Suez annonce un bénéfice net en baisse de 28,1%, et se réorganise

 |   |  956  mots
(Crédits : Christian Hartmann)
Le spécialiste de la gestion de l'eau et des déchets avait déjà abaissé en janvier son objectif de bénéfice d'exploitation. Pour augmenter sa croissance et sa profitabilité, il mise sur une meilleure maîtrise des coûts et sur l'international, ainsi que sur de nouvelles nominations.

Après l'abaissement de l'objectif de bénéfice d'exploitation pour 2017 publié en janvier, qui avait provoqué une chute de son cours de Bourse de plus de 16%, les analystes étaient prévenus. Jeudi 1er mars, Suez a confirmé ces résultats préliminaires décevants.

En 2017, conformément à la révision annoncée, le bénéfice d'exploitation (Ebit) s'est établi à 1,28 milliard d'euros, en baisse de 2%, alors que le groupe l'attendait en légère progression. Le bénéfice net, de 302 millions d'euros, a lui baissé de 28,1%, bien que le chiffre d'affaires, de 15,87 milliards d'euros, ait progressé de 4,89% (+4,1% à change constant), un résultat conforme au consensus des analystes Factset.

Comme en janvier, dans son communiqué du 1er mars Suez attribue la décroissance organique de son Ebit à "la situation particulière en Espagne et des coûts associés à la décision de mettre un terme à deux contrats de service dans la zone Afrique/Moyen-Orient/Inde suite à des difficultés opérationnelles".

Le groupe évoque toutefois également "des coûts liés à l'acquisition de GE Water pour 44 millions d'euros, ainsi qu'au plan de départs volontaires en France pour 73 millions d'euros".

Simplification et mutualisation

Pour remonter, et notamment pour atteindre ses objectifs pour 2018, confirmés ce jeudi, à savoir une croissance du chiffre d'affaires à taux de change constant de 9% et une augmentation de l'Ebit de 10% en organique, Suez a donc également annoncé le lancement d'un plan d'actions. Le premier volet va consister dans la maîtrise des coûts, que le directeur général de Suez, Jean-Louis Chaussade, veut voir baisser annuellement pour les trois prochaines années de 200 millions d'euros -après un plan d'économies de 150 millions d'euros en 2017.

Cela passera par "la simplification des structures et la mutualisation des équipes", a-t-il annoncé.

"Il nous reste des réserves de croissance et de profitabilité, et donc allons mutualiser à la fois le front et le back-office", a précisé le directeur général de Suez, qui a ajouté : "Nous devons accélérer sur la digitalisation, les achats ou encore la performance industrielle".

C'est notamment en Espagne et en France que Suez cherche "à accroître les synergies entre les métiers de l'eau et de recyclage et valorisation", apprend-on du communiqué. En France, où Suez réalise un tiers de son activité, la division recyclage et valorisation a en effet progressé de 5,3% en organique en 2017, alors que l'activité eau n'a crû que de 1%, notamment à cause de l'absence d'inflation. Au niveau européen, la performance organique de la division eau Europe a été de -7,6% (-43 millions d'euros), alors que celle recyclage et valorisation affiche une croissance organique de +6,4% (+19 millions d'euros).

"Nous faisons toutes les opérations en accord avec les organisations syndicales", a néanmoins ajouté Jean-Louis Chaussade, qui a précisé : "Il n'y aura pas de nouveau plan de départs volontaire au-delà des 2.200 à 2.300 départs annuels déjà prévus d'ici à 2020".

L'acquisition de GE Waters, une opération "structurante"

L'autre levier du plan d'actions devrait être l'accélération du développement à l'international, où "des moyens supplémentaires seront mis en œuvre". Suez espère atteindre une croissance annuelle de 4% à 6% en dehors de l'Europe, alors qu'elle n'a été que de 0,9% en organique pour 2017.

Lire aussi: Eau: en Inde, Suez teste le marché du futur

Suez mise notamment sur l'acquisition de GE Waters: "La présence de Suez dans le secteur de l'eau industrielle est un élément clé de son développement à l'international", a en effet ajouté le DG du groupe, en précisant:

"J'ai la conviction absolue que cette acquisition, un sujet que je suis personnellement et sur lequel je m'engage, est une bonne opération, structurante pour le groupe, et qui sera un succès. Elle l'est déjà, d'ailleurs : nous avons déjà réalisé 13 millions de synergies de coûts et de revenus. Nous avions annoncé 95 millions sur 5 ans, dont 80% réalisés  à fin 2020, et nous sommes parfaitement sur cette trajectoire".

Lire aussi: Suez en Inde: l'acquisition de GE Water à l'œuvre

Jeu de chaises musicales

Pour mettre en œuvre ce plan, Jean-Louis Chaussade a procédé à plusieurs nouvelles nominations au sein du comité de direction. Le poste de directeur financier, occupé par Christophe Cros pendant l'acquisition de GE Waters, revient à Jean-Marc Boursier, qui avait occupé cette position entre 2013 et 2015 et était ensuite devenu le responsable du recyclage pour l'Europe. Christophe Cros garde seulement la direction de WTS, la nouvelle division de Suez absorbant GE Waters -dont la création en décembre avait plutôt suscité la méfiance des marchés financiers.

Marie-Ange Debon, qui dirigeait l'international, prend en main le management réuni des activités eau et recyclage. Un choix stratégique de Jean-Louis Chaussade a particulièrement mis en valeur:

"La France est au cœur de l'organisation du groupe. Elle représente un chiffre d'affaires de 5,5 milliards (soit un tiers du total, Ndlr) et 30.000 personnes. C'est donc en France que nous entamons notre ré-organisation", a souligné le directeur général de Suez.

Un DG "full time"

Interrogé sur l'échéance de 2019, date à laquelle il sera atteint par la limite d'âge, Jean-Louis Chaussade a répondu: "Mon objectif aujourd'hui, c'est 2018, pas 2019, et je suis un directeur général 'full time', totalement engagé dans la réussite de nos objectifs".

Depuis début 2018, Suez a remporté 1,2 milliard d'euros de nouveaux contrats, s'est d'ailleurs félicité le DG. Le groupe a annoncé un dividende de 0,65 euro par action, un montant identique à l'année précédente alors que certains analystes doutaient de la capacité du groupe à maintenir ce niveau de rémunération. Vers 09h20, son titre perdait 0,31% à 11,29 euros à la Bourse de Paris dans un marché en baisse de 0,44%.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 02/03/2018 à 10:42 :
Publié puis censuré, puis re-publié puis re-censuré pour au final être définitivement censuré.

On n'a même pas le droit d'essayer de mettre leurs responsabilités sous le nez des possédants tellement la défense de cette caste est devenue systématique dans les médias, sans se demander pourquoi. Il faut défendre le riche, le propriétaire d'outil de production sans jamais le remettre en question même quand, régulièrement et exponentiellement il se plante lamentablement.

SI vous trouvez qu'une chute du bénéfice de 28% ne prête pas à commentaires que voulez vous que je vous dise hein...

Mais à force de protéger la médiocrité on a une UE moribonde.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :