Eviter le plan B d’Air France en 2017 : les PNC cassent l’ambiance

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(Crédits : © Stephane Mahe / Reuters)
Alors que la direction a fixé une nouvelle date butoir à début janvier 2016 pour trouver avec les syndicats un accord de productivité qui permettrait d'éviter le fameux plan B en 2017, deux des trois syndicats représentatifs des hôtesses et stewards déclarent qu'il sera "absolument impossible d'aboutir" en si peu de temps. Or, s'il n'y a pas d'accord avec les PNC, il sera difficile d'en signer un avec les pilotes. Explications.

L'objectif de la direction d'Air France de rouvrir des négociations avec les syndicats afin de signer des accords de productivité d'ici à début janvier et éviter la mise en place du fameux plan B en 2017 est-il déjà compromis ?

Eviter le plan B en 2017

Pour rappel, dans la foulée des incidents du 5 octobre au cours duquel deux dirigeants de la compagnie ont été molestés par des salariés, la direction a repris contact avec les syndicats pour rouvrir les négociations qui avaient échoué au 30 septembre, la date butoir fixée par la direction.

L'objectif est d'éviter ainsi, non pas les 1.000 suppressions de postes prévu en 2016, lesquelles sont déjà actées, mais la baisse d'activité long-courrier de 7% prévue en 2017. Celle-ci entraînerait près de 1.900 suppressions de postes supplémentaires dont des licenciements secs. Pour les éviter, une seule solution selon la direction : que des accords sur des mesures de productivité soient signés d'ici à début janvier avec toutes les catégories de personnel. C'est dans cet esprit que la direction a repris contact il y a une quinzaine de jours avec les syndicats, suscitant l'espoir de certains syndicalistes et salariés.

Communiqué virulent à l'égard de la direction

Or, alors que les négociations n'ont toujours pas repris entre la direction et les organisations professionnelles, les syndicats PNC (personnels navigants commerciaux) contestent déjà le calendrier retenu par la compagnie. Vendredi soir, dans un communiqué virulent à l'égard de la direction, l'intersyndicale composée de deux des trois syndicats représentatifs des hôtesses et stewards (SNPNC, UNSA PNC) a annoncé la couleur.

«Cette renégociation ne pourra absolument pas aboutir en début d'année », a-t-elle déclaré.

L'accord collectif est valide jusqu'à fin octobre 2016

Les conditions de travail et de rémunération des PNC sont régies par un accord collectif à durée déterminée qui s'achève fin octobre 2016. Devant le refus des syndicats de réviser cet accord par anticipation, la direction propose désormais de renégocier le contenu de cet accord d'ici à début janvier, mais de l'appliquer à partir de novembre 2016, à l'issue de l'accord actuel. Un délai jugé trop serré pour les syndicats.

«Pour mémoire, les négociations du dernier accord collectif ont duré plus d'un an», font-ils valoir.

Ces deux syndicats oublient de dire qu'ils auraient pu avoir plus de temps pour négocier s'ils n'avaient pas pratiqué la politique de la chaise vide pendant des mois en ne se rendant pas aux séances de réunions avec la direction.

Pour eux, de nouveaux efforts de PNC ne se justifient pas au regard de ceux déjà fournis au cours des années précédentes, et de la situation de la compagnie qui renoue avec les bénéfices comme le confirmera la présentation ce mercredi des résultats du troisième trimestre 2015 d'Air France-KLM.

Le précédent de 2013

Si d'aventure les syndicats de PNC ne devaient pas signer dans le calendrier imparti, il sera difficile de convaincre les pilotes de le faire et par ricochet les personnels au sol. Car les pilotes regarderont de très près les négociations de leurs collègues navigants. En effet, le SNPL n'a toujours pas digéré d'avoir signé en 2012 le plan de restructuration précédent, Transfom, alors que, dans la foulée, les PNC l'ont refusé pour renégocier début 2013 un accord plus avantageux. Pour un grand nombre de pilotes, c'est là l'un des points fondamentaux pour expliquer la perte de confiance du SNPL à l'égard de la direction.

