À court de liquidités, Île-de-France Mobilités cesse de payer la RATP et la SNCF

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(Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France, a mis aujourd'hui sa menace à exécution en cessant provisoirement de payer la SNCF et la RATP. Île-de-France Mobilités souhaite en effet forcer l'Etat à compenser ses pertes de recettes liées à la crise du Covid-19.

Le conseil d'administration d'Île-de-France Mobilités, l'autorité organisatrice des transports franciliens, a voté à l'unanimité mercredi l'arrêt provisoire des paiements à la RATP et la SNCF pour juillet et jusqu'à ce que l'État compense les pertes de recettes dues à la crise du coronavirus.

Dans l'immédiat, "les opérateurs vont utiliser leur trésorerie" pour assurer la circulation des transports publics, a assuré Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France et d'Île-de-France Mobilités, prévenant que les projets d'investissement seraient affectés si la situation ne se débloquait pas.

Lire aussi : Transports d'Ile-de-France: Hidalgo "solidaire" avec Pécresse pour éviter une cessation de paiement

Des pertes estimées à 2,6 milliards en 2020

La Région estime à 2,6 milliards les pertes de recettes en 2020: 1,6 milliard de recettes commerciales perdues en raison de la chute de la fréquentation et un milliard du versement mobilité. De son côté, l'État a pour l'instant proposé de compenser seulement 425 millions d'euros. Sans compensation de ce manque à gagner, l'une des possibilités pour la région afin de financer les transports publics serait d'augmenter le prix des abonnements mensuels de 20 euros pendant cinq ans.

"Il est hors de question que les voyageurs payent la facture Covid alors que dans d'autres pays, ce sont les États qui ont compensé les pertes", a martelé Valérie Pécresse, citant l'Allemagne en exemple.

"J'attends que le gouvernement se saisisse de ce sujet et que nous nous réunissions au plus vite pour discuter de cette gravissime crise des transports publics dans le pays", a-t-elle poursuivi, regrettant d'"avoir l'impression de parler dans le vide avec un gouvernement de comptables".

Lire aussi : Entretien avec Valérie Pécresse sur la reconstruction économique post-Covid

Île-de-France Mobilités entend faire passer un deuxième message financier à l'État. Puisqu'il est l'actionnaire unique des deux entreprises, la RATP et la SNCF, pourraient se retourner directement vers lui pour renflouer les caisses. Valérie Pécresse a ajouté que sur les 2 milliards versés au premier semestre, la RATP et la SNCF auraient bénéficié d'un trop-perçu de 600 millions d'euros, puisque l'intégralité de la facture a été payée pour un service assuré à seulement 30%.

Le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari a présenté la compensation de 425 millions d'euros comme "un acompte" pour "parer à l'urgence", mais conteste les sommes mises en avant par Valérie Pécresse, estimant que le calcul ne prendrait pas en compte les économies de coûts, l'effet TVA, et des gestes commerciaux. "C'est plutôt autour de 1,7 ou 1,8 milliard, les chiffres sur lesquels nous arrivons", avait-il précisé sur Public Sénat.

Avec un budget de fonctionnement d'environ 10,5 milliards d'euros par an, l'Île-de-France représente une grosse moitié du secteur des transports publics en France. La facture liée à l'épidémie de Covid-19 pour cette année est estimée à environ 4 milliards d'euros pour l'ensemble des autorités organisatrices, les structures locales chargées des transports publics sur leur territoire.

Lire aussi : Ouverture à la concurrence des transports en commun: Pécresse veut "accélérer"

