Europacity espère recruter localement près de 10.000 personnes

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(Crédits : DR)
Sur les 3.500 postes par an à pourvoir pendant la construction et les 10.115 emplois nécessaires au fonctionnement du complexe, les porteurs du projet Europacity annoncent ce 15 mai leur intention d'en recruter 75% sur le territoire. Son directeur général, Benoît Chang, réfute les craintes de "tsunami économique" exprimées par les commerçants locaux et récuse tout "coup de com", une semaine après le lancement de la "mobilisation générale pour l'emploi".

Malgré l'annulation en mars dernier du plan local d'urbanisme (PLU) de Gonesse (Val-d'Oise) qui autorisait l'urbanisation de 280 hectares sur le "Triangle", dont les 80 dédiés au projet Europacity, ses promoteurs continuent d'y croire. Ils lancent ce 15 mai Europacity Compétences, une structure ad hoc pour informer la population locale et anticiper le recrutement de milliers d'entre eux sur la dizaine de milliers d'embauches prévue d'ici à dix ans.

« Nous nous inscrivons comme un partenaire économique du Nord-Est francilien. Jamais un projet d'une telle ampleur n'a été autant concerté avec les élus locaux et les acteurs économiques, les acteurs associatifs et les habitants », insiste le directeur général d'Europacity, Benoît Chang, auprès de La Tribune. « D'après les études, le projet générera plus de 10.000 emplois et 75% seront accessibles aux habitants du territoire. »

La crainte d'un "tsunami économique"

Il n'empêche : depuis le début, le projet suscite le scepticisme d'une partie des commerçants des villes limitrophes. Une enquête Ifop publiée en avril dernier fait ainsi état d'un "rejet" et la crainte d'un "tsunami économique". « Sur le long terme, en renforçant l'attractivité du territoire, nous allons renforcer le commerce de proximité existant dont les difficultés sont liées au faible pouvoir d'achat des habitants. Nous ne sommes donc pas concurrents », assure pour sa part Benoît Chang.

Autre critique : la ville de Gonesse où se trouve le fameux "Triangle" est sur la liste des 222 communes "Action Cœur de ville", un plan du gouvernement d'Action Logement, de l'Agence nationale de l'habitat et de la Banque des territoires doté de 5 milliards d'euros sur cinq ans visant à revitaliser les centres-villes. « Ce n'est pas une contradiction, c'est une opportunité », estime le DG d'Europacity. « Nous ne sommes pas là pour détruire les équilibres mais pour travailler en synergie complète. »

Un coup de communication ?

Cette structure Europacity Compétences, qui voit le jour aujourd'hui, est-elle un "coup de com" dans le contexte de la "mobilisation générale pour l'emploi" décrétée la semaine dernière par le Premier ministre ?

« Nous avons pris cet engagement de créer un structure dédiée dès le débat public organisé en 2016. Personne ne nous l'a demandé ! » s'agace Christian Lema. « C'est une démarche partenariale et volontariste. En tant que DRH [d'Europacity, Ndlr], je peux vous assurer que le recrutement local est essentiel car le bien-être, l'équilibre personnel-professionnel et le temps de trajet domicile-travail permettent de fidéliser les salariés. »

Sur les 3.500 postes par an à pourvoir pendant la construction et les 10.115 emplois nécessaires au fonctionnement du complexe, Europacity espère en effet en faire bénéficier 75% aux habitants du territoire. « Nous nous y prenons huit ans à  l'avance », explique le DRH Christian Lema. « Nous allons mettre en place les outils innovants et performants pour maximiser le recrutement en local. Du directeur du centre de loisir en passant par le maître-nageur ou le cuisinier de l'hôtel, nous voulons que ces postes soient occupés par des habitants.»