Si les négociations avec les PNC devaient se prolonger au cours de l'année 2016, les pilotes doutent que la direction soit en mesure d'obtenir des hôtesses et stewards des efforts de productivité qui permettraient de combler le différentiel de compétitivité avec les concurrents d'Air France qui est supérieur à celui des pilotes (autour de 40% pour les premiers, 20% pour les seconds). A l'approche de l'élection présidentielle en 2017, ils imaginent mal un accord qui pourrait déclencher un conflit.

Que fera la direction début janvier? Va-t-elle une nouvelle fois décaler son calendrier, sachant que le SNPL n'apprécie pas non plus cette nouvelle butée, source de tensions  ? Ou bien confirmer son plan B?

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Commentaires
a écrit le 29/10/2015 à 15:52 :
Que les '' thé ou Café'' ( les PNC) comme on les surnomme au Sol comprenne bien que la majorité des gens du Sol (cadre ,technicien supérieur ,agents... ) ne sont pas derrière la CGT qui bloque toujours tout mais ils ont bien compris que c'est les navigants qui plombent les comptes de Air France. Ce sont des enfants gâtés .
a écrit le 29/10/2015 à 0:02 :
La plupart des commentaires sont à l'image de la France, des médias. On ne siat rien sur le fond mais on affirme , on coupe les salaires...des autres, tous des fainéants (sauf soi), trop payé par rapport aux Irlandais, Anglais puis Pakistanais, Sri Lankais, Chinois etc.etc.
Je vais vous dire une bonne chose à tous: vous êtes TOUS trop payés par rapport aux Chinois ou autres, TOUS quel que soit votre métier.
Vos "arguments" sont l'écume des choses. C'est ce qu'on appelle le polpulisme.
Vous parlez de corporatisme mais chacun pense à lui sans se sentir à son tour concerné par les mêmes logiques.
Pensez vous qu'une heure de vol d'un pilote égale une heure de vol d'une hôtesse ou une heure de travail d'un administratif ?
Si vous voulez avoir un avis renseignez vous vraiment dur le transport aérien ou sinon interdisez vous de tout commentaire.
Un super rapport de 50 pages d'un député a été commandé pour être mieux enterré. Quelqu'un l'a lu? En a tiré des connaissances? A priori personne ici.
C'est triste tout ça.
a écrit le 28/10/2015 à 12:00 :
Deux mois, c'est largement suffisant pour conclure. Cela fait des années que ça dure. Aujourd'hui, tergiverser encore signifie refuser, avec toutes les conséquences que cela entraînerait.
a écrit le 27/10/2015 à 9:04 :
Et bien sûr la Cgt est muette sur le sujet, on en arrive à penser que PNC mérite une faillite si ce n'était le choc pour les autres syndicats, plus raisonnables que ces ânes bâtés de pilotes
Réponse de le 28/10/2015 à 23:56 :
oui, ils sont responsables de tout... El niño ou la guerre en Syrie.
Méchants pilotes !
a écrit le 26/10/2015 à 22:51 :
@doggy vous vous mélangez les pinceaux , ce ne sont pas les pilotes mais les pnc et puis reagan , il s'agissait des contrôleurs aériens
a écrit le 26/10/2015 à 19:05 :
Quel bazar ! et maintenant c'est le PNC ! continuez donc jusqu'à l'hallali finale ! vous irez vous faire embaucher chez Emirates, Qatar Airways ou Ethiad ! mais là les conditions ne seront plus les mêmes et il faudra vous remuer un peu plus le ...être plus aimable et plus souriant(e) ..et j'en passe !
a écrit le 26/10/2015 à 17:33 :
Af a gagné son procés contre les pilotes qui n'avaient pas tenu leurs engagements de côuts
quel culot ils boycottent les réunions et disent après quee le temps est trop court?
ON LEUR DEMANDE D'ËTRE AUSSI COMPETITIF QUE LA lufhansa , BRISTISH AIRWAYS , non des low cost contrairement à ce qu'ils prétendent !!on devrait les virer tous et les embaucher à moins 40% comme avait fait Reagan en son temps et ils feraient la queue pour revenir...enfants gâtés irresponsables
a écrit le 26/10/2015 à 16:20 :
