Les taxis s'en prennent à Uber : à tort ou à raison ?

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Les taxis réclament l'interdiction de l'application qu'ils estiment être illégale, notamment parce qu'elle ne respecterait pas, selon eux, l'interdiction de maraude électronique de la loi dite Thévenoud. Mais du côté de l'Intérieur, on confirme que seule UberPop a été interdite.
Les taxis réclament l'interdiction de l'application qu'ils estiment être illégale, notamment parce qu'elle ne respecterait pas, selon eux, l'interdiction de "maraude électronique" de la loi dite Thévenoud. Mais du côté de l'Intérieur, on confirme que seule UberPop a été interdite. (Crédits : Reuters)
A Marseille et Strasbourg notamment, les actions contre la plateforme et ses chauffeurs partenaires se multiplient. Les taxis estiment qu'Uber est illégale. Mais que dit la loi ?

Les menaces se suivent et se ressemblent... De Strasbourg à Marseille en passant par Paris, les taxis veillent à mettre des bâtons dans les roues d'Uber. Conscients de la puissance de leur corporation, ils savent bien que les autorités fermeront les yeux, craignant trop pour l'ordre public.

Uber, privée de salons

Début octobre à Strasbourg, les taxis ont ainsi empêché Alexandre Molla, le directeur du développement d'Uber France, de participer à une conférence du salon i-Novia.

   | Lire: A Strasbourg, comment les taxis ont taclé Uber

Une semaine plus tard, c'est à Marseille qu'Alexandre Droulers, directeur de la Stratégie D'Uber France n'a pu participer au salon des entrepreneurs. Son organisateur a préféré le déprogrammer sous la menace des taxis de bloquer tout accès au salon, comme à Strasbourg huit jours plus tôt.

   | Lire: Uber persona non grata au salon des entrepreneurs à Marseille

Uber a eu chaud à Marseille

Et ce n'est pas tout. Sous la pression des taxis, la préfecture des Bouches-du-Rhône a publié un arrêté qui semblait interdire UberX dans la cité phocéenne le 21 octobre.

    | Lire aussi: Uber interdit à Marseille ?

Avant de préciser qu'il s'agissait en fait d'interdire uniquement les chauffeurs partenaires de la plateforme qui ne respectaient pas la loi... La préfecture de Marseille a bien insisté sur ce point en expliquant que de plus amples précisions allaient suivre. Elles ne sont pour l'heure pas encore venues...

   | Lire aussi: la fausse interdiction d'Uber à Marseille

Cela peut prêter à sourire dans la mesure ou cet arrêté pointe du doigt les partenaires de la plateforme américaine qui enfreignent la réglementation en vigueur, mais pas les autres... Quid des partenaires d'Allocab et autres VTC ?

Uber privée de partenariats

Dernier exemple en date: les taxis ont empêché la plateforme de nouer un partenariat avec AtypikEvents un organisateur d'événements strasbourgeois, à l'occasion d'une soirée ce vendredi à La Cour De Honau, à une dizaine de kilomètres du centre de Strasbourg.

Pour appâter le chaland, des réductions sur des courses Uber étaient mises en avant sur la page Facebook de l'événement:

AtypikEvents

Oui, mais voilà. Sous la menace des taxis, AtypikEvents a vite dû faire machine arrière et donc une croix sur son partenariat avec l'application mobile qui met en relation passagers et chauffeurs professionnels.

Contacté par La Tribune, M. Samel, le gérant de l'entreprise confirme:

"A chaque fois, c'est la même histoire. C'est déjà arrivé cette semaine pour une soirée au bar Les Aviateurs qui devait accueillir plusieurs parlementaires, comme à l'accoutumée. Mais les taxis ont fait pression".

"Enlevez la promo, on sent que ça gronde, on ne pourra pas les contenir"

Concernant la soirée de ce vendredi 30 octobre, il reconnaît avoir dû reculer, préférant l'apaisement à l'affrontement. Tout en précisant que "les autorités policières elles-mêmes sont parfois dans la boucle, mais ne peuvent pas faire le travail de répression." "'Enlevez-la promo, on sent que ça gronde, on ne pourra pas les contenir', nous disent-ils", confie-t-il à La Tribune.

Mais il ne compte pas baisser les bras, et assure que si celui-ci n'a pas vu le jour, il y aura d'autres partenariats avec Uber à l'avenir.

Uber "hors la loi" ?

