Après la crise du Covid, l'industrie française fait face à de nouveaux vents contraires. L'incertitude politique qui plane depuis plusieurs mois sur la scène nationale, les bouleversements géopolitiques après trois ans de guerre en Ukraine, le retour de Donald Trump aux États-Unis, les évolutions réglementaires - comme l'interdiction des moteurs thermiques en 2035 - ou encore le renforcement du dumping asiatique, notamment dans le photovoltaïque avec des capacités de surproduction, ont fait virer les voyants à l'orange pour l'industrie régionale en ce début d'année.
Le baromètre industriel de l'État, dévoilé jeudi, recense 89 ouvertures nettes de sites en 2024, dont 32 en Auvergne-Rhône-Alpes. Mais il souligne un ralentissement persistant, marqué par une hausse de 34,8 % des plans de sauvegarde de l'emploi, annonçant de possibles fermetures à venir.
Et bien que dans ce contexte économique marqué par un ralentissement global du rythme des implantations industrielles en France, « Auvergne-Rhône-Alpes fait figure d'exception » comme le souligne la Région, force est de constater sur le terrain que les locomotives de l'industrie régionales se préparent déjà à cette nouvelle donne.
Plusieurs centaines d'emplois pourraient d'être supprimés dans les mois à venir, à travers plusieurs dossiers emblématiques : Vencorex (470 emplois), Valéo (868 suppressions en France, dont 238 dans le Rhône), Photowatt (162 emplois), ou encore Michelin (dont le siège situé à Clermont, annonce 1.254 suppressions de postes en Bretagne et dans les Pays de la Loire). Et ce, sans compter les « effets dominos » attendus dans certaines filières, en premier lieu dans la chimie où la disparition de Vencorex menacerait jusqu'à 6.000 emplois indirects.