"Le coût du nucléaire ne doit pas être le seul critère à considérer"

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(Crédits : Reuters)
Alors que le réacteur n° 1 de Fessenheim est mis à l’arrêt samedi 22 février, Keisuke Sadamori, chargé des marchés énergétiques au sein de l’Agence internationale de l’énergie, met en garde contre le déclin de l’atome et rappelle que cette énergie reste un moyen efficace de limiter le réchauffement climatique

LA TRIBUNE - Neuf ans après la catastrophe de Fukushima, au Japon, le nucléaire est-il en crise ?

Le secteur reste dans une situation difficile. L'accident de Fukushima a accentué le problème d'acceptabilité et entraîné de nouvelles normes de sécurité et des coûts additionnels, qui rendent les nouveaux projets nucléaires de plus en plus difficiles à mener. Dans les pays développés, ils accumulent des retards et des surcoûts. Pourtant, leurs centrales nucléaires sont relativement âgée, avec une moyenne qui fluctue autour des quarante  ans. Si aucun effort n'est fait pour allonger leur durée de vie et pour construire de nouveaux réacteurs, ces pays perdront environ un quart de leur capacité nucléaire d'ici 2025. Et jusqu'à deux tiers en 2040. Aujourd'hui, c'est la Chine qui bâtit l'essentiel des nouvelles centrales. Son industrie a acquis la capacité de mener les projets dans les temps et sans dépasser les budgets. Dans une moindre mesure, l'Inde, la Russie et quelques pays du Moyen-Orient ajoutent des capacités. Les équilibres sont donc en train de changer.

Dans un rapport publié l'an dernier, l'AIE prévenait que le nucléaire était primordial pour lutter contre le réchauffement climatique. Pourquoi ?

Le nucléaire représente 10% de la production d'électricité dans le monde. C'est la deuxième source de production bas carbone derrière l'hydraulique. Certes, les énergies renouvelables progressent, mais leur nature est différente: elles sont intermittentes. Il est nécessaire de trouver des moyens de compenser les fluctuations de production. Aujourd'hui, ce sont les centrales à charbon ou à gaz qui peuvent immédiatement remplacer le nucléaire. Cela a été le cas en 2012 au Japon, où le gaz a pris le relais des centrales. En Allemagne, la décision de sortir du nucléaire a été suivie par une hausse de la production des centrales à charbon. Pendant quelques années, les émissions de CO2 ont donc augmenté.

Demain, de nouvelles technologies, comme les batteries et l'hydrogène, pourront stocker l'électricité produite par des énergies renouvelables, permettant de couvrir les variations saisonnières de la demande. Mais cela va prendre du temps: il faudra des années par exemple, pour que l'hydrogène soit compétitif. En attendant, c'est le gaz ou le charbon qui apporteront la flexibilité nécessaire. Par ailleurs, pour remplacer l'ensemble du nucléaire par de l'éolien et du...

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Commentaires
a écrit le 24/02/2020 à 12:55 :
"Le coût du nucléaire ne doit pas être le seul critère à considérer"

C'est vrai que flamanville a 3,4 milliards, et actuellement 12,5 milliards et encore cela ne fonctionne toujours pas.

Du coup, si ce n'est pas les coûts, alors quoi?
a écrit le 24/02/2020 à 8:34 :
Ben c'est pas vous qui recevez la facture alors hein... C'est bien c'est lucide, bravo.
a écrit le 22/02/2020 à 9:49 :
Il y a très large consensus scientifique sur nos objectifs environnementaux, la très grande priorité EST la diminution des émissions de CO2 et des gaz à effet de serre. Dès lors, les autres considérations ne sont pas de mise: danger de l'atome (très relatif, à comparer aux atteintes à l'environnement de nos consommations d'énergies fossiles), ou coût: il faut relativiser la très mauvaise dérive des coûts de construction de Flamenville (modification du cahier des charges suite à Fukushima, mais perte évidente d'expertise).. Nous en serions à12 milliards sur ce site, et il faudrait reconstruire 6 tranches pour une 40 taine de milliards, donc 50 au total, financé d'ailleurs par le privé et non l'état: après tout, c'est très acceptable si c'est pour assurer la production d'électricité du Pays pour les 50 prochaines années (notons que le budget du Ministère de la transition énergétique est de plus de 30 milliards PAR AN pour ne rien avoir..). Perso, je signe de suite.
Réponse de le 24/02/2020 à 9:00 :
Si il ya tant d'investisseur privé pour construire des EPR ils n'ont qu'à le faire...ailleurs qu'en France. Ca réduira d'autant le CO2. Encore faudra til trouver des clients pour acheter un kWh plus cher.
Réponse de le 24/02/2020 à 12:34 :
A @anti-nucléaire
Pendant que les émissions en France repartiront à la hausse, mais ce n'est apparemment pas le problème des opposants à l'atome.
a écrit le 22/02/2020 à 8:53 :
Oui le procès permanent que l'on fait au nucléaire est injuste et quelquepart intolérable.
On connait bien les dangers de l'atome fissionné mais en permanence on craint a nouveau Tchernobym ou un nouveau Fukushima. Onfait en permanence un procès au nucléaire car on imagine que c'est une energie "polluante et vieille". Mais en terme de lutte contre le rechauffement climatique ( diminution du CO2 dans l'atmosphère) oui l'energie nucléaire répond aux critères , ceux de ne rejetter que "très peu de CO2 dans l'air". Donc oui l'energie nucléaire n'est pas un mauvais choix energétique. Afin d'améliorer le cycle du combustible et de reduire la part du plutonium dans le cycle nucléaire, on veut passer à des reacteurs de type EPR plus sur, plus durable. La question se pose "sait-on encore construire des réacteurs nucléaires en France ?"
Le temps imparti pour l'achèvement du reacteur EPR de Flamanville3 montre que cette question est pertinente. En la matière seul l'ASN peut decider du démarrage et de l'arrêt definitif d'un réacteur nucléaire. En tant qu'étudiant au CEA en 1996, j'ai connu le même debat sur l'arrêt definitif de reacteur d'essais (Siloe) au sein du CENG de Grenoble. Je pense personnellement que l'on sait encore construire des réacteurs nucléaires mais que celà prend plus de temps avec un coût decuplé car le critère de sureté est PRIMORDIAL. Donc non l'energie nucléaire n'est pas une énergie du passé et je pense que le plan "0%nucléaire" est une connerie totale. On ne pourra pas se passer totalement du nucléaire c'est indéniable !!!!
Réponse de le 23/02/2020 à 16:30 :
Au fait c'est qui le (la) ministre de l'industrie actuellement ?
Réponse de le 24/02/2020 à 8:57 :
l'ASN est totalement dépendante du nucleaire.

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