En attendant, c'est peu dire que les taxis sont remontés contre Uber. Et il y a fort à parier que leurs opérations d'intimidation perdurent tant que les pouvoirs publics n'apporteront pas de clarification à la situation. En témoigne la récente opération organisée par des taxis à Toulouse le 23 octobre et relayée par La Dépêche. Selon le site des taxis ont "eux-mêmes contrôlé certains conducteurs suspectés" avant d'appeler la police:

Ce soir-là, "à 1 heure du matin, 150 taxis se sont réunis dans le centre de Toulouse, une manifestation mais aussi une opération destinée à maintenir la pression sur les pouvoirs publics. Les taxis se sont en effet rendus sur les lieux où ils savent trouver des VTC qu'ils jugent en dehors des clous : à Esquirol, Jean-Jaurès et boulevard Carnot. Là, ils ont eux-mêmes contrôlé certains conducteurs suspectés puis appelé la police pour les cas d'infractions supposées. S'ils n'ont pas fait la police à proprement parler (tout un chacun peut faire cesser une infraction et les auditions n'ont pas été menées par eux), ça y ressemble beaucoup. D'après Philippe Duran, la situation a parfois été chaude".

Concrètement, les taxis réclament l'interdiction de l'application qu'ils estiment être illégale, notamment parce qu'elle ne respecterait pas, selon eux, l'interdiction de "maraude électronique" de la loi dite Thévenoud.

Pour Macron, Uber est légale

Pourtant, sur ce point, le Conseil constitutionnel avait précisé que son interdiction pour les VTC était toutefois limitée : "d'une part, si elle empêche d'indiquer simultanément la disponibilité et la localisation d'un VTC, elle n'exclut pas de fournir l'une ou l'autre de ces informations."

Autrement dit, il n'est pas illégal d'afficher la géolocalisation des véhicules à proximité sans indiquer s'ils sont déjà chargés ou non. Ce qui est le cas d'Uber, mais aussi de la majorité de ces plateformes mettant en contact passagers et chauffeurs. Celles-ci estiment d'ailleurs qu'il s'agit plus d'un souci esthétique que d'un réel avantage technique. Preuve en est : Le Cab est peut-être l'une des seules plateformes à ne pas afficher la localisation des véhicules à proximité du client. Ce qui, en soit, ne change rien, étant donné que c'est le chauffeur le plus près qui sera de toute façon affecté à la course...

Et d'ailleurs pour le ministre de l'Economie et des Finances, la légalité d'Uber semble assez claire. Répondant aux questions des élèves de l'Ecole 42 de Xavier Niel, Emmanuel Macron expliquait ainsi mardi, comme le montre une vidéo du site LePoint.fr, à propos de la plateforme technologique:

"On ne l'a pas bloquée: la première ville hors US où Uber se développe, c'est Paris. Donc il y a un marché. Cependant, il y a des gens qui ont payé une plaque (les chauffeurs de taxis, ndlr), il y en a d'autres qui arrivent et qui n'ont pas payé. Les règles ne peuvent donc pas être les mêmes. Par exemple, Uber ne peut pas prendre un passager à la volée, qui le hèle dans la rue en levant la main, et ne peut pas attendre à l'aéroport. Pour tout le reste c'est pareil (que les taxis, ndlr) : plateforme ouverte. Et on n'a pas bloqué sur les prix du tout : Uber fait ce qu'il veut sur les prix. (...) Nous sommes en train de sortir d'une sur-régulation de ce marché, notamment parce qu'il y a de l'innovation. Les prix sont en train de s'ajuster. C'est bon pour le consommateur".

   | Vidéo: Macron : "Uber fait ce qu'il veut sur les prix" (sur le site du Point).

Les chauffeurs partenaires d'Uber semblent donc, d'après les dires du Ministre, jouer à armes égales avec les taxis, du moment qu'ils ne font pas de la "maraude", réservée aux seconds, qu'il s'agisse de la géolocalisation sur application mobile, ou encore de la tarification horokilométrique.

Et d'ailleurs, du côté du ministère de l'Intérieur, dont dépendent les taxis, on nous confirme que "c'est seulement UberPop qui a été interdit"...

