Et si le cash était dans les entreprises ?

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Yves Poinsot, directeur général d'Atradius, estime que le Cloud peut permettre aux entreprises de mieux gérer leur portefeuille client, et les délais de paiement...
Yves Poinsot, directeur général d'Atradius, estime que le Cloud peut permettre aux entreprises de mieux gérer leur portefeuille client, et les délais de paiement... (Crédits : DR)
Le manque de trésorerie met en difficulté de nombreuses entreprises. Et pourtant, il suffirait d'anticiper davantage les délais de paiement... Explications par Yves Poinsot, Directeur Général d'Atradius France.

Près de 63 000 faillites sont prévues en France d'ici la fin de l'année et la défaillance d'un débiteur est la cause de près d'un quart des dépôts de bilan. Selon un Baromètre récent des Pratiques de Paiement [1], la situation se dégrade aussi concernant les délais de paiement B2B, qui se sont allongés de près de 7 jours sur les 12 derniers mois, et les retards de paiement sont en augmentation de plus de 14%, avec comme principale cause le manque de trésorerie.


Le poste client, source de liquidités

Force est de constater que la Loi de Modernisation de l'Economie ne pallie pas ou peu les effets conjugués de la faible demande, de la baisse des marges, de l'accélération de la concurrence et du resserrement des conditions d'accès au crédit.

Après avoir regardé de près la gestion de leur stock, de plus en plus d'entreprises se concentrent aujourd'hui sur leur poste clients et y voient une source de liquidité immédiate. Le crédit inter-entreprises est en pleine mutation et plus que jamais, la première valeur de l'entreprise est son poste clients.

 

La structuration du poste clients est plus que jamais  une obligation

 Lorsque la conjoncture est favorable, les entreprises sont moins vigilantes concernant la gestion de leur poste clients. Quelques retards ou impayés ne les mettront pas en péril même s'ils restent dommageables.  En revanche en période difficile, les conséquences d'un défaut de paiement peuvent les mettre en danger immédiat. C'est pourquoi les entreprises ont plus que jamais l'obligation de structurer l'un de leurs principaux actifs : le poste clients.

Etre alerté d'un retard de paiement, déclencher des relances, lancer le cas échéant une procédure de recouvrement, mais aussi limiter ou stopper la livraison voire la fabrication pour un mauvais payeur, sont autant de démarches qui font diminuer directement le besoin en fonds de roulement et donc évitent de recourir à ses banquiers pour se financer.

Savoir anticiper les délais de paiement

 

Une entreprise qui a de nombreuses filiales, qui ne structure pas son poste clients, se prive d'informations nécessaires à une bonne gestion et sans aucun doute d'une partie de son cash. Vendre c'est bien ; être payé, c'est nécessaire ; l'être dans des délais raisonnables, c'est mieux.

Le délai est désormais un paramètre essentiel ? dans les négociations commerciales ? mais au-delà, il faut aussi évaluer le risque pris pour qu'il reste acceptable. Ainsi, une entreprise doit pouvoir connaître en temps réel les encours de ses clients, leurs profils, leurs habitudes de paiement, afin de mesurer si elle va ou non être payée et sous quel délai, et l'éventuelle disproportion entre le crédit qu'elle accorde et leur capacité à payer. Disposer d'une bonne connaissance de son portefeuille clients est fondamental pour prendre les meilleures décisions.

 

Les nouvelles technologies permettent de piloter au plus près son poste clients

Structurer son poste clients, c'est le gérer, le couvrir et le financer. C'est aussi faire circuler l'information à tous les niveaux de l'entreprise ; une démarche qui s'avère aujourd'hui stratégique. La révolution digitale permet aux directeurs financiers de mettre en place de nouveaux comportements et procédures et ce faisant, d'introduire une "culture du cash".

Les nouvelles technologies sont venues renforcer l'efficacité d'outils comme l'assurance-crédit, et apportent plus de transparence et de pro-activité dans le credit management. Elles permettent d'automatiser la gestion des ses couvertures, de piloter en temps réel ses alertes et indicateurs, de programmer son recouvrement, de connaître à tout moment ses capacités de financement. Grâce à elles, il est désormais plus facile de se protéger contre les impayés, d'optimiser son DSO et d'accéder au financement.

Le Cloud, atout majeur pour la gestion des entreprises

 

Ces solutions simples, accessibles via internet, dématérialisent et optimisent la chaîne financière, de la facturation jusqu'à l'encaissement, et même au-delà en assurant le lien avec les partenaires financiers de l'entreprise.

Poussées par les incertitudes économiques et leurs incidences sur les entreprises, ces solutions Cloud du poste clients sont un atout majeur pour une bonne gestion. Elles sont non seulement génératrices de valeur et de cash mais impactent la confiance que les entreprises inspirent à leurs partenaires financiers, voire à leurs fournisseurs. Un constat qui prouve une fois encore que les entreprises savent s'adapter et innover pour surmonter les difficultés.

[1]    Baromètre des Pratiques de Paiement Atradius - printemps 2013

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Commentaires
a écrit le 06/12/2013 à 4:00 :
C est peux être vrai pour le CAC40 qui peux se permettre de refuser des clients, mais en général dans 99% des boites, quand les clients ont du mal a payer, ils se bousculent pas au portillon.
Comme en France on surprotège le salarie, impossible d adapter l outil de production a la baisse d activite, et on ferme boutique en 2/3 ans. Sauf si l état est actionnaire bien sur, auquel cas on ferme l état en 20/30 ans.
Ou alors on calque un peu plus les standards internationaux ou les employés partagent les risques avec les patrons.
a écrit le 27/11/2013 à 6:22 :
article réaliste quand à la nécessité d'être payé. vu de l'extérieur les entreprises françaises sont les championnes des délais de paiement "à rallonge". dans notre compagnie c'est systématique ment avec celles ci qu'on peine a récupérer les soldes de paiement. on en déduit qu'elles ont elles mêmes des difficultés à encaisser ou alors de temps en temps elles prennent leur temps. de 60 jours réels en moyenne, pour 30 théoriques, il y a quelques années, on voit désormais 75 jours...

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