Immobilier : les réservations dans le neuf chutent et tombent même sous les niveaux de 2020
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La hausse des taux risque de penaliser l'immobilier, estime la bce
BENOIT TESSIER
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La hausse des taux risque de penaliser l'immobilier, estime la bce
BENOIT TESSIER
La commercialisation de logements neufs recule pour le quatrième trimestre consécutif. Avec 19.487 logements réservés auprès des promoteurs immobiliers entre janvier et mars, c'est ainsi une baisse de 41% par rapport à un auparavant, selon les statistiques provisoires du ministère de la Transition écologique, publiées ce mardi 16 mai. Ce niveau historiquement bas se situe même en dessous de celui du deuxième trimestre 2020, en plein confinement.
« C'est une catastrophe. On fait -41% sur les chiffres 2022 qui étaient déjà mauvais », a réagi auprès de l'AFP Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI). Le professionnel craint ainsi de graves conséquences pour les entreprises et l'emploi.
La chute des réservations est aussi marquée pour les appartements, cœur de métier des promoteurs, que pour les maisons. Elle concerne tous les types de territoires, mais est particulièrement vertigineuse (-48%) en zone B1. Pour rappel, cette dernière correspond aux grandes agglomérations comme Bordeaux, Strasbourg, Rennes ou Nantes, et à la périphérie de villes très tendues comme Lyon et Lille.
À noter que les mises en vente, qui représentent l'offre nouvelle des promoteurs, commencent, elles aussi, à décrocher, avec une baisse de 9% en un trimestre et de 15% sur un an. Résultat, l'encours de logements neufs disponibles à la vente dépasse 123.000, en hausse constante depuis début 2022.
Dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron rendue publique lundi, Pascal Boulanger et cinq autres dirigeants des grandes fédérations du logement et de l'immobilier ont appelé le gouvernement à un « électrochoc ».
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La semaine dernière, pour sortir les promoteurs immobiliers et les bailleurs sociaux de l'impasse, la filiale logement de la Caisse des Dépôts et consignations a annoncé leur commander 17.000 logements neufs, moyennant 3,5 milliards d'euros. Une mesure qui fait partie de la feuille de route gouvernementale des « Cent jours » présentée fin avril par la Première ministre, au lendemain de la séquence politique sur la réforme des retraites.
Les promoteurs pâtissent d'un contexte économique très défavorable, pris entre la hausse des coûts de construction et les difficultés d'accès au crédit pour les acquéreurs. Depuis plusieurs mois, en effet, suite à la montée des taux d'intérêt des banques centrales, les conditions de crédits se sont durcies pour les particuliers auprès des banques de détail.
Face à ce « ralentissement notable » du crédit immobilier constaté depuis « début 2022 », les banques françaises sont prêtes à « discuter » d'assouplissements réglementaires. Elles sont prêtes à imaginer des « dérogations » sur certains dossiers qui auraient du être refusés selon leurs critères initiaux.
Ce durcissement de l'accès au crédit n'est toutefois pas propre à la France. Au premier trimestre 2023, les banques de la zone euro ont procédé à un durcissement des conditions d'octroi des prêts au logement consentis aux ménages. Cela intervient après un resserrement déjà observé aux trimestres précédents et confirme que la politique de hausse des taux d'intérêt et de diminution des injections de liquidités de la Banque centrale européenne pour combattre l'inflation produit ses effets. L'institution devrait d'ailleurs poursuivre encore cette stratégie.
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Outre-Atlantique aussi, les établissements bancaires américains ont réduit l'accès au crédit depuis le début de l'année. Cette tendance devrait se poursuivre en 2023, les récentes faillites de banques aux États-Unis ayant rendu les établissements frileux pour prêter de l'argent à leurs clients, selon une enquête réalisée par la banque centrale américaine.
(Avec AFP)
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