Liquidation judiciaire pour SeaFrance

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Le tribunal de commerce de Paris a prononcé ce mercredi la liquidation judiciaire de SeaFrance. De nouvelles offres de reprise sont cependant recevables jusqu'au 12 décembre.

Le tribunal de commerce de Paris a prononcé ce mercredi la liquidation judiciaire de la compagnie française de ferries en Manche SeaFrance, mais en maintenant l'activité jusqu'au 28 janvier 2012. Le tribunal a estimé que les deux offres de reprise présentées par Louis Dreyfus Armateurs (LDA) et par la CFDT, syndicat majoritaire de l'entreprise, n'étaient pas satisfaisantes en l'état. Il a cependant laissé la porte ouverte à la présentation de nouvelles offres avant le 12 décembre.

SeaFrance avait interrompu mardi le trafic de ses ferries entre Calais et Douvres. "Afin d'accueillir le jugement du tribunal de commerce de Paris dans la plus grande sérénité et pour garantir la sécurité des passagers et l'intégrité du personnel et des biens, la direction (...) a décidé d'interrompre par précaution (...) l'exploitation des navires", avait indiqué SeaFrance. Cette interruption du trafic a été mise en application mardi matin et courrait "jusqu'à nouvel avis".

L'un des quatre navires de SeaFrance, le Nord-Pas-de-Calais, est ainsi resté à quai à Douvres, selon la CFDT. Ses salariés refusaient mardi matin de le quitter, malgré les injonctions de la direction qui a prévu de les ramener à Calais par l'Eurotunnel, a expliqué à l'AFP Stéphane Humetz, son secrétaire fédéral.

A Calais, un important dispositif policier (CRS et de gendarmes mobiles) a été mis en place devant le terminal d'embarquement "pour éviter un blocage total du port et des débordements de salariés de SeaFrance, qui pourraient générer des troubles importants à l'ordre public", selon une source policière.

"C'est inadmissible", a commenté Stéphane Humetz. "Les marins ne vont pas casser leur entreprise, leurs bateaux alors qu'ils ont présenté un projet de Scop", qui permettrait aux salariés de reprendre l'entreprise, lourdement déficitaire.

Soulagement des salariés

L'avocat de la Scop, Me Fouad Barbouch, s'est dit mercredi convaincu qu'une reprise par les salariés était encore possible. "La seule chose qui manque, c'est le financement nécessaire au démarrage. Il faut 20 millions pour démarrer et on espère que les pouvoirs publics interviendront enfin dans ce dossier", a-t-il déclaré. Message reçu par le ministre des Transports, Thierry Mariani, qui a déclaré à l'AFP vouloir rencontrer les responsables de la Scop sous dix jours "pour voir comment on peut éventuellement travailler ensemble".

Louis Dreyfus Armateurs a indiqué de son côté n'avoir pas encore décidé s'il redéposera une offre ou non. La décision du tribunal de commerce a été accueillie avec joie par les salariés de SeaFrance, qui emploie 880 salariés CDI et 200 CDD selon les saisons.

"C'est un grand soulagement pour tous les marins, avec le sentiment toutefois que nous avons encore plus de responsabilités maintenant sur les bras", a déclaré Didier Cappelle, secrétaire du syndicat CFDT maritime, tandis que des salariés faisaient éclater de gros pétards.

Les relations entre direction et syndicats s'étaient encore tendues mardi avec la décision de la compagnie de laisser à quai ses bateaux, disant craindre pour la sécurité des passagers et du personnel, alors que certains syndicalistes avaient menacé de faire couler des navires.

SeaFrance, seule compagnie française à assurer la liaison Calais-Douvres face à la britannique P&O, souffre de la concurrence du tunnel sous la Manche ouvert en 1994. La crise économique de 2008-09 lui a porté un coup supplémentaire, l'obligeant à supprimer plus de 700 emplois en 2010 et à être placée en redressement judiciaire.

