« Les agriculteurs sont contre le panier anti-inflation » (Christiane Lambert, présidente de la FNSEA)

Marie Nidiau
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Christiane Lambert, présidente de la FNSEA.
Reuters/ Christian Hartmann

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Christiane Lambert, présidente de la FNSEA.
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LA TRIBUNE - Quels ont été les grands chantiers de ces six dernières années ?
CHRISTIANE LAMBERT - Je m'étais fixée trois objectifs : améliorer le revenu des agriculteurs, réduire les charges et les normes qui pèsent sur le monde agricole et améliorer l'image des agriculteurs et de la FNSEA. Pour le premier objectif, la grande distribution tirait les prix vers le bas depuis longtemps et pratiquait une politique de prix cassés qui mettait à mal le secteur. On nous demandait toujours de faire plus et mieux : plus d'environnement, plus de qualité, plus de bien-être..., alors que dans le même temps les prix ont baissé pendant dix années consécutives.
Avec la loi EGALIM 2 d'octobre 2021, nous avons obtenu la fixation du prix des produits vendus aux industriels, en se basant sur nos coûts de production. Nos produits sont devenus plus rémunérateurs. C'est la seule façon d'avoir des agriculteurs rentables et de les pousser à faire la transition écologique et énergétique. Pendant très longtemps, il y a eu un discours misérabiliste et stigmatisant. Aujourd'hui, nous sommes allés plus loin avec la loi Descrozaille sur l'alimentation, dont nous sommes à l'origine.
Justement cette loi a été légèrement modifiée, puisque la Commission des affaires économiques du Sénat a notamment souhaité le relèvement de 10% du seuil de revente à perte par les distributeurs afin de limiter l'inflation sur les denrées alimentaires, qu'en pensez-vous ?
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Pour nous, il n'est pas question de supprimer cette mesure, sinon les prix des produits alimentaires seront encore tirés vers le bas ! Il faut que l'alimentation soit payée à sa juste valeur, nous ne voulons pas être la variable d'ajustement. Idem pour le panier anti-inflation, nous sommes contre. Il va conduire à une augmentation des importations dont certaines ne respectent pas les normes de production et peut mener, à terme, à la perte de notre souveraineté alimentaire en détruisant de la valeur agricole et alimentaire. Comment un distributeur peut-il proposer plus de 700 produits issus de l'agriculture biologique à moins de 2 euros alors que la filière traverse une grave crise ? Ou proposer de la viande de porc trois fois moins chère que de l'alimentation pour chien ? En plus, ce panier est ouvert à tout le monde, c'est scandaleux ! Il faut le cibler pour les personnes les plus précaires. Pour cela, nous nous mobilisons pour un chèque alimentaire durable en faveur des plus démunis.
Marie Nidiau