Des algues pour l'impression 3D : le projet de deux entreprises bretonnes

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Fabriquer des objets à partir d'algues, ce sera peut-être bientôt possible. (Reuters)
Fabriquer des objets à partir d'algues, ce sera peut-être bientôt possible. (Reuters) (Crédits : Reuters/Jessica Rinaldi)
Deux entreprises bretonnes ont réussi à développer un plastique compatible avec l'impression 3D... à partir d'algues brunes sauvages récoltées sur les plages. Le produit, alternative à la pétrochimie, devrait être commercialisé au printemps prochain.

Des algues, on savait qu'elles pouvaient faire office d'engrais ou de sel de table, et que leur contact fait parfois pleurer les enfants sur les plages. Deux entrepreneurs bretons leur ont trouvé une nouvelle fonction : la fabrication de plastique.

Rémy Lucas, d'Algopack, et Bertier Luyt, fondateur de FabShop, ont développé un matériau bio-sourcé appelé Seaweed Filament (SWF), qui utilise des algues brunes sauvages récoltées en Bretagne, rapporte le site Consoglobe. Le second explique :

En imaginant le SWF, nous avions pour ambition de révolutionner l'impression 3D qui constitue déjà elle-même une révolution. Nombre de technologies mettent des années à passer au vert. Nous voulions dès à présent proposer une alternative intelligente en la matière.

Les avantages de l'algue

La fabrication à partir d'algues présente un avantage de taille : présentes en nombre sur le territoire, elles n'ont besoin ni d'eau, ni de pesticide, ni d'engrais. Elles ne consomment pas non plus de terre arables, comme c'est le cas pour les matériaux nécessaires à la fabrication de biocarburant par exemple.

Selon Consoglobe, la mise au point du SeaWeed Filament, le filament plastique à base d'algues, a nécessité six mois de recherche. Il devrait être fabriqué à Saint-Malo, dans la nouvelle unité de production d'Algopack, et commercialisé au printemps prochain.

L'industrie de l'impression 3D, que Bertier Luyt présente comme "révolutionnaire", pourrait en tout cas offrir des possibilités gigantesques dans les prochaines années. Récemment, un universitaire enseignant en Californie, Behrokh Khoshnevis, estimait pouvoir construire, grâce à l'imprimante 35, une maison de 225 mètres carrés en... 24h.

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Commentaires
a écrit le 21/01/2014 à 7:52 :
Du plastique avec de l'algue , ça fait 50 ans qu'on en parle, ils n'ont jamais réussit à faire une truc pas cher et qui fonctionne bien.
Et ya t'il des algues qu'en Bretagne? Soyons sérieux.
a écrit le 20/01/2014 à 17:16 :
Encore le buzz sur l'impression 3D. Quid du coût de revient face à la pétrochimie?
Réponse de le 21/01/2014 à 10:32 :
L'impression 3D utilise déja beaucoup des plastiques à base de végétaux, principalement le PLA qui est à base d'amidon de mais. Ces plastiques ne coutent pas plus cher que ceux issus de la pétrochimie.

Ce qui est déterminant pour l'impression 3D n'est pas le cout du plastique, mais sa facilité d'utilisation (si 2 pièces sur 3 ratent, c'est pas génial), le rendu de la pièce (certaines matières s'impriment assez mal, la pièce s'affaissant par exemple), et les propriétés mécaniques de la pièces finies (robustesse, résistance à la chaleure ...).
Il existe beaucoup de type de filament pour l'impression 3D, issus de la pétrochimie ou non, certains plus adaptées à des usages que d'autres.

Le SWF devrait se situer sur le même créneau que le PLA, c'est à dire un plastique très facile à imprimer, ayant un rendu très propre, mais une assez faible résistance à la chaleur. Tout en étant pour l'heure le plus "bio" de tous (puisque ne nécessitant ni pétrochimie ni agriculture)
a écrit le 20/01/2014 à 13:54 :
Sinon, ici, en Bretagne, j'ai 300 000 tonnes d'algues vertes qui attendent de se faire impressionner. Et en 3D, if you please.
a écrit le 20/01/2014 à 13:05 :
est-ce que l'on peut investir dans ces bonnes idées françaises ?

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