GSK sonne la fin de son activité de R&D en France

En cédant son unique site de R&D français à Oncodesign, le laboratoire britannique confirme sa stratégie de restructuration de ses activités en recherche et développement. Le groupe mise désormais plus sur ses activités de médicaments et traitements classiques, et moins sur les molécules innovantes.
Jean-Yves Paillé

3 mn

La croissance de la partie médicaments sans ordonnance de GSK est l'activité la plus importante du groupe.
La croissance de la partie médicaments sans ordonnance de GSK est l'activité la plus importante du groupe. (Crédits : © Toby Melville / Reuters)

GSK était l'un des rares laboratoires pharmaceutiques à posséder un centre de recherche et développement (R&D) en France. Mercredi 28 septembre, le laboratoire pharmaceutique britannique a cédé son centre de R&D basé en Essonne à Oncodesign, une biotech dijonnaise spécialisée dans l'oncologie. GSK apportera une contribution de 35 millions de dollars sur les quatre années à venir pour financier l'intégration du site et ses compétences, et "assurer la continuité de l'emploi des collaborateurs transférés (57 salariés concernés au total)".

Le site, situé dans la zone industrielle de Courtababoeu et créé il y a près de 30 ans, a d'abord été dédié à des activités de recherche dans le domaine cardiaque. A partir de 2012 il s'est focalisé sur la découvertes de molécules et des projets préliminaire. Il s'agissait d'un site "en soutien transversal" des principaux sites, expliquait un porte-parole du groupe britannique en septembre 2015.

Restructuration de la R&D

La cession du seul site de R&D français de GSK répond au vaste plan de restructuration lancé par le groupe britannique en 2014. L'objectif du laboratoire pharmaceutique est de réaliser 1,2 milliard d'euros d'économies entre 2015 et 2017. En 2014, le groupe a pris cette décision, s'inquiétant de ses résultats financiers en baisse. Parmi les mesures d'économies majeures figure la restructuration de son activité R&D. Ainsi, les deux principaux sites de Stevenage au Royaume-Uni et d'Upper Providence aux Etats-Unis concentreront une grande partie de l'activité recherche et développement du laboratoire pharmaceutique. Néanmoins, "il n'est pas prévu que GSK cède les autres sites européens de R et D" (présents en Belgique, en Allemagne et en Espagne), explique un porte-parole du groupe à La Tribune.

Prise de risque minimale

En réorganisant sa R&D, le groupe va rationaliser son échange de 20 milliards de dollars d'actifs avec Novartis finalisé en 2015. Car en cédant son activité oncologie pour plus de 15 milliards de dollars et acquérant les vaccins de Novartis pour 5,25 milliards, le groupe britannique a opté pour une stratégie de prise de risque minimale. C'est-à-dire, moins de paris risqués sur le développement de molécules innovantes (anticancéreux de nouvelle génération,...), et plus de ventes de médicaments et traitements classiques pour compenser la faible marge de ces derniers.

Andrew Witty, l'ancien patron de GSK, estimait qu'avec la pression aux Etats-Unis sur les prix des médicaments innovants, il ne fallait pas compter que sur ce type de traitements. Une déclaration à contre-courant de celle de plusieurs autres Big pharmas, donc celle de Roche par la voix de son patron Severin Schwan. Interrogé par le Financial Times, il clamait que les Big Pharmas devaient se focaliser sur les médicaments innovants à valeur ajoutée, afin d'éviter au maximum la pression économique.

Les médicaments sans ordonnance représentent un quart des revenus de GSK

Autre symbole de ce changement de stratégie de GSK : le choix d'Emma Walmsley comme remplaçante d'Andrew Witty. Cette dernière, anciennement à la tête de la partie médicaments sans ordonnance (OTC), a participé activement à la transaction du groupe britannique avec Novartis.

La croissance de la partie médicaments sans ordonnance de GSK est l'activité la plus importante du groupe. Elle a bondi de 44% l'année dernière, son chiffre d'affaires grimpant à 6 milliards de livres (7 milliards d'euros). Les ventes de produits de produits de santé grand public représentent désormais un quart des revenus du laboratoire.

Jean-Yves Paillé

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Commentaire 1
à écrit le 28/09/2016 à 18:06
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"Le groupe mise désormais plus sur ses activités de médicaments et traitements classiques, et moins sur les molécules innovante" Quand va t'on arrêter de subventionner les laboratoires pharmaceutiques qui ne sont plus que des sociétés financières...

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