Nucléaire : EDF vient d'achever la dalle de béton (radier) du réacteur n°2 de Hinkley Point

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(Crédits : PETER NICHOLLS)
Les deux énergéticiens ont annoncé avoir franchi une étape importante avec l'achèvement de la plate-forme en béton armé sur laquelle reposera l'îlot nucléaire, dont la construction va pouvoir commencer. EDF a relevé en septembre son estimation du coût de la centrale, aujourd'hui estimé entre 21,5 et 22,5 milliards de livres sterling, qui doit commencer à produire de l'électricité fin 2025 mais dont le groupe a déjà souligné les risques de retard.

EDF et son partenaire chinois CGN ont annoncé lundi avoir franchi un nouveau jalon dans la construction du projet de centrale nucléaire EPR d'Hinkley Point C, dans le sud-ouest de l'Angleterre, avec l'achèvement du radier du réacteur n°2, conformément au calendrier qu'ils s'étaient fixé et malgré l'impact du coronavirus. [Radier(*) : voir définition en pied d'article]

Une organisation spécifique incluant une réduction de la main-d'oeuvre a été mise en place dans le contexte de la pandémie et d'importants gains de productivité et de temps ont été enregistrés entre le radier du réacteur n°1 et celui du réacteur n°2, ont souligné les deux groupes dans un communiqué commun.

Ces gains ont notamment été permis par la préfabrication d'éléments à échelle industrielle dans des ateliers spécialement construits sur site, ainsi que par le recours à la modélisation numérique.

Le radier est une plate-forme en béton armé sur laquelle reposera l'îlot nucléaire, dont la construction va pouvoir commencer. Il a été achevé dans le respect d'un calendrier fixé il y a plus de quatre ans, ont souligné EDF et CGN.

Le coût de l'EPR de Hinkley Point C à nouveau réévalué

Hinkley Point C, porté à 66,5% par EDF et 33,5% par CGN, aura une capacité de 3,2 gigawatts devant lui permettre de couvrir à terme 7% environ de la demande britannique d'énergie, soit la consommation en électricité d'environ 6 millions de foyers.

EDF a relevé en septembre son estimation du coût de la centrale, aujourd'hui estimé entre 21,5 et 22,5 milliards de livres sterling, qui doit commencer à produire de l'électricité fin 2025 mais dont le groupe a déjà souligné les risques de retard.

Sur Euronext, le cours de l'action EDF s'affichait en hausse, oscillant autour de +2%, à la mi-journée (vers 12h30) .

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(*) POUR EN SAVOIR PLUS : RADIER, CORIUM, FUSION NUCLÉAIRE...

RADIER

Dans une centrale nucléaire, le radier est la dalle de béton qui constitue la base du bâtiment du réacteur. Dans certaines situations d'accident avec fusion du cœur du réacteur, le radier est la dernière protection qui empêche le corium de s'échapper de l'enceinte nucléaire.

CORIUM

Le corium est le mélange de combustible et de matériaux de structure fondus formé lors de la fusion du cœur d'un réacteur nucléaire. Le site de l'IRSN, qui dispose d'une base de connaissances très étendue, explique comment la France s'est dotée d'un réacteur expérimental, Phébus, afin de reproduire les conditions d'un accident nucléaire et de comprendre comment s'opère la fusion du cœur d'un réacteur.

"En fondant, le cœur se transforme en une pâte incandescente, hautement radioactive, appelée corium. Extrêmement corrosif, ce corium est capable de traverser la coque en acier d'une cuve et la dalle de béton qui la supporte. Une menace que les ingénieurs doivent étudier au plus près afin de contrôler au maximum tout danger de contamination."

VOIR la VIDEO de l'IRSN (6min)

FUSION DU CŒUR: LES DIFFÉRENTES APPROCHES DE GESTION DU RISQUE

Pour les réacteurs actuellement en exploitation en France, précise l'IRSN, la probabilité qu'un "accident de fusion du coeur" se produise est très faible. Néanmoins, si la dégradation du coeur ne peut pas être contenue dans la cuve du réacteur par refroidissement du coeur dégradé (...), l'accident peut à terme conduire à la perte de l'intégrité du confinement et à des relâchements importants de produits radioactifs dans l'environnement.

