Sanofi en panne de croissance

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Les activités vaccins, santé animale et médecine de spécialités sont les seules à avoir enregistré une hausse de leurs revenus au deuxième trimestre.
Les activités vaccins, santé animale et médecine de spécialités sont les seules à avoir enregistré une hausse de leurs revenus au deuxième trimestre. (Crédits : REUTERS/Christian Hartmann)
Le groupe pâtit une nouvelle fois de la baisse de son activité diabète, notamment, et enregistre un recul de son chiffre d'affaires au deuxième trimestre. Il compte sur l'acquisition de Medivation pour sauver sa croissance.

En 2015 déjà, Sanofi commençait à souffrir du déclin de son activité diabète. Mais le groupe français avait toutefois réussi à enregistrer un chiffre d'affaires en hausse de 9% et des profits en hausse de 7,7%. Au deuxième trimestre 2016, l'essoufflement s'est accéléré. Le groupe a enregistré un chiffre d'affaires en baisse de 5,1% (-0,9% à taux de change constant) et un bénéfice net en baisse de 8,7% (-3,3% en taux de change constant), a-t-il annoncé vendredi 29 juillet.

En cause, son activité diabète en recul de 3,2% à 1,857 milliard d'euros. Celle-ci continue à souffrir de la perte de brevet de l'insuline Lantus (-11,2% à 1,46 milliard d'euros) et de la concurrence des génériques qui en résulte. Le Toujeo, une insuline basale à durée d'action prolongée, n'a pas encore remplacé le Lantus, en tant que blockbuster et ne génère pour le moment "que" 141 millions d'euros de chiffre d'affaires au deuxième trimestre.

Egalement, l'activité santé grand public de Sanofi, au ralenti en 2015, est en décroissance de 4,3% à 800 millions d'euros au deuxième trimestre. Les produits de prescription établie ont souffert de la concurrence génériques et ont accéléré leur chute à 9,7% à 2,62 milliards d'euros.

Pour expliquer ces mauvais résultats le laboratoire pharmaceutique ajoute qu'il a souffert des "changements politiques et la volatilité économique en Amérique latine" et d'un impact de change négatif de 4,1 points de pourcentage au trimestre.

Sanofi compte sur l'acquisition de Medivation pour sauver sa croissance

De quoi expliquer son empressement à vouloir acquérir Medivation. Avec les ventes directes de son blockbuster, l'anticancéreux Xtandi qui lui rapporterait autour de deux milliards de dollars d'un coup sur un an. D'autant plus que la franchise oncologie de Sanofi est également en recul de 3,6 au deuxième trimestre à 363 millions d'euros.

Pourtant Sanofi assure ne pas vouloir mettre trop d'argent sur la table pour racheter la biotech américaine, espérant certainement éviter que celle-ci soit trop gourmande. Sanofi restera "financièrement discipliné" a déclaré Olivier Brandicourt, le directeur général du géant pharmaceutique. Sanofi s'est dit prêt à porter de 52,50 à 58 dollars par action à son offre sur Medivation et d'y ajouter trois dollars par titre sous la forme d'un certificat de valeur conditionnelle (CVC) lié aux ventes de Talazoparib, un anticancéreux, rappelle Reuters.

Certains analystes estiment que l'acquéreur devra mettra sur la table jusqu'à 70 dollars par action pour mettre la main sur la biotech américaine, alors que son titre atteignait 62,49 dollars à la clôture du Nasdaq, jeudi. A voir jusqu'où Sanofi sera prêt à aller, alors que les Américains Amgen et Pfizer ont fait preuve de leur fort intérêt pour Medivation.

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a écrit le 29/07/2016 à 15:07 :
Sanofi ramasse depuis des années les compensations [possibilité d'acheter des entreprises américaines ou de mettre des produits sur ce marché] accordées par les américains à l'occasion de la restructuration de leur pharma... sauf que ce n'est pas seulement ce secteur qui est réformé mais tous les "healths". Autant dire que ce qui contentait paresseusement les dirigeants français se transforme en une incroyable faiblesse puisque les américains ont fait le tour de la maison pendant que nous gardions la porte et sont entrés par la fenêtre, nous prenant à revers. Quel intérêt de faire des médicaments si les prescripteurs et toute la chaîne de la médication, qui sont devenus des monstres, ne les prescrivent pas ? Les américains ont ouvert leurs marchés mais bloqué leurs commandes. Face à cet immobilisme (surtout à ce recul) je sens que l'on va encore prétendre à un marché global européïste, l'abandon de toute notre organisation, qui seul pourrait contrer les dérives que nous avons laissé s'installer sans broncher. Un faux discours pour de mauvaises solutions. Avons-nous les dirigeants qu'il convient ?

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