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Futur patron de PSA, Carlos (Tavares) défiera l'autre Carlos (Ghosn)

Photo de Alain-Gabriel Verdevoye

Alain-Gabriel Verdevoye

Publié le 25 novembre 2013 à 16:49 - Mis à jour le 25 novembre 2013 à 18:11

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PSA confirme que Carlos Tavares deviendra son Président du directoire en 2014. L'ancien numéro 2 de Renault remplacera Philippe Varin.

L'erreur de Carlos Ghosn? En congédiant brutalement, l'été dernier, son numéro 2 Carlos Tavares, le PDG de Renault aura permis à ce dernier de prendre... la tête de PSA. Dangereux, même si Renault affirme que PSA n'est plus depuis belle lurette son principal concurrent.  "Après avoir mené une réflexion approfondie, le Conseil de surveillance a choisi Carlos Tavares pour succéder à l'actuel Président du directoire", annonce ce lundi le groupe PSA Peugeot Citroën dans un communiqué publié après la clôture de la bourse.

Son arrivée est prévue courant 2014

"Carlos Tavaressiègera au directoire à compter du 1er janvier 2014 jusqu'à sa nomination à la présidence dudirectoire, dans le courant de l'année 2014".En attendant, Philippe Varin, patron du groupe auto français en crise depuis 2009, "poursuivra sa mission de Président du directoire etaura notamment la responsabilité de mener à bien les discussions stratégiques entaméesavec les partenaires", indique PSA, ajoutant:"Carlos Tavares prendra connaissance de l'entreprise et de ses défis, il travaillera avec le directoire sur les plans d'actions destinés à poursuivre le redressement de l'entreprise".

PSA a de la chance. Alors que la famille Peugeot cherchait vainement depuis plusieurs mois un successeur à Philippe Varin , la disponibilité imprévue de Carlos Tavares lui a permis de trouver inopinément le patron qu'il lui fallait. Carlos Ghosn avait licencié son bras droit et fidèle homme lige à cause des déclarations de ce dernier, jugées intempestives. Carlos Tavares piaffait en effet et commençait à mal supporter la tutelle de fer de son mentor.

Pas intérêt à l'écroulement de PSA

Renault "ne s'oppose pas" à l'arrivée de Carlos Tavares, ex-numéro 2 du groupe, chez PSA, indiquait ce lundi à latribune.fr une source industrielle. "Il y a une clause de non-concurrence. Et il faut que la clause soit levée pour que Carlos Tavares puisse accepter le poste qu'on lui propose chez PSA", explique officieusement Renault.

"Renault n'a pas intérêt à ce que PSA s'écroule. Il ne fera donc pas barrage", affirme notre informateur. On voyait mal en effet Carlos Ghosn, PDG de Renault, se mettre tout le monde à dos en refusant que Carlos Tavares rejoigne PSA pour sauver ce dernier de la crise dans laquelle il est englué. Pourtant, Carlos Tavares connaît, et pour cause, tous les secrets de Renault - et de son allié japonais Nissan -, les plans des futurs produits, les coûts de revient...

Une expérience intercontinentale

Ingénieur d'origine portugaise, passionné et fin connaisseur de l'automobile, Carlos Tavares apportera au groupe PSA les talents et les connaissances stratégiques et technologiques  qui lui manquent. Ce sportif, qui dispute à ses heures de loisirs des épreuves avec sa propre voiture de course, pourra rivaliser avec les spécialistes de l'automobile que sont la plupart des patrons des constructeurs allemands !

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Ce centralien arrivé chez Renault en 1981, où il a notamment dirigé le projet de la Mégane, est parti chez Nissan en 2004. Homme lige de Carlos Ghosn, il a notamment été responsable de la stratégie et du planning des produits au sein de l'allié nippon de Renault, avant de devenir le patron de la zone Amériques du groupe japonais. Il est revenu chez Renault en 2011 comme Directeur général délégué, pour remplacer Patrick Pelata, sacrifié par Carlos Ghosn à cause de la vraie-fausse affaire d'espionnage.

Polyglotte, cet homme réputé austère, intègre, travailleur et exigeant, supportait mal chez Renault d'être cantonné au rôle de numéro 2. A l'initiative du projet de renaissance de la marque sportive Alpine au sein de l'ex-Régie, Carlos Tavares apportera, outre sa connaissance de l'automobile, sa vision internationale et sa vaste culture d'entreprise japonaise et anglo-saxonne. Ce vértiable patron opérationnel n'a toutefois jamais eu encore la responsabilité stratégique d'un constructeur. Rude gageure, vu l'état de PSA.

Crise financière profonde

PSA est en crise grave. Il a vu son chiffre d'affaires baisser de 3,7% sur un an au troisième trimestre, et de 3,8% sur les neuf premiers mois de l'année, alors que les incertitudes sur son avenir restent vives. Sa division automobile, qui se trouve au cœur de ses activités, demeure lourdement déficitaire, avec une perte opérationnelle de 510 millions d'euros sur le premier semestre. PSA devrait encore brûler 1,5 milliard d'euros de cash cette année! Les usines tournent en Europe à 74% à peine de leurs capacités, et même à 61% seulement sur la seule France.

Négociations avec Dongfeng

Avant de quitter le groupe PSA, Philippe Varin doit conclure une nouvelle alliance stratégique pour PSA, après le ratage de son rapprochement avec le japonais Mitsubishi, puis le semi-échec de son mariage avec GM. Il négocie actuellement une vaste alliance avec le consortium chinois Dongfeng, en vue d'une augmentation de capital jusqu'à trois milliards d'euros. Cette opération verrait l'Etat français et Dongfeng prendre chacun une participation de l'ordre de 20-30% dans le constructeur, toujours d'après l'agence Reuters.

À lire également

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"Une lettre d'intention entre PSA Peugeot Citroën et Dongfeng pourrait être signée avant Noël", affirmait récemment une source interne du groupe auto français. Les discussions sont lentes et d'autres projets alternatifs sont aussi étudiés. Le capital de PSA Peugeot Citroën est contrôlé aujourd'hui à 25,2% par la famille fondatrice - qui possède 37,9% des droits de vote - et son allié américain General Motors qui en détient 7% depuis 2012.

Alain-Gabriel Verdevoye

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