Macron abandonne Europacity en rase campagne au nom de l'écologie
César Armand

Le projet Europacity ne verra finalement jamais le jour.
Reuters
César Armand

Le projet Europacity ne verra finalement jamais le jour.
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Les élus locaux et les acteurs du territoire redoutaient cette nouvelle depuis quelques semaines. L'Elysée l'a annoncé ce jeudi 7 novembre à l'occasion du Conseil de défense écologique : le projet Europacity est officiellement abandonné.
Depuis sa nomination à la tête du ministère de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne avait reçu les élus du Val-d'Oise, partisans de ce projet qui prévoyait d'édifier 250.000 mètres carrés d'activités et de loisirs sur le triangle de Gonesse, ainsi que le collectif "Europas du tout" qui redoutait la suppression de 8.000 emplois dans les commerces de proximité. Ce dernier "se félicite de cette décision qui préserve le territoire d'un véritable tsunami économique".
Aussitôt annoncé, le président de la confédération des commerçants de France, Francis Palombi, s'est déclaré "vraiment satisfait" : "La CDF a démontré inlassablement la dangerosité de ce projet pharaonique de centre commercial et de loisirs, qui plus est, sur un territoire concerné par le dispositif Action Cœur de ville". Ce dispositif gouvernemental place en effet la commune de Gonesse sur la liste de 222 centres-villes à revitaliser depuis mars 2018.
A contrario, le maire (PS) de cette commune, qui a toujours soutenu l'implantation de ce complexe touristique, se dit aujourd'hui "en colère" contre "une décision incompréhensible et inacceptable".
De son côté, Valérie Pécresse, qui espérait, elle aussi, la création de 10.000 emplois localisés pendant les phases de construction et d'exploitation, en appelle "solennellement" au gouvernement pour définir "un plan d'urgence pour le Val-d'Oise".
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Selon nos informations, il semblerait, au contraire, que la demande présidentielle d'élaborer "un projet alternatif plus mixte, plus moderne sans créer un pôle démesuré de consommation, de loisirs et d'objets" ne menace en rien la construction de cette gare du Grand Paris Express. Le chef de l'Etat a en effet confié à Francis Rol-Tanguy, ancien directeur de l'Atelier parisien d'urbanisme (APUR) "la mission de travailler avec les élus à l'élaboration d'un nouveau projet".
Adversaires historiques du projet, les écologistes applaudissent cette décision. Sur Twitter, le directeur général de Greenpeace salue "une très bonne nouvelle".
Il faut toutefois reconnaître que l'arbitrage élyséen a de quoi surprendre après les trois jours de visite officielle en Chine du président Macron. Avec la filiale immobilière du groupe Auchan, Ceetrus, c'est un groupe chinois, Wanda, qui investit, à part égales, dans le projet, pour un montant total de 3,1 milliards d'euros.
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De même, renseignement pris auprès d'un cadre d'Europacity, le cabinet du Premier ministre avait reçu l'équipe permanente à Matignon ce mardi 5 novembre pour évoquer l'artificialisation des sols. Le directeur général Benoît Chang avait en effet annoncé début octobre que les 80 hectares de terres agricoles seraient compensés par la création de 80 hectares de parcs en Île-de-France et la plantation de 4.000 arbres sur le site.
César Armand