembourrés de duvet et les tentes de montagne, se développe dans les vêtements contre le froid et devient fournisseur officiel de l'équipe de France de ski aux JO de Grenoble en 1968. Mais au début des années 1990, dépassée par la concurrence, l'entreprise est au bord de la faillite et rachetée par le groupe italien Pepper Industries. La marque change à nouveau de mains en 2003, reprise par son directeur artistique, Remo Ruffini : l'artisan de son repositionnement sur la mode et le luxe en est toujours le Pdg et en détient 22,5% du capital. Le convaincre sera indispensable pour le groupe contrôlé par la famille Pinault.

Le jackpot d'Eurazeo

En mars dernier, le fonds d'investissement Eurazeo a cédé le solde de sa participation dans Moncler, qui s'est révélé l'un de ses placements les plus rentables. "Sur les 8 années de l'investissement d'Eurazeo dans Moncler, le produit de cession s'élève à 1,4 milliard d'euros, soit un multiple de x4,8 son investissement et un TRI de 43%", avait expliqué le fonds entré au capital en 2011, en acquérant une participation de 45% pour environ 930 millions d'euros.

De son côté, le groupe Kering a engagé la sortie totale de l'allemand Puma, dont il détient encore 15,7% du capital, après avoir cédé 70% en 2018 sous forme de distribution à ses actionnaires. En septembre dernier, il a émis des obligations échangeables en actions Puma pour 500 millions d'euros, représentant 3,5% à 3,7% du capital de Puma.

L'éventuelle acquisition de Moncler, aux marges aussi élevées que celles de Hermès avec un chiffre d'affaires annuel de 1,4 milliard d'euros (dix fois moins que Kering), pourrait renforcer le groupe français sur un créneau plus haut de gamme du sportswear, alors qu'il est encore trop dépendant des ventes de sa marque phare Gucci, qui génère les trois quarts de ses profits. A l'heure où le géant LVMH vient de mettre plus de 14 milliards sur la table pour s'offrir le joaillier Tiffany, la pression monte sur tous les groupes de luxe pour élargir et diversifier leur portefeuille de marques.

L'action Kering gagne un peu plus de 1% ce jeudi à la Bourse de Paris. Le groupe, qui pèse 68 milliards d'euros en Bourse, dispose de 2,4 milliards d'euros de trésorerie.

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