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Macron abandonne Europacity en rase campagne au nom de l'écologie

César Armand

Publié le 07 novembre 2019 à 17:13 - Mis à jour le 08 novembre 2019 à 14:45

Le projet Europacity ne verra finalement jamais le jour.

Le projet Europacity ne verra finalement jamais le jour.

Reuters

Le Quotidien Numérique

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Photo d'illustration de l'article
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L'Elysée a annoncé ce jeudi 7 novembre l'abandon du complexe touristique de 250.000 mètres carrés d'activités et de loisirs. Si les commerçants de proximité se disent "satisfaits", le maire de Gonesse est "en colère". D'aucuns redoutent en outre l'abandon de la gare de la ligne 17 du Grand Paris Express, mais déjà les écologistes se félicitent de cette "très bonne nouvelle".

Les élus locaux et les acteurs du territoire redoutaient cette nouvelle depuis quelques semaines. L'Elysée l'a annoncé ce jeudi 7 novembre à l'occasion du Conseil de défense écologique : le projet Europacity est officiellement abandonné.

"Nous avons eu du mal à arrimer la promesse écologique de l'acte II du quinquennat par des décisions concrètes", fait savoir l'Elysée au journal Le Monde. "Cette fois, nous avons une masse critique qui nous permet d'afficher la couleur verte."

250.000 mètres carrés d'activités et de loisirs

Depuis sa nomination à la tête du ministère de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne avait reçu les élus du Val-d'Oise, partisans de ce projet qui prévoyait d'édifier 250.000 mètres carrés d'activités et de loisirs sur le triangle de Gonesse, ainsi que le collectif "Europas du tout" qui redoutait la suppression de 8.000 emplois dans les commerces de proximité. Ce dernier "se félicite de cette décision qui préserve le territoire d'un véritable tsunami économique".

"Le président de la République a décidé de ne pas poursuivre le projet Europacity", a confirmé l'entourage du chef de l'Etat à l'AFP, estimant que le projet "ne correspond plus aux aspirations de nos concitoyens". "Plus question de créer un grand pôle de commerces et de loisirs où viendraient des consommateurs de toute l'Île-de-France qui repartent ensuite, créant un pic de consommation et de mobilité, au détriment des commerces alentours."

Des commerçants "satisfaits" face à un maire "en colère"

Aussitôt annoncé, le président de la confédération des commerçants de France, Francis Palombi, s'est déclaré "vraiment satisfait" : "La CDF a démontré inlassablement la dangerosité de ce projet pharaonique de centre commercial et de loisirs, qui plus est, sur un territoire concerné par le dispositif Action Cœur de ville". Ce dispositif gouvernemental place en effet la commune de Gonesse sur la liste de 222 centres-villes à revitaliser depuis mars 2018.

A contrario, le maire (PS) de cette commune, qui a toujours soutenu l'implantation de ce complexe touristique, se dit aujourd'hui "en colère" contre "une décision incompréhensible et inacceptable".

"Nous ne pouvons répondre à l'urgence écologique sur le dos des populationsdéfavorisées et des classes moyennes ! Manifestement Emmanuel Macron n'a pascompris l'avertissement de son peuple par la voix des Gilets Jaunes", considère Jean-Pierre Blazy dans une déclaration transmise à la presse. "C'est uneexécution en règle sans autre forme de procès au détriment d'une population que lePrésident abandonne."

La gare de la ligne 17 du Grand Paris Express remise en cause ?

De son côté, Valérie Pécresse, qui espérait, elle aussi, la création de 10.000 emplois localisés pendant les phases de construction et d'exploitation, en appelle "solennellement" au gouvernement pour définir "un plan d'urgence pour le Val-d'Oise".

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"Le département payera le plus lourd tribut suite à l'abandon du projet", estime dans un communiqué la présidente du conseil régional d'Île-de-France. Et d'exiger del'Etat "la sanctuarisation de la ligne 17 du Grand Paris, seul projet de transport structurant concernant le Val-d'Oise, le reliant à l'aéroport de Roissy, au parc des expositions de Villepinte et à la Seine-et-Marne, indispensable pour assurer le désenclavement de ces territoires."

Selon nos informations, il semblerait, au contraire, que la demande présidentielle d'élaborer "un projet alternatif plus mixte, plus moderne sans créer un pôle démesuré de consommation, de loisirs et d'objets" ne menace en rien la construction de cette gare du Grand Paris Express. Le chef de l'Etat a en effet confié à Francis Rol-Tanguy, ancien directeur de l'Atelier parisien d'urbanisme (APUR) "la mission de travailler avec les élus à l'élaboration d'un nouveau projet".

Une "très bonne nouvelle" pour les écologistes, toutefois surprenante

Adversaires historiques du projet, les écologistes applaudissent cette décision. Sur Twitter, le directeur général de Greenpeace salue "une très bonne nouvelle".

"Ce projet était absurde à l'heure de la transition écologique", écrit Jean-François Julliard. "Il faut maintenant s'assurer de la préservation de ces terres agricoles, devenues si rares à proximité de Paris."
"Enfin ! Des années de lutte, de résistance, de mobilisation et surtout de pédagogie et de construction d'un projet d'agriculture paysanne alternatif sont récompensées !", a également réagi sur le réseau social Yannick Jadot, le leader d'Europe-Ecologie Les Verts.

Il faut toutefois reconnaître que l'arbitrage élyséen a de quoi surprendre après les trois jours de visite officielle en Chine du président Macron. Avec la filiale immobilière du groupe Auchan, Ceetrus, c'est un groupe chinois, Wanda, qui investit, à part égales, dans le projet, pour un montant total de 3,1 milliards d'euros.

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De même, renseignement pris auprès d'un cadre d'Europacity, le cabinet du Premier ministre avait reçu l'équipe permanente à Matignon ce mardi 5 novembre pour évoquer l'artificialisation des sols. Le directeur général Benoît Chang avait en effet annoncé début octobre que les 80 hectares de terres agricoles seraient compensés par la création de 80 hectares de parcs en Île-de-France et la plantation de 4.000 arbres sur le site.

César Armand

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