Le vieillissement démographique pousse le Japon à s'attaquer aux prix des médicaments

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Shinzo Abe a poussé en faveur de la baisse du prix de médicaments onéreux, dont les traitements curatifs contre l'hépatite C, ou encore certains anticancéreux.
Shinzo Abe a poussé en faveur de la baisse du prix de médicaments onéreux, dont les traitements curatifs contre l'hépatite C, ou encore certains anticancéreux. (Crédits : REUTERS/Toru Hanai.)
Le Premier ministre japonais a lancé un plan visant à revoir plus régulièrement le prix des médicaments et multiplie les mesures pour réduire les dépenses en traitements médicaux, alors que le vieillissement de la population nipponne booste les dépenses santé.

Après avoir taillé dans les coûts de plusieurs traitements, le Japon compte resserrer à nouveau la vis sur les prix des médicaments. Mardi 20 décembre, le Premier ministre japonais a dévoilé un plan visant à revoir chaque année le prix des traitements. Jusque-là, les autorités japonaises planchaient sur les prix des médicaments tous les deux ans.

Cela ne signifie pas que les prix seront baissés à chaque revue, mais ils le seront plus régulièrement qu'aujourd'hui. Le gouvernement de Shinzo Abe espère réaliser des économies annuelles de 1,6 milliard de dollars grâce à cette mesure.

Déjà en 2013, le Premier ministre avait lancé un plan pour augmenter la proportion de génériques afin de réaliser des économies. En avril 2016, le prix de ces copies est passé de 60% à 50% du prix du princeps (médicament original).

Des dépenses santé galopantes

Si le gouvernement espère faire peser plus d'économies sur les industries pharmaceutiques, c'est parce qu'il dépense 79 milliards de dollars par an en médicaments prescrits, soit 22% de son budget dédié à la santé (qui grimpe à 351 milliards de dollars). C'est plus que la France, qui y consacre 15%.

En s'attaquant au prix des médicaments, le Japon, troisième marché mondial pharmaceutique, tente de juguler la forte hausse de ses dépenses en santé, supérieure à la croissance de son Produit intérieur brut. En 1995, le pays consacrait 6,6% de son PIB à la santé. En 2014, ce chiffre est passé à 10,2%, selon des données compilées par la Banque mondiale. Et cette tendance ne s'inversera pas si le Japon n'agit pas, comme le rappellait le cabinet McKiensey en 2015.

Les dépenses de la France dans le domaine sont passées de 10,1 à 11,5% du PIB, quand celles de l'Allemagne ont augmenté de 1,9 point sur la même période.

Un tiers des Japonnais auront plus de 65 ans en 2035

Ce bond du budget nippon dédié à la santé (+10% en dix ans) s'explique notamment par le vieillissement de sa population. Un quart des Japonais a plus de 65 ans, un record. En 2035, ce sera un tiers. L'OCDE estimait dans un rapport de 2015 que le Japon faisait face à un "redoutable défi" pour les années à venir.

Ce phénomène induit plus d'accompagnement des personnes âgées ou encore l'augmentation du nombre de maladies chroniques (diabète, cancer...). Cela implique des dépenses supplémentaires pour les hôpitaux. Mais également plus de moyens dans les nouveaux traitements, particulièrement onéreux dans le pays, à l'instar de l'Opdivo distribué par le laboratoire BMS. Ce médicament contre le mélanome est vendu au Japon environ 160.900 dollars par traitement. Malgré une baisse du prix de 50% imposée par le Japon, son prix fixé dépasse encore celui de l'Opdivo vendu aux Etats-Unis à 157.200 dollars.

Shinzo Abe tente également de préserver les fondamentaux du système de santé japonais jugé efficace par l'OCDE. La National Health Insurance (NHI) fournit un accès universel aux soins. Quasiment 100% de la population japonaise est couverte. Dans le détail, tous les Japonais doivent adhérer au régime public d'assurance maladie pour accéder aux prescriptions validées par le gouvernement. Les patients paient jusqu'à 30% des frais médicaux, tandis que le reste est couvert par l'Etat, comme le rappelle Le Japan Times.

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