La compagnie pétrolière saoudienne Aramco accuse un bénéfice net en chute libre
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Le géant pétrolier saoudien Aramco a annoncé lundi un bénéfice net de 30,08 milliards de dollars au deuxième trimestre, en forte baisse par rapport à la même période en 2022. « La diminution reflète principalement l'impact de la baisse des prix du pétrole brut et de l'affaiblissement des marges de raffinage et de produits chimiques », estime Aramco, détenu en grande partie par l'État, dans un communiqué.
Pour rappel, il avait annoncé un bénéfice net de 31,9 milliards de dollars au premier trimestre 2023, en baisse de 19,25% par rapport à la même période de 2022, illustrant déjà le repli des cours des hydrocarbures. « Nos bons résultats reflètent notre résilience et notre capacité à nous adapter aux cycles du marché », a toutefois déclaré le PDG d'Aramco, Amin Nasser, ce lundi. « Avec la reprise attendue de l'économie mondiale et l'augmentation de l'activité dans le secteur de l'aviation, la poursuite des investissements dans des projets énergétiques sera nécessaire pour sauvegarder la sécurité énergétique », a-t-il ajouté.
Joyau de l'économie saoudienne, Aramco a enregistré des bénéfices record de 161,1 milliards de dollars en 2022, ce qui a permis au royaume de dégager son premier excédent budgétaire annuel depuis près de dix ans. En décembre 2019, l'entreprise a introduit 1,7% de ses actions à la Bourse saoudienne, ce qui lui a permis de lever 29,4 milliards de dollars.
A la mi-avril, l'Arabie saoudite a annoncé qu'elle transférait 4% des actions d'Aramco, d'une valeur de près de 80 milliards de dollars, à Sanabil Investments, une société contrôlée par le Fonds d'investissement public (PIF) du royaume, l'un des plus grands fonds souverains au monde avec plus de 620 milliards de dollars d'actifs.
Aramco, comme d'autres mastodontes du secteur, avait dégagé des bénéfices record l'année dernière avec l'envolée des prix de l'or noir liée à l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022, mais aussi à la reprise économique post-Covid. Les prix du pétrole ont été plombés ces derniers mois face notamment au risque de récession à travers le monde qui pèse sur les perspectives de la demande.
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Les cours du brut sont toutefois légèrement remontés ces derniers jours en raison du ralentissement de l'inflation aux Etats-Unis, mais aussi de la stratégie de réduction de la production mise en place par des pays exportateurs, Arabie saoudite en tête. Premier exportateur de brut au monde, le royaume avait annoncé en avril une réduction de sa production de 500.000 barils par jour (bpj), dans le cadre d'une action coordonnée avec d'autres puissances pétrolières pour doper les prix.
La semaine passée, l'Arabie saoudite a fait part de sa décision de prolonger d'un mois la réduction de sa production. Les analystes s'attendaient à cette deuxième prolongation des coupes entamée en juillet alors que cette politique saoudienne, suivie également par la Russie, a contribué à une légère remontée des cours de l'or noir, après plusieurs semaines de baisse.
Cette politique de réduction continuera donc en septembre, et pourrait encore être « prolongée » au-delà de cette période, voire « prolongée et renforcée », a précisé le ministère. « La production du royaume pour le mois de septembre 2023 sera d'environ neuf millions de barils par jour », a-t-il ajouté, soulignant « les efforts de précaution déployés par les pays de l'Opep+ pour soutenir la stabilité et l'équilibre des marchés pétroliers ».
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L'Opep+ réunit les membres de l'Organisation des pays producteurs de pétrole, Arabie saoudite en tête, et des Etats alliés, notamment la Russie. En annonçant cette stratégie en juin, Ryad avait prévenu qu'elle pourrait être « prolongée ». L'Arabie saoudite compte sur les prix élevés du pétrole pour financer un important programme de diversification économique destinée précisément à sortir le royaume de sa dépendance à l'exportation de brut. Des analystes estiment que le royaume a besoin d'un prix du pétrole d'environ 80 dollars le baril pour équilibrer son budget.
(Avec AFP)
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