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Entreprises & FinanceTransport & Logistique

Les taxis s'en prennent à Uber: à tort ou à raison ?

Photo de Mounia Van de Casteele

Mounia Van de Casteele

Publié le 30 octobre 2015 à 17:51 - Mis à jour le 05 novembre 2015 à 09:03

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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A Marseille et Strasbourg notamment, les actions contre la plateforme et ses chauffeurs partenaires se multiplient. Les taxis estiment qu'Uber est illégale. Mais que dit la loi ?

Les menaces se suivent et se ressemblent... De Strasbourg à Marseille en passant par Paris, les taxis veillent à mettre des bâtons dans les roues d'Uber. Conscients de la puissance de leur corporation, ils savent bien que les autorités fermeront les yeux, craignant trop pour l'ordre public.

Uber, privée de salons

Début octobre à Strasbourg, les taxis ont ainsi empêché Alexandre Molla, le directeur du développement d'Uber France, de participer à une conférence du salon i-Novia.

   | Lire: A Strasbourg, comment les taxis ont taclé Uber

Une semaine plus tard, c'est à Marseille qu'Alexandre Droulers, directeur de la Stratégie D'Uber France n'a pu participer au salon des entrepreneurs. Son organisateur a préféré le déprogrammer sous la menace des taxis de bloquer tout accès au salon, comme à Strasbourg huit jours plus tôt.

   | Lire: Uber persona non grata au salon des entrepreneurs à Marseille

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Uber a eu chaud à Marseille

Et ce n'est pas tout. Sous la pression des taxis, la préfecture des Bouches-du-Rhône a publié un arrêté qui semblait interdire UberX dans la cité phocéenne le 21 octobre.

    | Lire aussi: Uber interdit à Marseille ?

Avant de préciser qu'il s'agissait en fait d'interdire uniquement les chauffeurs partenaires de la plateforme qui ne respectaient pas la loi... La préfecture de Marseille a bien insisté sur ce point en expliquant que de plus amples précisions allaient suivre. Elles ne sont pour l'heure pas encore venues...

   | Lire aussi: la fausse interdiction d'Uber à Marseille

Cela peut prêter à sourire dans la mesure ou cet arrêté pointe du doigt les partenaires de la plateforme américaine qui enfreignent la réglementation en vigueur, mais pas les autres... Quid des partenaires d'Allocab et autres VTC ?

Uber privée de partenariats

Dernier exemple en date: les taxis ont empêché la plateforme de nouer un partenariat avec AtypikEvents un organisateur d'événements strasbourgeois, à l'occasion d'une soirée ce vendredi à La Cour De Honau, à une dizaine de kilomètres du centre de Strasbourg.

Pour appâter le chaland, des réductions sur des courses Uber étaient mises en avant sur la page Facebook de l'événement:

Oui, mais voilà. Sous la menace des taxis, AtypikEvents a vite dû faire machine arrière et donc une croix sur son partenariat avec l'application mobile qui met en relation passagers et chauffeurs professionnels.

Contacté par La Tribune, M. Samel, le gérant de l'entreprise confirme:

"A chaque fois, c'est la même histoire. C'est déjà arrivé cette semaine pour une soirée au bar Les Aviateurs qui devait accueillir plusieurs parlementaires, comme à l'accoutumée. Mais les taxis ont fait pression".

"Enlevez la promo, on sent que ça gronde, on ne pourra pas les contenir"

Concernant la soirée de ce vendredi 30 octobre, il reconnaît avoir dû reculer, préférant l'apaisement à l'affrontement. Tout en précisant que "les autorités policières elles-mêmes sont parfois dans la boucle, mais ne peuvent pas faire le travail de répression." "'Enlevez-la promo, on sent que ça gronde, on ne pourra pas les contenir', nous disent-ils", confie-t-il à La Tribune.

Mais il ne compte pas baisser les bras, et assure que si celui-ci n'a pas vu le jour, il y aura d'autres partenariats avec Uber à l'avenir.

Uber "hors la loi" ?