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a écrit le 17/11/2011 à 10:14 :
Il n'y a pas que la crise et le tunnel sous la manche qui font mal à SeaFrance. Il y a surtout le service rendu qui n'est pas à la hauteur. Cela fait des années que nous empruntons la ligne Dunkerque-Dover de DFDS pour aller en Angleterre. C'est moins cher et surtout beaucoup plus fiable : pas de grève à répétition, surtout les week ends de départ en vacance... Peut-être que si SeaFrance renait sous la forme d'une Scop, le service rendu au client (et non à l'usager) sera meilleur. Alors, nous retournerons à Calais pour voyager sur des bateaux français.
a écrit le 17/11/2011 à 10:09 :
Il n'y a pas que la crise et le tunnel sous la manche qui font mal à SeaFrance. Il y a surtout le service qui n'est pas à la hauteur. Cela fait des années que nous ne passons plus par Calais pour aller en Angleterre. Nous empruntons la ligne DFDS Dunkerque-Dover. C'est toujours moins cher et surtout beaucoup plus fiable : pas de grève à répétition et en plein week-end de départ en vacances...Enfin, peut-être que si SeaFrance renait sous la forme d'une SCOP le service rendu au client (et non à l'usagé) sera plus sérieux ce qui nous incitera à nous retourner à Calais pour voyager sur des bateaux français.
a écrit le 16/11/2011 à 12:56 :
UN NAUFRAGE ORGANISÉ
Sea France coule parce que le système tel qu'il est organisé le veut. Il n'y a là, ni fatalité, ni mauvaise gestion. En hauts lieux, on a décidé que la France ne serait plus une puissance maritime. Comment une compagnie pouvait-elle être fiable avec... trois navires? "Le système" laisse le champ libre à des sociétés qui sont biens dans le moule. Sur le marché transmanche, la principale compagnie est la P&O. Il s'agit de la plus grosse compagnie de ferrys du nord de l'Europe. Ce n'est qu'une des sociétés d'un groupe plus gros. Passée sous pavillon de Dubaï, la compagnie, toujours officiellement britannique, emploie un nombre élevé de marins non européens à des conditions sociales défiant... toute concurrence. Cela tombe bien, à ce train là de la concurrence il n'y en aura bientôt plus. Comment une entreprise française peut-elle lutter contre une compagnie divisée en plusieurs sociétés, aux conditions sociales que l'on vient de décrire et aux comptes difficilement accessibles, puisque noyés dans une myriades de sociétés,souvent off shore. Comble de l'ironie, dans cette article on peut lire que le plan proposé, en concertation avec la SNCF avait été rejeté, car "contraire aux lois sur la concurrence". En clair, une société publique nationale n'a pas le droit de constituer une entreprise, en apportant du capital, sur un marché concurrentiel. Par contre, des société au capital opaque (off shore, paradis fiscaux...) peuvent se monter sur ce même marché concurrentiel. Donc, vive la concurrence, à condition qu'elle soit opaque. Tout est bien organisé pour faire disparaitre les société publiques. Aujourd'hui Sea France, demain la SNCF, après demain La Poste, et ainsi de suite. Regardez bien le sort de Sea France, c'est celui promis à la compagnie maritime (ex publique) SNCM. D'abord, on l'a appauvri, ensuite on ne lui a pas donné les moyens de lutter contre un concurrent qui cache l'état réel de ses comptes dans des paradis fiscaux et enfin on veut la couler en la dépeçant. La méthode est bien rodée.
a écrit le 16/11/2011 à 12:53 :
Est-ce ainsi qu' on veut restaurer la cr?bilit?internationale de la France ?
Pourquoi ne pas inventer le licenciement avec maintien dans l'emploi, ou le cr?t exon? de remboursement, l'imp?vec r?ement facultatif ?...
d?ut d'inspirer confiance, au moins on fera rire!

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