La voiture autonome, victime collatérale de la crise ?
Nabil Bourassi
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Il y a peu de certitudes sur les conséquences de la crise du coronavirus dans l'industrie automobile. Seule conviction : les experts sont à peu près sûrs que le marché mondial sera amputé de près de 20% de ses immatriculations en 2020 (voire pire en cas de deuxième vague épidémique). Pour les constructeurs, la catastrophe financière qui s'annonce impose des arbitrages radicaux, et la voiture autonome pourrait directement en pâtir.
Pour Anne-Marie Idrac, commissaire chargée de la voiture autonome pour le gouvernement français, le processus est antérieur :
Depuis bientôt deux ans, les constructeurs automobiles ont en effet changé de discours autour de la voiture autonome. La promesse de la voiture sans volant, où une famille regarde un film au cours d'un trajet, relève désormais de la science-fiction. D'autant que les investissements dans la voiture électrique sont également élevés.
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Oublié les « levels 4 et 5 » qui permettent de concevoir une voiture totalement autonome, désormais les constructeurs veulent se concentrer sur le niveau 3, plus communément appelé l'« assistant de conduite » - Adas dans le jargon. Il s'agit d'une conduite assistée, notamment sur autoroute, où il y a peu d'obstacles, mais le conducteur ne doit pas quitter le volant, ou alors sur une période très limitée. On est loin de la voiture qui restitue du temps aux chauffeurs, ouvrant ainsi la voie aux services embarqués de type contenus médias. C'était le pilier des modèles économiques esquissés, entre autres, par les Gafa, qui se sont jetés dans le développement de la voiture autonome.
Nabil Bourassi