En attendant, c'est peu dire que les taxis sont remontés contre Uber. Et il y a fort à parier que leurs opérations d'intimidation perdurent tant que les pouvoirs publics n'apporteront pas de clarification à la situation. En témoigne la récente opération organisée par des taxis à Toulouse le 23 octobre et relayée par La Dépêche. Selon le site des taxis ont "eux-mêmes contrôlé certains conducteurs suspectés" avant d'appeler la police:

Ce soir-là, "à 1 heure du matin, 150 taxis se sont réunis dans le centre de Toulouse, une manifestation mais aussi une opération destinée à maintenir la pression sur les pouvoirs publics. Les taxis se sont en effet rendus sur les lieux où ils savent trouver des VTC qu'ils jugent en dehors des clous : à Esquirol, Jean-Jaurès et boulevard Carnot. Là, ils ont eux-mêmes contrôlé certains conducteurs suspectés puis appelé la police pour les cas d'infractions supposées. S'ils n'ont pas fait la police à proprement parler (tout un chacun peut faire cesser une infraction et les auditions n'ont pas été menées par eux), ça y ressemble beaucoup. D'après Philippe Duran, la situation a parfois été chaude".

Concrètement, les taxis réclament l'interdiction de l'application qu'ils estiment être illégale, notamment parce qu'elle ne respecterait pas, selon eux, l'interdiction de "maraude électronique" de la loi dite Thévenoud.

Pour Macron, Uber est légale

Pourtant, sur ce point, le Conseil constitutionnel avait précisé que son interdiction pour les VTC était toutefois limitée : "d'une part, si elle empêche d'indiquer simultanément la disponibilité et la localisation d'un VTC, elle n'exclut pas de fournir l'une ou l'autre de ces informations."

Autrement dit, il n'est pas illégal d'afficher la géolocalisation des véhicules à proximité sans indiquer s'ils sont déjà chargés ou non. Ce qui est le cas d'Uber, mais aussi de la majorité de ces plateformes mettant en contact passagers et chauffeurs. Celles-ci estiment d'ailleurs qu'il s'agit plus d'un souci esthétique que d'un réel avantage technique. Preuve en est : Le Cab est peut-être l'une des seules plateformes à ne pas afficher la localisation des véhicules à proximité du client. Ce qui, en soit, ne change rien, étant donné que c'est le chauffeur le plus près qui sera de toute façon affecté à la course...

Et d'ailleurs pour le ministre de l'Economie et des Finances, la légalité d'Uber semble assez claire. Répondant aux questions des élèves de l'Ecole 42 de Xavier Niel, Emmanuel Macron expliquait ainsi mardi, comme le montre une vidéo du site LePoint.fr, à propos de la plateforme technologique:

"On ne l'a pas bloquée: la première ville hors US où Uber se développe, c'est Paris. Donc il y a un marché. Cependant, il y a des gens qui ont payé une plaque (les chauffeurs de taxis, ndlr), il y en a d'autres qui arrivent et qui n'ont pas payé. Les règles ne peuvent donc pas être les mêmes. Par exemple, Uber ne peut pas prendre un passager à la volée, qui le hèle dans la rue en levant la main, et ne peut pas attendre à l'aéroport. Pour tout le reste c'est pareil (que les taxis, ndlr) : plateforme ouverte. Et on n'a pas bloqué sur les prix du tout : Uber fait ce qu'il veut sur les prix. (...) Nous sommes en train de sortir d'une sur-régulation de ce marché, notamment parce qu'il y a de l'innovation. Les prix sont en train de s'ajuster. C'est bon pour le consommateur".

   | Vidéo: Macron : "Uber fait ce qu'il veut sur les prix" (sur le site du Point).

À lire également

  • Uber valorisé 70 milliards de dollars ?
  • Où va l'argent d'Uber?
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  • Taxis contre VTC : la guerre des prix continue

Les chauffeurs partenaires d'Uber semblent donc, d'après les dires du Ministre, jouer à armes égales avec les taxis, du moment qu'ils ne font pas de la "maraude", réservée aux seconds, qu'il s'agisse de la géolocalisation sur application mobile, ou encore de la tarification horokilométrique.

Et d'ailleurs, du côté du ministère de l'Intérieur, dont dépendent les taxis, on nous confirme que "c'est seulement UberPop qui a été interdit"...

Mounia Van de Casteele

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