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Commentaires
a écrit le 09/07/2020 à 16:37 :
Ce n'est pas elle qui disait vouloir ajouter 20 euros au titre de transport ?!!!
En fait en renvoyant la balle a l'état, elle connait la réponse et donc cela lui permettra d'ajouter ces 20 euros qu'elle avait spécieusement expliqué vouloir faire.....
a écrit le 09/07/2020 à 16:12 :
Si seulement toutes les Régions en faisaient autant, il n'y aurait plus de SNCF: ouf
a écrit le 09/07/2020 à 12:47 :
Je ne vois pas pourquoi les français de Bordeaux Rouen .... paieraient pour les parisiens avec leurs impots. 12,7 Millions d'habitants avec un quart du PIB français, les parisiens peuvent payer. Je suis en banlieue et je dois prendre ma voiture car il n'y a pas de transport en commun digne de ce nom. (un bus pour les écoliers le matin). Valérie Pécresse parle d'écologie avec les transports publics alors qu'elles commandent 170 Bus diesel. A titre d'exemple, plus aucun bus ne circule en Italie au diesel et sont au méthanol sans émission depuis 10 ans.
Une vraie Enarque et une bonne langue de bois, jamais de sa faute et de sa responsabilité. Elle balance entre LR et Macron car elle ne sait pas qui va gagner en 2022 et se remet bien avec Hidalgo. Copains coquins, préserver la carrière...
a écrit le 09/07/2020 à 9:22 :
Que les rentiers des grosses entreprises publiques fassent des économies, ce n'est pas au contribuable de payer pour cette gabegie d'entre-sois.
a écrit le 09/07/2020 à 8:32 :
Si les transports publics n'etaient pas aussi massivement subventionnés, le nez de cleopatre serait different et les gens, ile de franciens et mais aussi provinciaux se pourriraient beaucoup moins la vie en transport. Toujours ces pauvres vitres de monsieur Bastiat
a écrit le 09/07/2020 à 6:33 :
En clair pecresse veut que tous les contribuables des regions de france paient pour l ile de france et paris....

Car l etat ne fait que prélever des impots pour redistribuer....

Je ne prend pas les transports en ile de france, je ne paierait pas....
Sinon il faut que l ile de france paye pour la construction d un tram dans mon village...
Réponse de le 09/07/2020 à 9:19 :
Et moi je veux ma centrale atomique !
a écrit le 09/07/2020 à 2:07 :
On pourrait tirer une leçon de cette criser pour réduire notre dépendance à la "mobilité", mais on n'en fera rien. Gaspiller tant d'énergie et de moyens dans des trajets qui seraient inutiles si notre organisation spaciale était correctement gérée est au mieux de la b*tise. Et comble du ridicule, c'est que tous ces gaspillages participent à l'accroissement de l'indicateur censé mesurer notre "richesse".
a écrit le 08/07/2020 à 21:33 :
il est normal que l'état paye pour que les provinciaux participent à l'effort de guerre pour reconstruire notre beau pays
c est quand même grâce à Paris que la France tourne
Réponse de le 09/07/2020 à 15:00 :
On imagine que c'est de l'humour car dans les faits c'est l'inverse. Les usines et centres logistiques sont en province et les bureaux (peuplés d' "improductifs" et de fanatiques du Powerpoint) sont en Ile de France.
a écrit le 08/07/2020 à 21:01 :
Le confinement et l'arrêt de l'accès aux transports en commun ont un prix qu'on fait semblant de découvrir aujourd'hui...
a écrit le 08/07/2020 à 20:30 :
Les transports en commun en province n'étant en aucun cas (pas un centime !) financé par les impôts des franciliens, il serait temps que nos impôts cessent de financer les déficits et tarifs préférentiels des Franciliens !!!
a écrit le 08/07/2020 à 19:47 :
Je ne voudrais pas passer encore pour un "Roger Gicquel", mais force est de constater que rien ne va plus à lire les dernières info sur ce site.
a écrit le 08/07/2020 à 19:04 :
Mme Pécresse devrait proposer sa démission, elle a failli.
Cela ne lui vient pas à l'idée. L'Etat doit essuyer toutes les bêtises des élus locaux. C'est encourageant pour donner plus de responsabilités aux élus locaux.
Ils ont encore à apprendre avant de faire les fanfarons en prenant les contribuables pour des vaches à lait.
a écrit le 08/07/2020 à 18:09 :
Ca y est, Pécresse a fini par comprendre que l'argent du contribuable n'était pas un puits sans fond !
Réponse de le 09/07/2020 à 15:02 :
D'où l'intérêt d'étendre la collecte fiscale à destination des parisiens à la France entière
a écrit le 08/07/2020 à 18:04 :
Ce n'est pas drôle de constater les pertes de ces deux sociétés, très coutumières du fait, mais qui ont effectivement subi des conditions très exceptionnelles. Mais on se demande bien pourquoi les provinciaux, via l'état, devraient participer à ce nième sauvetage. Il y a moult moyens, augmenter les participations des utilisateurs (c'est à Paris et en Ile de France que les trajets sont les moins chers si l'on compare aux autres grandes villes du Monde), augmenter les impôts locaux, et, enfin, gérer un peu mieux ces sociétés qui sont la honte du service public (personne n'a oublié les grèves à répétition de la fin de l'an dernier)..

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