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Après l'abandon d'Europacity, les élus exigent un nouveau projet pour le Val-d'Oise

César Armand

Publié le 08 novembre 2019 à 16:37 - Mis à jour le 08 novembre 2019 à 16:37

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L'abandon du centre d'activités et de loisirs Europacity signe "une perte de confiance" pour les responsables politiques du 95, relayés par le conseil régional qui demande "un plan d'urgence" pour le département. Le gouvernement, qui promet de ne pas "les laisser tomber", vient de mandater un expert pour "élaborer avec les élus un nouveau projet".

Au lendemain de l'abandon d'Europacity, la décision présidentielle ne passe pas auprès des responsables politiques val-d'oisiens. Et ils tiennent à se faire entendre.

"Perte de confiance" et "amertume"

Dès que le chef de l'Etat a fait savoir, par voie de presse, que le projet était enterré, la présidente (LR) du conseil départemental du 95 a dénoncé le "cynisme de l'Etat", "une décision irresponsable" et "un couperet brutal et injuste".

"Aujourd'hui, j'ai perdu confiance en l'Etat", assène Marie-Christine Cavecchi dans un communiqué. "D'ailleurs, suite à ses dernières annonces en faveur de la Seine-Saint-Denis, je pense que mon collègue président du département [Stéphane Troussel, Ndlr] a tout intérêt à se méfier de ces promesses."

Ce matin à Gonesse, en conférence de presse, le président de la communauté d'agglomération Roissy Pays de France, Patrick Renaud, a témoigné de son "amertume", tout en martelant sa volonté de "continuer à [se] battre pour développer [son] territoire en faveur de [ses] habitants".

La Région demande "un plan d'urgence"

Les élus du conseil régional d'Île-de-France s'en mêlent aussi. Dans la continuité de Valérie Pécresse qui réclamait, hier, "un plan d'urgence pour le Val-d'Oise", le vice-président (UDI) chargé de l'écologie, du développement durable reprend, aujourd'hui, cette expression à son compte.

"Europacity n'était pas environnementalement satisfaisant mais répondait à l'urgence de territoires abandonnés depuis des décennies", déclare à La Tribune Jean-Philippe Dugoin-Clément. "La Région attend maintenant de l'État un véritable plan d'urgence pour que les habitants, en particulier les jeunes, du Val d'Oise ne soient pas les victimes de cette décision de l'État."

De l'autre côté du spectre politique, le conseiller régional socialiste, Ali Soumaré, regrette un "triste jour pour la banlieue et les habitants". "Pas de projets alternatifs proposés, 0 euros mis sur la table par l'Etat, 3,5 milliards d'argent privé balayé d'un revers méprisant de main", cingle-t-il sur Twitter.

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"Nous ne les laisserons pas tomber" (Elisabeth Borne)

Il n'empêche, dès hier, l'Elysée avait fait savoir, via l'AFP, qu'Emmanuel Macron avait confié à Francis Rol-Tanguy "la mission de travailler avec les élus à l'élaboration d'un nouveau projet". Fils du résistant éponyme, cet ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts est notamment connu pour avoir été nommé, en décembre 2012, délégué interministériel à la fermeture de la centrale nucléaire et à la reconversion du site de Fessenheim.

Une information confirmée par la ministre de la Transition écologique et solidaire à l'issue du Conseil de défense écologique : "Un autre avenir y est possible, en prenant davantage en compte les impératifs d'aménagement durable, mais également de création d'emplois et d'activité, et en tirant partie de sa localisation privilégiée au sein du grand Roissy. Nous voulons y travailler, avec les élus, avec le monde économique."

"Nous sommes conscients que ce projet a pu susciter une attente forte de la part des élus, ainsi que pour certains habitants qui voyaient dans ce projet une réponse pour l'attractivité et l'emploi dans le territoire. Nous ne les laisserons pas tomber", a prévenu Elisabeth Borne. "Je connais le Val d'Oise, je sais combien c'est un territoire qui peut compter sur un exceptionnel potentiel, humain, économique, naturel. Et nous serons au rendez-vous pour imaginer avec eux un avenir durable, incluant une implication renforcée de l'Etat."

Dans la soirée, c'était au tour de la députée (LREM) de la circonscription concernée de tenir ce même discours sur les réseaux sociaux.

"Je me suis directement entretenue avec le président de la République qui m'a assurée de son soutien à notre territoire, qu'il ne lâchera pas", a déclaré Zivka Park. "Par ailleurs, la ministre m'a assurée qu'un projet pour le triangle de Gonesse devrait sortir de terre d'ici 2027."

Une décision triplement "incohérente" pour Europacity

À lire également

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  • Europacity espère recruter localement près de 10.000 personnes

Cela n'a pas pour autant fait retomber la colère d'Alliage & Territoires, la société porteuse du projet Europacity. Dans une déclaration transmise à la presse, la co-entreprise Ceetrus-Wanda qualifie en effet cette décision, à trois reprises, d'"incohérente".

"Incohérente alors que c'est l'Etat qui a demandé de participer et de s'engager dans l'opération d'aménagement du triangle de Gonesse (...) "D'autant plus incohérente que l'Etat a fortement contribué le projet vers une transition écologique vertueuse (...) Incohérente avec la volonté du gouvernement d'attirer les investisseurs en France".

César Armand

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