Baptisé "Longship", "c'est le plus grand projet climatique jamais réalisé dans l'industrie norvégienne", a déclaré la ministre du Pétrole et de l'Énergie. Au niveau mondial, on dénombre seulement une vingtaine de projets en opération quand, en France, la pratique, jugée coûteuse, reste encore largement confidentielle.
Le gouvernement norvégien a indiqué ce lundi vouloir investir 16,8 milliards de couronnes (1,6 milliard d'euros) dans le captage et stockage de carbone (abrégé CSC en français ou CCS en anglais pour "Carbon capture and storage"), une technologie jugée prometteuse pour le climat mais extrêmement coûteuse.
L'annonce survient le jour même où le groupe Extinction Rebellion menait une action à Oslo pour protester contre la politique pétrolière de la Norvège, plus gros producteur d'hydrocarbures d'Europe de l'Ouest.
Baptisé "Longship" du nom des bateaux vikings, "c'est le plus grand projet climatique jamais réalisé dans l'industrie norvégienne", a déclaré la ministre du Pétrole et de l'Énergie, Tina Bru, en présentant un Livre Blanc sur le CCS.
Le gouvernement dit vouloir financer prioritairement la réalisation d'un projet de captage et stockage de CO2 sur une usine de ciment à Brevik, dans le sud du pays. L'industrie du ciment est jugée responsable de 7% des émissions mondiales de CO2.
Jusqu'à 400.000 tonnes de CO2 capturés
À partir de 2024, l'usine Norcem pourrait capturer environ 400.000 tonnes de CO2, soit près de la moitié des 900.000 tonnes qu'elle a émises l'an dernier.
Le gouvernement veut aussi contribuer à un projet de CCS pour une usine d'incinération des déchets exploitée par Fortum à Oslo, pour peu que d'autres sources de financement, par exemple de l'UE, soient trouvées.
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"Pour que Longship puisse être un projet climatique réussi pour le futur, d'autres pays doivent aussi commencer à utiliser cette technologie", a expliqué la Première ministre Erna Solberg. "C'est pour cela que notre financement est conditionné à d'autres contributions financières".
Le gouvernement envisage enfin d'apporter un financement à Northern Lights. Porté par les géants pétroliers norvégien Equinor, anglo-néerlandais Shell et français Total, le projet vise à transporter du CO2 liquide vers un terminal d'où il sera injecté sous les fonds sous-marins via des pipelines.
Une vingtaine de projets dans le monde
Ces propositions doivent maintenant être examinées par le Parlement, où elles sont susceptibles d'être modifiées, le gouvernement n'y disposant pas d'une majorité.