C'est la question à plusieurs milliards d'euros qui agite les acteurs politiques et décideurs privés depuis quelques mois : faut-il réduire la durée des concessions autoroutières ? Suite à un rapport de l'Inspection générale des Finances (IGF) de février 2021, dévoilé début 2023 par Le Canard Enchaîné, suivi par une étude de l'Autorité de régulation des transports (ART), pointant les profits réalisés par les sociétés concernées et recommandant une fin anticipée des concessions, Bruno Le Maire a été auditionné, fin mars, par l'Assemblée nationale.
Devant les commissions des Finances et du Développement durable, le ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle a considéré que les calculs de rentabilité pour les actionnaires faits lors de la privatisation des autoroutes de 2005-2006 n'avaient « pas été bons ». Sauf qu'à l'époque, Bruno Le Maire était conseiller puis directeur de cabinet du Premier ministre Dominique de Villepin qui a pris cette décision.
Aujourd'hui, il préconise de raccourcir le temps des concessions de quelques années. Sauf que si l'Etat y touche, il court « le risque que le juge considère la rentabilité des concessions comme raisonnable et leur résiliation anticipée comme entraînant un droit à indemnité », relevait, également, le rapport de l'IGF. Aussi le locataire de Bercy a-t-il saisi le Conseil d'Etat avant de statuer.