ENTRETIEN. Pierre-Olivier Brial, qui codirige l'entreprise Manutan, veut accélérer l'intégration des entreprises de taille intermédiaire (ETI, entre 250 et 4999 salariés) dans les stratégies économiques régionales. Il a lancé le club ETI d'Île-de-France et s'occupe du déploiement des autres clubs en région au sein du Meti, le mouvement des entreprises de taille intermédiaire.LA TRIBUNE - Où en est le déploiement des clubs ETI en région et quels sont leurs objectifs ?
PIERRE-OLIVIER BRIAL - Aujourd'hui, trois clubs existent en région. Il s'agit de l'Aquitaine - dont l'expérience pionnière a inspiré le développement d'autres clubs - l'Île-de-France et le Grand Est. L'objectif est de couvrir l'ensemble des régions françaises d'ici deux ans. La création de ces clubs avait pour ambition de mettre en place un réseau entre ETI. À l'échelle d'un territoire, les ETI n'étaient pas très écoutées. Il n'y avait pas de dynamique territoriale. Le club a pour objectif que les ETI se rencontrent, se connaissent et échangent entre elles. Il y a une volonté de partager des savoir-faire. Ce qui n'est pas évident lorsque l'on se compare à des PME ou à des grandes entreprises.
Les ETI ont pendant longtemps été dans l'angle mort des politiques régionales. Où en est-on ?
Justement, l'autre objectif important est une meilleure prise en compte des spécificités des ETI dans la construction des politiques régionales. C'est essentiel que, dans les politiques régionales, les ETI puissent être entendues. Il y a une logique de coconstruction. Lorsque l'Île-de-France bâtit son plan sur l'intelligence artificielle, le club est consulté en amont. Par exemple, plusieurs patrons ont été auditionnés sur la participation des dirigeants au fonds d'investissement de la région.
Aujourd'hui, on travaille également sur le plan de formation. Le but est que les ETI soient bien intégrées dans la stratégie régionale. Jusqu'à maintenant, il y avait une forte focalisation des efforts sur les PME et les startups. Les grands groupes sont plus indépendants et ont souvent un accès direct à la région. En revanche, les ETI sont un peu oubliées au milieu alors que ce sont les entreprises qui ont créé le plus d'emplois entre 2009 et 2015. Ce sont vraiment des entreprises des territoires. 68 % des ETI ont leur siège dans les métropoles. Ce sont souvent des gros employeurs locaux.
Propos recueillis par Grégoire Normand