La diversification enthousiaste de la RATP

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Le groupe public compte tirer 30% de son chiffre d'affaires de ses filiales en 2020, contre 9,2% en 2010.

La régie autonome des transports parisiens accélére sa mutation. La RATP, dont le chiffre d'affaires des filiales ne dépassait pas 2% du chiffre d'affaires global il y six ans, devrait en tirer 16% de son activité en 2011. En 2010, la contribution des filiales au chiffre d'affaires du groupe s'est élevée à 423 millions d'euros, en progression de 21,6%, soit 9,2% du chiffre d'affaires consolidé. La RATP a retiré 250 millions d'euros de ses activités de transport hors Ile-de-France, portées par l'international, 131 millions de ses activités d'ingénierie et 41 millions de la valorisation de ses espaces publicitaires.

Dès cette année, cette contribution devrait bondir à 16% grâce à l'intégration des actifs hérités de la fusion entre Veolia et Transdev, finalisée au début du mois. La RATP, actionnaire minoritaire de Transdev aux côtés de la CDC, a chèrement monnayé sa sortie de l'ensemble en échange de contrats de transports à Londres, en Italie, ou dans des villes françaises moyennes représentant 340 millions de revenus annuels. Le groupe public n'a d'ailleurs pas caché son intérêt pour la reprise des réseaux urbains et interurbains dont l'autorité de la concurrence française a réclamé la cession au deux partenaires pour autoriser leur rapprochement.

"Les perspectives évoluent très rapidement avec l'intégration des filiales de Transdev qui vont changer assez considérablement le profil du groupe" en particulier à l'international avec des "implantations assez significatives" au Royaume-Uni et en Suisse, a déclaré le PDG de la RATP Pierre Mongin. Cette internationalisation à marché forcée de la RATP devrait lui permettre de dégager 30% de son chiffre d'affaires avec ses filiales d'ici 2020.

En 2010, à côté de la progression de l'activité de ses filiales, la RATP a bénéficié de la reprise du trafic en Ile-de-France, après une année 2009 en retrait. Le trafic voyageurs a progressé de 1,3%, représentant un volume de 39 millions de voyages supplémentaires, permettant au chiffre d'affaires de gagner 3%, à 4,57 milliards d'euros. Le résultat net a progressé de 2%, à 186 millions d'euros. Interrogé sur l'impact de la hausse des carburants, après le record historique établi par l'essence la semaine dernière, Pierre Mongin a souligné que "lorsque le baril flirte avec les 120 dollars, cela représente un point de plus sur l'année, soit 30 millions de voyages supplémentaires".

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