Si les syndicats n'avaient pas, jusqu'en octobre, boycotté toutes les négociations, ils n'en seraient pas là !! maintenant, la compagnie ne peut plus attendre. La direction avait prévenu, mais les syndicats ont cru pouvoir continuer à faire la politique de la chaise vide, en croyant que les finances de la compagnie patienteraient bien quelques mois, voire quelques années de plus. Sauf que le plan B est en marche et ne les attendra pas ! Maintenant, la direction leur a donné 3 mois de plus : aux syndicats de se mettre au travail.... sérieusement !
Et s'ils espèrent qu'ils peuvent dire " le nouveau délai est trop juste (parce qu'on a refusé toute négociation jusque là) et en attendant on ne négociera toujours pas", je crois qu'ils vont vers de grosses désillusions : le plan B n'est pas le préféré de la direction, mais par un défaut, c'est celui qui s'appliquera !
a écrit le 26/10/2015 à 14:22 :
Le différentiel avec les concurrents est de 20% pour les pilotes, 40% pour les pilotes !
Ça ne peut pas durer, il est temps qu'ils s'en rendent compte ! Et qu'ils arrêtent de systématiquement renvoyer la faute sur les autres (personnel au sol, état, ADP, etc).
Quand au délai de négociation, l'article n'insiste pas assez sur le fait que, depuis des mois, les syndicats refusent de négocier. Lorsque la direction a voté le plan B, ce n'était pas le début de la négociation... mais la fin du processus !
La direction leur a donné 3 mois de plus, mais c'est une ralloe :ce sont les syndicats qui ont volontairement attendu pour commencer à négocier qu'ils soient au pied du mur : à eux de rattraper le temps perdu ! .... sinon, ils savent les conséquencesen 17!!!
a écrit le 26/10/2015 à 14:14 :
le problème chez Air France, c'est le fait d'avoir des syndicats corporatistes, des CE corporatistes, donc au final, des salariés corporatistes ! Chacun pour soi ! ... résultat : ils coulent tous ensemble !
Réponse de le 26/10/2015 à 14:29 :
Oui c'est vraiment cette configuration chez Air-France .
a écrit le 26/10/2015 à 14:01 :
Quand c'est pas les syndicats de pilotes de lignes ,ce sont les syndicats pnc et ou les syndicats du personnel au sol . Vous êtes tous mesdames ,messieurs en train de mettre votre compagnie par terre, oh vous n'allez pas disparaitre rassurez-vous mais vous serez racheté et alors la terminé vos revendications vous serez soumis aux directives de votre nouvelle Direction.
Dommage que vous soyez si idiots pour ne pas comprendre , désolé mais cette adjectif vous convient .
Réponse de le 27/10/2015 à 10:14 :
Quand on est mieux payé qu'ailleurs et qu'on travaille moins qu'ailleurs... on se fait petit ...
Qui, parmi les PNT ou les PNC, serait volontaire pour quitter Air France et rejoindre LH, British ou Iberia ??
Réponse de le 28/10/2015 à 19:40 :
Sachez que les personnels au sol font les frais de l'attitude des pilotes et pnc. Depuis 4 ans, ils ont eu droit au gel des salaires, à la diminution des RTT, des primes, au non remplacement de ceux partis sur les plans précédents et en cours et tout ça pour participer au redressement de leur entreprise. Aujourd'hui, alors que les pilotes et pnc en sont encore à mégoter et à descendre leur entreprise, il est demandé encore et encore des efforts. A un moment, un mouvement de contestation est normal. Alors avant d'utiliser le mot "idiot", renseignez vous ! De plus, la Direction est aussi responsable, du fait de vouloir faire du tout internet, de sous traiter ses services; tout cela ne peut que créer du mécontentement tant au niveau des personnels au sol qu'au niveau des clients, difficile de discuter avec une borne d'enregistrement ou un ordinateur !
a écrit le 26/10/2015 à 13:43 :
Air France est le miroir de la chienlit socialiste ( FO majoritaire ) . La compagnie endettée de 5 milliards est en faillite et va passer sous la coupe de gens qui feront le ménage !
Réponse de le 26/10/2015 à 21:50 :
Malheureusement, on ne peut pas s'en réjouir... perdre la compagnie nationale serait un désastre pour l'économie nationale !
a écrit le 26/10/2015 à 10:43 :
un bon petit mouvement pour les fetes comme d'habitude,ideal pour une resa a 2mois.Excellent climat pour les ventes

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