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Commentaires
a écrit le 02/11/2015 à 4:44 :
Les vtc le fait de ne pas respecter les règles qui concerne la maraude électronique en profite pour racoler sur la voie publique devant les établissements de jour comme de nuit il charge tous ceux qui lève un petit doigt à la recherche d'un taxi et les font payer en liquide parfois plus cher qu'un taxi ou à la tête du client.
"La concurrence sur les prix ne peut pas être pris en compte par Mr macron vu que c'est lui qui fixe les prix des taxis donc il met de la concurrence alors que les taxis n'ont aucun pouvoir sur la fixation des tarifs c'est une aberration de nos politiques "
La loi des vtc :
La loi actuellement n'est pas applicable
La loi actuellement est déloyale
La loi actuellement est incontrôlable
La loi actuellement doit être tout simplement retirer sinon les conflits vont s'envenimė ce que les taxis ne souhaitent pas mais ils ne se laisseront pas faire.
Prenez garde messieurs les politiques les taxis vous ont déjà donné un aperçu de .......
a écrit le 01/11/2015 à 20:12 :
le probleme ce n'est pas les vtc mais la geolocalisation et surtout le stationnement sur la voie publique en attente de clientelles
si en se penche sur ce que dit la loi logiquement le vtc doit prendre les courses du siege de la sa societe car le vtc n'est pas titulaire d'une autorisation de stationnement (licence) donc les vtc s'ils restent dans leurs sieges pour prendre des courses a 5 euros pourquoi pas mais ils vont couler.
les taxis doivent attaquer l'etat en justice et surtout ce ministre de l'economie
a écrit le 31/10/2015 à 13:53 :
Les taxis francais menent un combat d'arriere-garde. Leurs habitudes bien francaises d'intimidation et de violence dans l'inpunite totale des autorites sont scandaleuses et ne servent qu'a renforcer l'hostilite des Francais a leur egard. Uber est tellement facile d'usage et beaucoup moins cher, ils sont la pour rester. Les taxis francais ont le choix entre s'adapter (c'est a dire copier Uber) ou disparaitre.
Réponse de le 31/10/2015 à 15:00 :
Que les vtc commencent déjà par respecter la réglementation et après on verra. (Voir le commentaire de marcus juste ci-dessous).
Que diriez-vous si un cowboy s'introduit dans votre secteur d'activité sans respecter la loi, alors que vous même êtes soumis à un tas de contraintes ?
Vous êtes l'exemple parfait de : " Je suis pour le fait que les autres se fassent ubériser par des cowboys ne respectant rien, par contre, moi vous me laissez tranquille. Je ne veux pas que l'ubérisation touche mon secteur".
a écrit le 31/10/2015 à 13:37 :
Certes la loi interdit d'informer (et non pas d'afficher sur un écran de smartphone) à la fois la localisation et la disponibilité d'un chauffeur avant réservation préalable pour un vtc.
Cependant, uber affiche et informe la localisation des véhicules mais il est quand même obligé d'informer le client que le chauffeur est disponible pour pouvoir valider toute réservation de la part du client !!!
Donc uber informe aussi de la disponibilité avant réservation préalable !!
La loi dit "Il est interdit d'informer le client avant réservation préalable à la fois la localisation et la disponibilité d'un chauffeur" et non pas "Il est interdit d'afficher sur l'écran d'un smartphone à la fois la localisation et la disponibilité d'un chauffeur".
Donc uber est illégal !!!!
Réponse de le 31/10/2015 à 17:03 :
@Marcus: ton raisonnement ne tient pas debout, car les sociétés de taxis ont la même configuration, à savoir que tu appelles une plateforme et non le chauffeur directement quand tu fais venir un taxi devant ta porte. L'illégalité tient au fait que les chauffeurs de taxis achètent leur permis d'exercer à prix d'or comme dans le temps au restaurant, les serveurs achetaient "leur tablier". On a su mettre fin à cet abus, alors pourquoi pas les taxis ?? Reste malgré tout en effet à aligner la fiscalité de tous sur le même plan.
Réponse de le 01/11/2015 à 1:18 :
@calimero

