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ClimatEnergie & Environnement

Shell céderait ses gigantesques actifs pétrolifères du Texas. Le bon moment pour vendre?

Photo de Jérôme Cristiani

Jérôme Cristiani

Publié le 15 juin 2021 à 11:57 - Mis à jour le 16 juin 2021 à 09:38

Shell, Ben van Beurden, Royal Dutch Shell, CEO

Photo d'illustration: Ben van Beurden, CEO de Royal Dutch Shell, lors de la 26e Conférence mondiale du gaz à Paris, le 2 juin 2015.

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Sommé de réduire ses émissions de carbone, le groupe pétrolier envisagerait, selon certaines sources, de vendre tout ou partie de ses participations dans le plus grand champ pétrolifère des États-Unis. Vrai signe vertueux d'accélération de la transition écologique ou simple décision d'investisseur avisé, la vente de ces actifs pourrait rapporter 10 milliards de dollars.

Le troisième groupe pétrolier au monde (derrière Exxon et Petrochina) pourrait avoir engagé un énorme mouvement de bascule vers la transition énergétique. Royal Dutch Shell serait en effet en train d'examiner ses participations dans le plus grand champ pétrolifère des États-Unis, le fameux "Bassin permien (Permian Basin)", en vue d'une éventuelle cession d'actifs, ont indiqué hier, lundi 14 juin, des sources à l'agence Reuters.

Certes, toutes les compagnies pétrolières sont sous pression des ONG qui les mettent en demeure depuis des années de réduire leurs émissions polluantes et notamment de gaz à effet de serre. Mais pour la compagnie anglo-néerlandaise cette pression a trouvé un premier point culminant le 26 mai dernier, quand le tribunal de La Haye, saisi par des ONG, statuait en leur faveur et ordonnait à Shell plus d'efforts pour abaisser ses "énormes" émissions de CO2, en lui demandant de les réduire de 45% en net d'ici fin 2030 par rapport à 2019.

Cette décision sans précédent pourrait ouvrir la voie à des procédures judiciaires contre les compagnies énergétiques à travers le monde.

|Lire aussi : Condamnation historique de Shell sur le climat : quel risque pour les autres majors pétrolières ?

Shell condamné par la justice pour ses énormes émissions

À la suite de ce coup de tonnerre, la compagnie pétrolière anglo-néerlandaise avait promis, mercredi 9 juin, d'accélérer sa stratégie climatique en réduisant davantage ses émissions carbone, certes sans donner aucune mesure concrète ni calendrier précis.

On notait à cette occasion un étonnant mouvement rhétorique, le groupe acceptant d'une part la décision judiciaire, mais d'autre part signifiant qu'elle était quasi inutile puisqu'elle allait dans le sens de la stratégie du pétrolier, tout en indiquant au final que le pétrolier ferait quand même appel de cette décision de justice...

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"Désormais, nous allons chercher les moyens de réduire davantage encore nos émissions d'une manière réfléchie et rentable", mais cette décision "ne signifie pas un changement, mais plutôt une accélération de notre stratégie", écrit le directeur général Ben van Beurden dans un texte publié sur le site internet du groupe anglo-néerlandais.

"Deux semaines après, je suis toujours déçu" par la décision du tribunal, souligne M. van Beurden, rappelant qu'elle s'appliquait "immédiatement" et ne serait pas pas suspendue pendant l'appel.

Pour rappel, le rapport de force a également changé en interne. En mai, Shell avait certes obtenu un soutien très majoritaire (89%) de ses actionnaires en faveur de sa stratégie "verte", une stratégie qui ne passait pas par l'abandon programmé des hydrocarbures qui représentent la majorité de ses profits et toujours l'objet d'investissements largement supérieurs à ceux dans les énergies renouvelables. Cela, alors même que l'Agence internationale de l'énergie (AIE) affirmait au même moment que le secteur pétrolier devait stopper tout projet d'exploration pour garder le réchauffement climatique sous contrôle. Cependant, signe de la pression accrue d'actionnaires de plus en plus conscients des enjeux climatiques, une proposition dissidente emmenée par des défenseurs de l'environnement exigeant que Shell en fasse plus pour la sauvegarde du climat, avait reçu un soutien important, de près de 21% des votes.

Bassin permien: 10 milliards d'actifs pour Shell, 6% de sa production

Les actifs que possède Shell dans cette zone pétrolifère texane du Bassin permien sont considérables. Ce Bassin permien représente en effet quelque 6% de la production mondiale de pétrole et de gaz du groupe anglo-néerlandais en 2020. La valeur de ces participations pourrait dépasser les 10 milliards de dollars (8,25 milliards d'euros) selon les sources cités par Reuters. La vente pourrait concerner tout ou partie de ces actifs.

Des informations à prendre avec des pincettes en attendant confirmation car les sources ont indiqué qu'il n'y a aucune garantie que Shell finisse par conclure un accord. Et Shell s'est, de son côté, refusé à tout commentaire.

CO2: tous les pétroliers sous pression de leurs investisseurs

Comme ses rivaux, le deuxième groupe énergétique occidental (et 3e mondial) subit la pression des investisseurs pour augmenter ses bénéfices tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre qui accélèrent le réchauffement climatique, notamment en vendant des actifs.

"Désormais, nous allons chercher les moyens de réduire davantage encore nos émissionsd'une manière réfléchie et rentable", avait d'ailleurs indiqué ledirecteur général Ben van Beurden mercredi 9 juin.

|Lire aussi: Shell prêt à s'endetter massivement... pour payer des dividendes ?

Se retirer du Bassin permien, un changement majeur

Toujours est-il que, cette zone géologique ayant été identifiée comme l'un des neuf principaux bassins pour sa stratégie de transition énergétique vers la neutralité carbone d'ici à 2050, tout retrait du Bassin permien marquerait un changement majeur pour Shell.

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À la Bourse de Londres, cette annonce lundi 14 juin faisait grimper l'action Shell de 1,8% dans l'après-midi, mais le lendemain, ce mardi 15 juin, elle chutait légèrement de -0,61% en fin de matinée, à 17,02 euros, l'action entamant une remontée en début d'après-midi.

(avec Reuters et AFP)

Jérôme Cristiani

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