Après deux années 2020-2021 marquées par les incertitudes des utilisateurs de l'immobilier d'entreprise entre Covid et télétravail, 2022 synonyme de guerre en Ukraine et de crise énergétique, 2023 a rimé avec la notion de taux élevés pour juguler l'inflation. « La montée des taux d'intérêt a mis toutes les transactions au congélateur », pointait, dès début janvier, le commercialisateur de bureaux Vincent Bollaert, président France de Knight Frank. « Les investisseurs n'aiment pas l'incertitude », appuyait sa concurrente Barbara Koreniouguine, présidente France de Cushman & Wakefield.
Qu'en sera-t-il en 2024 ? Mi-décembre, au lendemain de la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) de laisser ses taux inchangés, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, « n'a pas discuté du tout de baisses de taux ». « Nous ne devons pas baisser la garde (sic) », avait ainsi prévenu l'ex-directrice générale du Fonds monétaire international (FMI).
« Du côté des financements, les marchés restent les yeux rivés sur les taux directeurs des banques centrales, qui ne devraient plus croître dans les mois à venir, selon les économistes et les dernières déclarations de la FED et de la BCE qui vont dans ce sens », confirme, àLa Tribune,Fabrice Allouche, président de CBRE France, conseil en immobilier d'entreprise.
Et ce alors que la Banque de France vient de réviser ses prévisions de croissance à la baisse. « Notre économie traverse évidemment, en France comme en Europe, une navigation difficile depuis le Covid et l'invasion russe en Ukraine. Nous restons vigilants, mais nous sommes un peu plus confiants parce que le brouillard commence à se dissiper un peu », a affirmé, le 19 décembre, le gouverneur François Villeroy de Galhau sur France Inter. « Nous voyons un fort ralentissement en 2023 et 2024, mais avec une reprise relativement nette pour 2025 et 2026. Pourquoi ? Parce que nous serons sortis du problème de l'inflation », a-t-il ajouté.