Et l'orthographe à l'examen de VTC, ça se passe comment ?
a écrit le 31/10/2015 à 11:37 :
Les taxi ont le monopole de la maraude. Ils peuvent se re-mettre à faire leur travail ou continuer à attendre que G7 les appellent ! À eux de voir...
a écrit le 31/10/2015 à 10:01 :
On sent bien que c'est un combat d'arrière garde et que l'interconnexion entre les gens va tout emporter. Les taxis devraient d'ores et déjà faire évoluer leur activité .Ils sont le symbole d'un Etat toujours en retard d'une législation .
a écrit le 31/10/2015 à 9:56 :
De toute façon il est trop tard. Les utilisateurs d'Uber trouveront une autre solution en cas de disparition du site.
Enfin trouver une voiture quand on le souhaite, quel bonheur...
Les créateurs de ce site ont eu l'idée de le faire en étant à ... Paris, la seule capitale au monde où on ne trouve jamais de taxi quand on en a besoin !
Je viens à Paris une fois par semaine et je bénis Uber d'exister.
Réponse de le 01/11/2015 à 20:17 :
les taxis vont avoir la meme application que celle d'uber
par contre les taxis vont pas venir attendre le client gratuitement tout travail mérite salaire
les clients d uber c'est des clients qui veulent une prestation de luxe mais ne veulent pas payer le prix
a écrit le 31/10/2015 à 6:47 :
Les VTC doivent retourner au siège social de lentreprise après chaque course en attendant la prochaine ce qui nest jamais appliqué en pratique on en trouve partout sur la voie publique , aux aéroports et gares idem , monsieur macron pense que c'est pareil que des taxis alors qu'il applique les mêmes charges les mêmes contraintes et qu'il indemnise les taxis et arrete de prélever 8000€ sur chaque licence , macron fils de attali très facile de spolier les gens , plus difficile de créé des vrais job
Réponse de le 31/10/2015 à 12:59 :
ont as les même charge et plus de contrainte que vous!!!
ont a une formation plus courte mais ont apporte un meilleur services que vous!!!
ont paye notre licence 170 euros vous elle est gratuite!!!
vous n avez pas voulu que l ont augmente les licences!!!! pour préservé le prix de celle ci qui sont revendu de manière illégal avec l approbation de l état
vous refusé les paiement par CB pour pouvoir continuer a faire du black
des que j ai 5mn je vous plaint
Réponse de le 01/11/2015 à 20:26 :
vous avez une formation sans examens
vous payer 170 euros pour 10 vehicules au moins ,vous etes auto entrepreneur ou sarl donc en trois ans d'exerces vous plier bagages etant personne morale donc vous risquer rien au niveau de l'urssaf ou rsi ou impots par contre un artisan taxi est une personnes physique donc en cas de défaillance le taxi se retrouvera saisit ses bien personnels
prestation de luxe,vous avez pas le choix que de se comporter comme ca sion tonton uber vous ejecte de l'application
a écrit le 30/10/2015 à 21:49 :
Certes la loi interdit d'informer (et non pas d'afficher sur un écran de smartphone) à la fois la localisation et la disponibilité d'un chauffeur avant réservation préalable pour un vtc.
Cependant, uber affiche et informe la localisation des véhicules mais il est quand même obligé d'informer le client que le chauffeur est disponible pour pouvoir valider toute réservation de la part du client !!!
Donc uber informe aussi de la disponibilité avant réservation préalable !!
La loi dit "informer le client avant réservation préalable à la fois de la localisation et de la disponibilité d'un chauffeur" et non pas "afficher sur l'écran d'un smartphone à la fois de la localisation et de la disponibilité d'un chauffeur".
Donc uber est illégal !!!!
a écrit le 30/10/2015 à 21:49 :
Certes la loi interdit d'informer (et non pas d'afficher sur un écran de smartphone) à la fois la localisation et la disponibilité d'un chauffeur avant réservation préalable pour un vtc.
Cependant, uber affiche et informe la localisation des véhicules mais il est quand même obligé d'informer le client que le chauffeur est disponible pour pouvoir valider toute réservation de la part du client !!!
Donc uber informe aussi de la disponibilité avant réservation préalable !!
La loi dit "informer le client avant réservation préalable à la fois de la localisation et de la disponibilité d'un chauffeur" et non pas "afficher sur l'écran d'un smartphone à la fois de la localisation et de la disponibilité d'un chauffeur".
Donc uber est illégal !!!!
a écrit le 30/10/2015 à 21:49 :
Certes la loi interdit d'informer (et non pas d'afficher sur un écran de smartphone) à la fois la localisation et la disponibilité d'un chauffeur avant réservation préalable pour un vtc.
Cependant, uber affiche et informe la localisation des véhicules mais il est quand même obligé d'informer le client que le chauffeur est disponible pour pouvoir valider toute réservation de la part du client !!!
Donc uber informe aussi de la disponibilité avant réservation préalable !!
La loi dit "informer le client avant réservation préalable à la fois de la localisation et de la disponibilité d'un chauffeur" et non pas "afficher sur l'écran d'un smartphone à la fois de la localisation et de la disponibilité d'un chauffeur".
Donc uber est illégal !!!!
Réponse de le 31/10/2015 à 9:57 :
Ok mais la loi est stupide
Réponse de le 31/10/2015 à 14:29 :
Et remettre autant de fois son commentaire est encore plus stupide
Réponse de le 31/10/2015 à 21:38 :
Comme tous les taxis, sa radote la même chose car ils ont que sa ! Pauvrette, passe à autre chose et évolue un peu, le monde change !

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