Le ferroviaire se taille la part belle dans la présidentielle, l'aérien doit se contenter de la portion congrue. Dans un débat organisé par le think tank TDIE (Transport développement intermodalité environnement) et Mobilettre au Pavillon Gabriel, les représentants de six candidats (aucun des candidats à l'Elysée ne s'étant déplacé en personne malgré l'extrême proximité géographique immédiate du Palais) se sont affrontés tour à tour sur le thème des transports. Si des divergences évidentes sont apparues, deux grandes lignes générales se sont dégagées : la volonté de développer fortement le ferroviaire, avec des investissements massifs dans le réseau, et laisser l'aérien de côté.
Vecteur de la transition écologique, puissant outil d'aménagement du territoire, force industrielle... le train a tous les atouts dans sa manche à en croire les représentants de Valérie Pécresse, Yannick Jadot, Fabien Roussel, Emmanuel Macron, Anne Hidalgo et Jean-Luc Mélenchon (dans l'ordre de passage lors du débat). Chacun a ainsi milité pour le renforcement de la part modale du ferroviaire, que ce soit sur les trajets du quotidien ou la longue distance, par rapport à la route et à l'aérien. Et le développement du fret ferroviaire a également été plébiscité.
Le futur contrat de performance 2021‑2030 entre l'État et SNCF Réseau a été une nouvelle fois largement pris pour cible. Après avoir suscité l'ire d'acteurs du secteur ferroviaire, de l'Autorité de régulation des transports (ART) et d'élus (rapport sénatorial "Comment remettre la SNCF sur les rails ?"), ce texte qui définit les lignes directrices pour les 10 ans à venir a été vertement critiqué par les représentants de plusieurs candidats. Comme d'autres avant lui, le sénateur "Les Républicains" Philippe Tabarot, qui représentait Valérie Pécresse, n'a pas hésité à parler de "contrat de contre-performance manifeste de l'Etat" tout comme le sénateur socialiste Olivier Jacquin pour Anne Hidalgo.