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Pétrole : malgré ses ambitions de transition énergétique, Shell ne va pas réduire davantage sa production d'ici 2030

latribune.fr

Publié le 14 juin 2023 à 08:22 - Mis à jour le 14 juin 2023 à 08:34

Photo d'archives du logo de shell

Shell a enregistré au premier trimestre un bénéfice en progression de 22% sur un an, à 8,7 milliards de dollars.

Toby Melville

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le géant britannique du pétrole et gaz a annoncé qu'il tablait désormais sur une production de pétrole stable jusqu'en 2030. À contre-courant de tous ses concurrents, Shell freine ainsi sa transition énergétique, assurant avoir déjà atteint ses objectifs de réduction de sa production.

Pas question de renoncer à la manne financière que représente l'or noir. Le géant britannique du pétrole et gaz Shell a annoncé qu'il tablait désormais sur une production de pétrole « stable » jusqu'en 2030, ce mercredi 14 juin. Dans un communiqué avant une journée d'investisseurs, Shell souligne ainsi qu'il va « étendre sa position avantageuse dans l'exploration et la production d'hydrocarbures ["upstream", ndlr] et générer des flux de liquidité de long terme en stabilisant sa production de liquides jusqu'en 2030 ».

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«Nous investissons pour apporter la sécurité énergétique dont les clients ont besoin aujourd'hui et pour longtemps, tout en transformant Shell pour qu'il puisse être gagnant dans un avenir à bas carbone», justifie le directeur général Wael Sawan, cité dans le communiqué.

Les annonces de mercredi ont été fustigées par les défenseurs de l'environnement comme « un virage à 180 degrés ». Et pour cause, son plan de neutralité carbone dévoilé en 2021 prévoyait pourtant une réduction de la production pétrolière de 1 à 2% par an. Le groupe soutient avoir déjà atteint ses objectifs de réduction de production sur la période, comparé aux objectifs dévoilés en 2021, qui étaient basés sur la production de 2019. « Notre objectif d'une réduction de production de pétrole en 2030 n'a pas changé, nous l'avons juste atteint 8 ans plus tôt que prévu », assure un porte-parole.

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Le communiqué détaille, en outre, une série de cadeaux aux actionnaires : une « augmentation des distributions aux actionnaires de 30 à 40% des liquidités générées par les opérations, une hausse de 15% du dividende par action à compter du 2ème trimestre 2023, et des rachats d'actions d'au moins 5 milliards de dollars au deuxième semestre » de cette année. L'action de Shell prenait 0,09% à 2.298,00 pence à la Bourse de Londres en début de séance.

Shell déjà sous le feu des critiques

La décision de Shell intervient alors que le groupe britannique a obtenu le soutien d'une grande majorité d'actionnaires le 23 mai dernier lors de son assemblée générale annuelle, et ce, malgré un début de séance chaotique et de nombreux doutes exprimés sur la transition énergétique du géant pétrolier britannique. Le directeur général Wael Sawan s'est néanmoins dit « satisfait que la majorité de nos investisseurs continue à soutenir notre stratégie de devenir une entreprise d'énergie neutre en carbone d'ici 2050 ».

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Les comptes, la rémunération des dirigeants et du conseil d'administration et leur maintien en poste ont, en effet, été adoptés à la quasi-unanimité. Le plan de transition énergétique du groupe, bien qu'adopté largement, n'a, lui, reçu que 80% de votes favorables, ce qui a amené le groupe à dire dans un communiqué que ce résultat nécessitait « de consulter les actionnaires pour comprendre les raisons ».

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Le fonds de pension de l'Eglise d'Angleterre, actionnaire minoritaire de Shell mais en désaccord avec sa stratégie de transition énergétique, avait d'ailleurs prévenu qu'il voterait contre la reconduction des dirigeants. De son côté, l'ONG Reclaim Finance, affiliée à l'ONG écologique Les amis de la Terre, déplore que les actionnaires aient validé la stratégie climatique de l'entreprise et « rejeté la résolution de Follow This et un groupe d'investisseurs appelant le géant pétrolier à aligner ses émissions de gaz à effet de serre indirectes (Scope 3) sur l'objectif de l'Accord de Paris de limiter le réchauffement à 1,5 degré ».

«Les actionnaires répondent à l'appât des dividendes et non aux appels des scientifiques» avait commenté Lucie Pinson, fondatrice et directrice de Reclaim Finance.

Des bénéfices astronomiques

D'autant que Shell a enregistré au premier trimestre un bénéfice en progression de 22% sur un an, à 8,7 milliards de dollars, après avoir réalisé en 2022 le bénéfice annuel le plus élevé de son histoire, à 42,3 milliards de dollars. Ensemble, BP, Shell, ExxonMobil, Chevron et TotalEnergies affichent plus de 40 milliards de dollars (36 milliards d'euros) de bénéfices ce trimestre.

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Au total, la proportion de résolutions portant sur des questions climatiques présentées par des actionnaires lors des assemblées générales des entreprises a atteint un niveau record en 2023, selon un recensement publié par la fintech Scalens. Sur 708 assemblées observées dans 13 pays, dont la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni ou encore les États-Unis, 120 résolutions étaient présentées à l'initiative des actionnaires. Premier sujet concerné: le climat, objet d'une résolution sur trois, suivi des problématiques éthiques (20%).

(Avec AFP)

latribune.fr

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