VTC : le loueur Voitures Noires en redressement judiciaire : à qui la faute ?

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Karim Ferchiou (photo) a fondé Voitures Noires en 2013. La société, qui compte une centaine de salariés, se distingue par une approche empruntant aux codes du luxe et propose des véhicules en location clé en main, mais aussi des services annexes aux chauffeurs.
Karim Ferchiou (photo) a fondé Voitures Noires en 2013. La société, qui compte une centaine de salariés, se distingue par une approche empruntant aux codes du luxe et propose des véhicules en location clé en main, mais aussi des services annexes aux chauffeurs. (Crédits : Heuduck.)
La loi Grandguillaume n'a pas fait de bien à la société de location de véhicules de transport avec chauffeur (VTC), qui a été placée en redressement judiciaire afin de bloquer ses créances principales et de maintenir son activité pour ses clients, explique à La Tribune son fondateur Karim Ferchiou.

La société de location de véhicules de transport avec chauffeur (VTC) Voitures Noires a été placée en redressement judiciaire, a annoncé lundi à La Tribune son fondateur. Karim Ferchiou a évoqué une "décision assez compliquée" rendue nécessaire selon lui, avant l'été, afin de bloquer leurs créances principales (150 millions d'euros investis), protéger la centaine de salariés de l'entreprise mais aussi l'activité des quelque 2.000 chauffeurs qui ont recours à ses services.

Plusieurs repreneurs intéressés

Concrètement, Voitures Noires est placé en "période d'observation" avec poursuite de l'activité dans l'attente de l'entrée de nouveaux investisseurs, a expliqué Karim Ferchiou, confirmant une information des Echos. "On discute avec plusieurs candidats à la reprise et les affaires sont en train de se clôturer. Les derniers accords seront signés en septembre", a-t-il affirmé à La Tribune.

Parmi les raisons évoquées par Karim Ferchiou pour les difficultés de son entreprise figure le ralentissement du secteur, qui avait connu une croissance explosive depuis quatre ans parallèlement au succès de la plateforme de réservation Uber, et alors que la toute fraîche loi Grandguillaume, élaborée à peine deux ans après la loi Thévenoud, a davantage encadré l'accession à la profession.

"Le gouvernement sortant nous a fait des misères. Et Laurent Grandguillaume nous met par terre ! Comment peut-on admettre que l'on supprime des examens, et que l'on change la réglementation tous les quatre matins, en se moquant des dommages collatéraux ? La responsabilité de ces personnes doit être engagée. Ce n'est pas possible autrement !", a dénoncé Karim Ferchiou, en s'alarmant aussi d'une "absence de visibilité" pour son secteur d'activité de la part du nouveau gouvernement.

15.000 chauffeurs sur le carreau ?

Notons d'ailleurs que l'Autorité de la concurrence a récemment relevé de nombreuses incohérences dans la loi Grandguillaume, pointant du doigt un potentiel plan social de quelque 15.000 emplois pour le secteur.

"Nous sommes l'une des entreprises qui a créé le plus d'emplois sous le quinquennat de François Hollande, que la loi d'un député socialiste sortant met en difficulté", poursuit Karim Ferchiou, qui a fondé Voitures Noires en 2013. La société, qui compte une centaine de salariés, se distingue par une approche empruntant aux codes du luxe et propose des véhicules en location clé en main, mais aussi des services annexes aux chauffeurs.

Lors des manifestations de VTC au début de l'année 2016, Karim Ferchiou avait été l'un des porte-voix médiatiques de la défense du secteur face aux taxis qui avaient alors obtenu des gages du gouvernement.

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Commentaires
a écrit le 23/07/2017 à 16:01 :
N'importe quoi! Il voudrait nous mettre la larme à l’œil! Si une société est en redressement c'est avant tout qu'elle a été mal gérée en pensant uniquement à optimiser les dividendes et les salaires de ses cadres. La loi Grandguillaume est une bonne loi qui protège les chauffeurs contre les agissements des esclavagistes (les capacitaires) et de leurs complices (loueurs, plateformes etc.). J'espère que la loi restera telle que cela a été prévu qu'on lui laisse au moins 2 ans pour voir comment évolue la situation.
a écrit le 06/07/2017 à 16:02 :
C'est faux et archifaux faut arrêter de mentir aux gens et aux médias si vous êtes en difficulté monsieur aujourd'hui c'est parce que vous avez exercé comme leader sur le marché de la location de véhicule de Vtc et aujourd'hui vous avez beaucoup de concurrents qui s'en sortent pas mal avec des prises attractif si vous aviez revu vos tarifs à la baisse on ne seriez pas dans ce cas-là
a écrit le 06/07/2017 à 13:52 :
une usine à gaz c'est un complice d'uber.
a écrit le 06/07/2017 à 12:34 :
l'un des problèmes de "voitures noires" c'est que cette entreprise ne béneficie pas des milliards investis (en pure perte pour le moment) dans Uber, elle ne s'est pas non plus installée dans un paradis fiscal comme Uber ... et n'a pas la même puissance de lobbying auprès des autorités que Uber, c'est vraiment pas simple de faire face à de la concurrence déloyale pendant des années avec la "bénédiction" tacite de Bruxelles !!

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