En termes de gestion de ce risque, le site de l'IRSN explique les différences importantes qui existent entre le réacteur à eau sous pression et le réacteur EPR:

"Pour cette dernière génération de réacteurs, des objectifs de sûreté ambitieux ont été fixés, prévoyant une réduction significative des rejets radioactifs pouvant résulter de toutes les situations d'accident concevables, y compris les accidents avec fusion du coeur."

> Lire : La gestion d'un accident grave dans un réacteur à eau sous pression en France (qui détaille notamment "L'approche retenue pour le réacteur EPR").

(Compléments élaborés avec l'aide du site L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, IRSN)

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Commentaires
a écrit le 22/06/2020 à 13:44 :
Toujours pas de nucléaire au thorium...
Cela aurait évité la prolifération avec les Iraniens, mais on continue. En laissant d'autres aller vers les armes atomiques.
Pourquoi les réacteurs des bâtiments militaires ne sont pas aux thoriums.
C'est pourtant un bon moyen de subventionner un nouvel appareil industriel.
a écrit le 02/06/2020 à 9:42 :
Elle a bien été testée au moins ?
a écrit le 01/06/2020 à 18:53 :
C'est bien. Elle marchera avant celle de Flamanville.
a écrit le 01/06/2020 à 17:26 :
3,2 gigawatts ? Nom de Zeus ! Il faut tout recommencer! C'était 2,21 gigowatts! Ils modifient le futur, réveillez-vous !
a écrit le 01/06/2020 à 14:59 :
EDF construit des centrale nucléaire un peu partout (Finlande, France, Angleterre, Chine) mais pour la plupart elles ne sont pas en activité car ayant des problèmes techniques et des années de retards. Sauf celles en Chine ou il y a de la main oeuvre qualifié sur le nucléaire. La France n'a plus de technicien dédié au nucléaire ce qui fait que EDF a du mal a construire les centrales seul.
Réponse de le 01/06/2020 à 18:58 :
Ne pas avoir de techniciens dans le pays le plus focalisé sur le nucléaire au monde ça montre le niveau d'incompétence des dirigeants. Comment les gvts ont pu supporter celà (une soudure ça va, à la seconde on vire tout le monde)?
Réponse de le 01/06/2020 à 20:16 :
@bof: on en a construit en quantité y a des lustres, comment voulez-vous "maintenir" un savoir faire dans le vide (si vous êtes assis sur une chaise ça ne vous aide pas à garder la performance en marathon ! Il faut courir) ? Il aurait fallu arrêter à 30 ans celles prévues pour 40 maxi qu'on espère pousser à 50 voire ?? 60 ans pour garder le savoir faire. Les gens sont partis à la retraite. Si on veut construire des carrosses on devra tout réinventer, essuyer les plâtres faute d'avoir gardé des spécialistes. :-) Les chinois font comme nous y a 40 ans, pour remplacer le charbon et aussi assurer les besoins des gens dont le niveau de vie augmente (confort ménager, etc), ça ira mieux au 10ème EPR ! Le réacteur chinois a été construit avec l'aide du spécialiste français (mais des bras chinois).
Réponse de le 02/06/2020 à 9:02 :
Ça malheureusement ça s'appelle le Made In France... On fabrique on vend et seulement après on cherche a modifier ce qui ne fonctionne pas bien...
Réponse de le 02/06/2020 à 10:38 :
@Photo23 :

Pour ne pas perdre ses compétences, il aurait fallu que le gouvernement Jospin autorise EDF à lancer la construction de l’EPR de Flamanville dès la fin des années 90, quand l’entreprise le lui demandait.
a écrit le 01/06/2020 à 12:37 :
Et la centrale nucléaire Finlandaise commencée en 2005 elle démarre quand ?????

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