Après s'être cassé les dents sur la production de films solaires organiques (ASCA) pour rendre les bâtiments autonomes en énergie, le groupe Armor (2500 personnes et un chiffre d'affaires de 447 millions d'euros en 2022), leader mondial de la conception et de la fabrication de rubans transfert thermique, vient d'annoncer la construction d'une usine de 8000 m² pour accélérer la production de collecteurs de courants revêtus. Fruit d'une innovation mise au point par Armor en 2015, cette technologie permettrait d'accroitre les performances, les temps de chargement et la durée de vie des batteries de nouvelle génération (Lithium -Ion, Sodium Ion...)
« Le problème des batteries en général, c'est que la sollicitation des cellules provoque un vieillissement rapide des interfaces. Et donc, l'utilisation d'un collecteur enduit -au lieu d'un collecteur nu- améliore le transfert des Ion, réduit les échauffements des batteries, et permet de gagner 20% de durée de vie des batteries. Ça veut dire des remplacements moins fréquents, une économie des ressources, de lithium et de matériaux rares... L'enjeu est énorme », souligne Hubert de Boisredon, PDG d'Armor Group, qui vient d'investir 35 millions d'euros pour accélérer la croissance de sa filiale Armor Battery Films, soutenue par le plan France 2030 à hauteur de 10%.
« Avec les films solaires Asca, nous étions sur une innovation de rupture qui n'a pas reçu les appuis attendus du gouvernement, de la région et des énergéticiens. Il aurait fallu poursuivre des investissements lourds en R&D pour améliorer les rendements. Cette fois, on est sur une technologie complètement mature, que l'on vend depuis 2015 et qui a prouvé ses bénéfices pour les fabricants de batteries », indique Hubert de Boisredon, qui réalise là, son plus gros investissement industriel depuis la reprise du groupe Armor en 2004, devenu un expert de l'enduction de couches minces sur films minces.