Une alliance avec les acteurs locaux et sociaux

Les porteurs de projet vont ainsi s'associer avec des acteurs locaux et sociaux pour "mailler" au mieux le terrain. Fondateur de l'association Creative qui a permis à 600 personnes de créer leur entreprise depuis 2013, Mohamed el Mazroui met à disposition son "Bus de l'initiative" pour sillonner les villes concernées.

« A dix kilomètres de Paris, les gens n'ont pas accès à l'information. Nous allons à la sortie des écoles discuter avec les mamans isolées et en bas des tours avec les jeunes jusqu'à 23 heures... Ce qui nous intéresse est d'être associés en amont pour combler les trous dans la raquette. C'est bénéfique pour tout le monde ! »

Lui même a hâte de bénéficier dans quelques années de ce centre d'activités : « Même pour aller se divertir, le coin le plus intéressant, c'était Aquaboulevard. Il nous fallait plus d'une heure pour y aller. Demain, nous aurons accès à la culture quasiment en bas de chez nous. » D'autant qu'un arrêt de la ligne 17 du Grand Paris Express y est prévu pour 2027...

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Commentaires
a écrit le 16/05/2019 à 15:32 :
Mélange d'ailleurs de deux mots qui s'accordent parfaitement, Europe et rapacité.
a écrit le 16/05/2019 à 14:07 :
Bétonner le triangle ce serait criminel!. Ces terres agricoles,parmi les meilleures d'IDF,il faut les consacrer à agriculture bio.On roule dans la farine,les collectivités territoriales et notamment le maire de Gonesse,avec la promesse de créer 10000 emplois.Alors qu'aux USA,on commence à fermer des centres commerciaux,à cause de la concurrence d'internet,on va aller construire un nouveau centre,alors qu'il en a 2 , pas loin et qui ne sont pas rentables.On marche sur la tête!.Il ne faut pas construire une gare de la nouvelle ligne 17,dans un coin qui n'est pas habité!.C'est une aberration!.
Réponse de le 16/05/2019 à 15:11 :
c est sur qu avec Amazon triomphant, c est le moment de faire un gros auchan de plus. a ce propos, auchan semble mal en point et Reduit serieusment la voilure. Si ca se trouve, ce batiment va etre au 3/4 vide ...
a écrit le 16/05/2019 à 8:55 :
Démagogie ! cette annonce de recrutement locaux n'a comme seul but d'essayer de calmer la colère des riverains face à une inutile monstruosité, ce énième centre commercial !
a écrit le 15/05/2019 à 17:27 :
Un projet digne du bétonnage systématique du 20e siècle. Ces promoteurs n'ont pas compris ou ignorent les enjeux auxquels notre civilisation est confrontée actuellement. Qu'ils meurent, et vite, que leur impact écologique laissé aux générations futures soit le plus faible possible.
a écrit le 15/05/2019 à 15:48 :
"Nous allons à la sortie des écoles discuter avec les mamans isolées et en bas des tours avec les jeunes jusqu'à 23 heures..."

Combien la barrette ?
a écrit le 15/05/2019 à 11:19 :
Les promesses n engagent que ceux qui les croient… qui peu croire qu un centre commercial va avoir besoin de 10 000 employes ? meme avec des temps partiels a 1/3 de temps ca fait 3000 personnes

sinon il faut faire la soustraction : emplois cree a europacity - supprimés autour pour voir l impact reel
a écrit le 15/05/2019 à 10:39 :
Que ce projet meurt!

Une honte.

Toujours tout tuer aux alentours à cause du fric, ca commence à bien faire !

D‘autant que cela détruira pas que la nature mais des vies aussi!

Qu‘en est-il des personnes qui me pourront exercer leur profession à cause de la
concurrence déloyale exercée par les multinationales ?
Réponse de le 15/05/2019 à 14:02 :
Il faut avoir de l'imagination pour voir actuellement de la nature sur ce site. C'est de la terre agricole, de qualité certes, mais dans un endroit plutôt désolé.
a écrit le 15/05/2019 à 9:46 :
"l'acces a la culture...." Il vaut mieux en sourire.

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