Quel sort pour les déchets les moins radioactifs ?
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A une soixantaine de kilomètres de Bure, le Centre de stockage de l'Aube (CSA) et le Centre industriel de regroupement
P. Maurien
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A une soixantaine de kilomètres de Bure, le Centre de stockage de l'Aube (CSA) et le Centre industriel de regroupement
P. Maurien
En raison de ses énormes enjeux, Cigéo concentre aujourd'hui toute l'attention médiatique. C'est en effet dans ce Centre de stockage géologique situé à Bure (Meuse), à 500 mètres de profondeur, que selon l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), pourraient être définitivement déposés, dès 2035, les déchets radioactifs « de haute activité » (HA) et « de moyenne activité à vie longue » (MA-VL) : des produits de fission ou des structures métalliques issus principalement du retraitement de combustibles usés effectué par Orano, qui concentrent 99,8 % de la radioactivité des déchets français, mais sont encore seulement « entreposés » en surface à La Hague, à Marcoule et à Cadarache.
Pourtant, en termes de volumes, le gros du 1,6 million de mètres cubes de déchets radioactifs déjà produits en France se situe ailleurs. Notamment dans l'Aube, où déjà aujourd'hui sont quotidiennement stockés 90,9 % de ces déchets, dans deux centres situés à quelques kilomètres de distance l'un de l'autre.
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Le premier, le Centre de stockage de l'Aube (CSA), de 95 hectares, a pris la relève du Centre de stockage de la Manche (CSM), fermé définitivement en 1994 alors qu'il avait atteint une capacité de plus de 500 000 mètres cubes. Il accueille les déchets dits « de faible ou moyenne activité à vie courte » (FMA-VC), à savoir surtout des déchets d'exploitation (gants, fioles, outils) issus du fonctionnement de centrales nucléaires d'EDF, qui contiennent 0,03 % de la radioactivité totale des déchets radioactifs de France. Conditionnés dans des colis en béton ou métalliques, ils sont ensuite placés dans de gigantesques ouvrages en béton armé, construits progressivement tout au long de vastes allées et destinés à être couverts par encore du béton, une dalle imperméable puis une strate d'argile. D'une capacité d'un million de mètres cubes, le CSA reçoit quelque 10000 mètres cubes de déchets FMA-VC par an, pour une moyenne de six livraisons par camion par jour ouvré, explique Patrice Torres, directeur des centres industriels de l'Andra dans l'Aube.