Au lendemain de la publication d'une étude dans la revue « Nature » sur les « incendies zombies » en Arctique - qui couvent sous la neige pendant tout l'hiver et repartent au printemps à cause du réchauffement -, les projections, déjà alarmantes, s'assombrissent encore un peu plus pour la région. Car, selon un rapport du Programme de surveillance et d'évaluation de l'Arctique (AMAP), rendu public le 20 mai, la zone entourant le pôle Nord se réchauffe trois fois plus vite que le reste de la planète.
«L'Arctique est véritablement un point chaud du réchauffement climatique», a ainsi alerté Jason Box, glaciologue au Service géologique du Danemark et du Groenland, à l'occasion de la réunion ministérielle du Conseil de l'Arctique qui rassemble à Reykjavik cette semaine les Etats-Unis, la Russie, le Canada, l'Islande, le Danemark, la Finlande, la Norvège et la Suède.
Et ce phénomène en entraîne un autre, lucratif pour quelques-uns : la région est aussi devenue un point chaud géopolitique, où les intérêts charognards des Etats vont parfois à rebours des objectifs environnementaux ambitieux qu'ils se sont fixés. Nouvelles zones de pêche, routes maritimes dégagées, ou encore meilleur accès à de potentielles ressources pétro-gazières... Certains pays voient en effet dans le recul de la banquise des opportunités économiques majeures.