L'aéroport de Vatry, à 150 km de Paris, va-t-il être vendu à des investisseurs chinois ?
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Mark Makela
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Il est loin le temps où l'aéroport de Vatry rêvait de devenir le... « Londres-Stansted » (la base principale de Ryanair dont le trafic dépasse les 27 millions de passagers avant la crise sanitaire) de Paris. C'était à 2010, dix ans après l'ouverture de la plateforme jusqu'ici spécialisée dans le fret, quand Ryanair avait décidé d'ouvrir une ligne sur cet aéroport situé à 150 kilomètres à l'est de Paris. Une stratégie qui n'a jamais réussi et l'aéroport n'accueille que quelques vols de la compagnie low-cost à côté d'une activité cargo en difficulté après avoir vu son trafic exploser pendant la crise sanitaire.
A tel point que le département veut aujourd'hui se séparer de son infrastructure. Vendredi, Christian Bruyen, le président du Conseil départemental de la Marne a, en effet, annoncé que la collectivité comptait vendre l'aéroport de Vatry, évoquant l'intérêt d'investisseurs chinois, dans un entretien vendredi au journal L'Union.
Se disant « désabusé » face aux difficultés rencontrées pour développer son activité de fret, Christian Bruyen a indiqué qu'il doit « faire valider la semaine prochaine par le conseil d'administration de l'aéroport la décision de répondre favorablement aux demandes que l'on reçoit pour acheter la plateforme ».
Des « sollicitations étrangères semblent fiables », indique-t-il. « La Chine veut investir pour maîtriser toute la chaîne logistique, un aéroport les intéresse donc », a-t-il exposé. Reste à voir si Vatry échappera à la polémique qui avait eu lieu à Toulouse quand l'aéroport était passé aux mains d'investisseurs chinois de 2015 à 2019. L'aéroport de Vatry n'a rien à voir avec son homologue du sud-ouest de l'Hexagone, mais une infrastructure aéroportuaire reste toujours un actif stratégique pour les territoires. D'autant que Christian Bruyen pointe qu'avec 30.000 tonnes de fret transportées en 2021, l'aéroport de Vatry « gêne » d'autres acteurs aéroportuaires, désignant à demi-mot le groupe ADP, qui gère notamment les plateformes de Roissy-Charles-de-Gaulle et Orly.
« La moitié du fret avion à destination de la France est traité par des aéroports étrangers, notamment celui de Liège (codétenu par ADP, Ndlr). Ces marchandises prennent la route ensuite, rendant encore plus négatif le bilan carbone. Et puis, Roissy-Charles-de-Gaulle engendre des nuisances incroyables (...) les opérations et vols de fret se déroulant la nuit », déplore-t-il.
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Mis en service en 2000 avec l'ambition de transporter quelque 125.000 tonnes de fret par an, l'aéroport de Vatry, implanté à 30 kilomètres de Châlons-en-Champagne, n'a jamais atteint cet objectif et connaît depuis des difficultés financières, malgré le développement du transport de passagers.
Son activité fret avait « explosé » en avril 2020 en raison du transport de masques et de matériel sanitaire en pleine épidémie de Covid, avait à l'époque indiqué le président du Département, espérant que la plateforme ne retombe pas « dans l'oubli » ensuite.
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Si le potentiel du parc Euro Disney est réel pour une « clientèle import » à Vatry, ce dernier sera toujours en concurrence avec l'aéroport parisien d'Orly (mais aussi de Roissy) plus proche du parc d'attractions que Vatry (à 136 kilomètres d'Euro Disney), sur lequel est implanté un grand nombre de low-cost. De même, à l'export, il est difficile d'attirer à Vatry la clientèle parisienne (150 kilomètres les séparent) qui dispose déjà d'une offre low-cost consistante à Orly, Roissy mais aussi à Beauvais.
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