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ClimatEnergie & Environnement

Cours du pétrole : le pire est-il passé ?

Benoît Pelegrin, AFP

Publié le 20 mai 2020 à 13:46 - Mis à jour le 20 mai 2020 à 14:15

Photo d'illustration. Les cours s'étaient effondrés en mars et avril.

Photo d'illustration. Les cours s'étaient effondrés en mars et avril.

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Depuis quelques semaines, les prix du pétrole reprennent des couleurs et les stocks se désengorgent. La demande en or noir reste toutefois sous la menace d'une deuxième vague de contaminations au coronavirus.

Le pire est-il passé pour le marché pétrolier ? Les cours s'étaient effondrés en mars et avril, la pandémie de coronavirus minant la demande d'or noir alors que l'offre surabondante faisait presque déborder les réserves à travers la planète.

Mais depuis quelques semaines, les prix reprennent des couleurs et les stocks se désengorgent, toutefois la demande reste sous la menace d'une "deuxième vague" de contaminations.

"Les prix du brut se sont nettement redressés", constate Eugen Weinberg, analyste chez Commerzbank.

Le Brent européen et le WTI évoluent en effet cette semaine au-dessus de 30 dollars le baril, contre 15,98 dollars pour le Brent à son minimum le 22 avril. Quant au WTI américain, il avait plongé dans le négatif, jusqu'à -40,32 dollars deux jours auparavant, du jamais vu.

"Il est clair que l'humeur du marché a beaucoup changé au cours du dernier mois", estiment Warren Patterson et Wenyu Yao, analystes chez ING.

"La demande en pétrole a d'ores et déjà touché son point bas et l'offre [...] a aussi drastiquement baissé. Résultat, l'excédent est plus contenu que ce que pouvait craindre le marché", a complété M. Weinberg.

Partout dans le monde, ce surplus de brut remplissait en avril les réservoirs, à terre et sur mer, à une vitesse incontrôlée, menaçant d'arrêt la production si les bords avaient été atteints.

Cela n'a pas été le cas, le dernier pointage du complexe gigantesque de stockage à Cushing, dans l'état américain de l'Oklahoma, faisant même état d'une baisse mercredi dernier, selon le rapport rendu public chaque semaine par l'Agence américaine de l'Énergie.

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Rééquilibrage

L'entrée en vigueur début mai de l'accord trouvé en avril entre les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs alliés, notamment la Russie, pour couper leur production totale de 9,7 millions de barils par jour, a contribué à réduire l'écart abyssal entre la demande et l'offre.

Dans le même temps les États-Unis, premier producteur mondial, ont commencé à ralentir le rythme effréné de leurs extractions.

En outre, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) s'est montrée moins pessimiste la semaine dernière dans ses prévisions de baisse de la demande de pétrole pour 2020, au regard des premières mesures de déconfinement.

Après un "mois d'avril noir", "il se pourrait que le pire soit derrière nous", avait souligné Neil Atkinson, le responsable de la division Marchés pétroliers de l'AIE.

L'Opep elle aussi a estimé la semaine passée que le rééquilibrage du marché pétrolier allait s'accélérer au cours des prochains trimestres.

Contrairement au mois dernier, la référence américaine du brut a passé sans heurt le changement de contrat de référence entre mardi et mercredi, les spéculateurs ayant mieux anticipé le report de leurs positions d'un mois sur l'autre.

C'est cette transition, avec l'arrivée au terme du contrat de mai le 21 avril dernier, qui avait précipité la veille le prix du WTI en terrain négatif pour la première fois de son histoire.

"Non seulement il n'y a pas eu de répétition du carnage du mois dernier, mais la hausse [du cours du WTI] s'est accélérée avant l'expiration du contrat de juin", note Craig Erlam, de Oanda.

Mais "les prix ne peuvent pas augmenter éternellement" vu le tableau très sombre de l'économie mondiale, rappelle Paola Rodriguez Masiu, de Rystad Energy, qui voit ceux-ci se "stabiliser dans une fourchette comprise entre 30 et 35 dollars [le baril] pendant un certain temps".

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Les "signes de rééquilibrage des marchés pétroliers" sont "encore graduels, et fragiles", a d'ailleurs averti le directeur de l'AIE, Fatih Birol, à l'occasion de la sortie du dernier rapport de l'institution, qui relève une incertitude sur la capacité des États à déconfiner sans faire repartir l'épidémie.

"La demande de pétrole est sur la voie d'une reprise progressive mais fragile", résume Stephen Brennock, analyste de PVM.

Benoît Pelegrin, AFP

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