Les transporteurs multiplient les initiatives sur le dernier kilomètre

De quoi DEMAIN sera-t-il fait ? Bpifrance mène une réflexion sur les sujets d'innovation qui révolutionneront notre quotidien dans les années à venir, du point de vue de notre transport, notre alimentation, notre santé, notre façon de commercer et de travailler. Pour cela, Bpifrance anime une démarche collective, pilotée par des collaborateurs de Bpifrance et associant les acteurs des écosystèmes concernés. L'un des sujets stratégiques récemment abordés est la question des livraisons et du dernier kilomètre à parcourir. Pauline Martin, déléguée régionale Ile-de-France à la Fédération Nationale des Transports Routiers, nous expose les initiatives prises par la profession pour relever les défis en matière environnementale, de sécurité et de digitalisation.

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« Depuis la crise sanitaire, 82% des Français assurent que leur image du secteur du transport routier s'est améliorée»,Pauline Martin, déléguée régionale Ile-de-France à la Fédération Nationale des Transports Routiers (FNTR).
« Depuis la crise sanitaire, 82% des Français assurent que leur image du secteur du transport routier s'est améliorée»,Pauline Martin, déléguée régionale Ile-de-France à la Fédération Nationale des Transports Routiers (FNTR). (Crédits : DR)

Si les Français semblaient avoir une opinion plutôt négative du transport routier de marchandises et de la logistique urbaine, « depuis la crise sanitaire, 82% des Français assurent que leur image du secteur du transport routier s'est améliorée, se réjouit Pauline Martin, déléguée régionale Ile-de-France à la Fédération Nationale des Transports Routiers (FNTR). Ils se rendent compte que c'est un vrai service que nous apportons. Les transporteurs qui effectuent le dernier kilomètre ont été eux aussi des premiers de cordée ». Mais conscients du fait que 80% des Français habitent désormais en ville et que les besoins en logistique ne cessent d'augmenter - les activités de e.commerce devraient ainsi croître de près de 80% d'ici 2030 -, et chaque année, les activités logistiques progressent de plus de 10% à Paris, selon les chiffres de la FNTR, les professionnels n'avaient pas attendu la crise sanitaire pour améliorer leurs services.

Une profession engagée

Les enjeux sont multiples. Ils vont de la meilleure gestion des flux à la sécurité (puisque les camions partagent l'espace urbain avec d'autres usagers - voitures, vélos, piétons) en passant par l'environnement, que ce soit la réduction des émissions ou de la pollution sonore. Ainsi, les transporteurs sont de plus en plus nombreux à renouveler leur flotte et se doter de véhicules hybrides, électriques ou fonctionnant au GNV (Gaz Naturel pour Véhicules). Un engagement qui permet notamment de répondre aux plafonds d'émissions comme Crit'Air, à Paris, et aux Zones à faibles émissions (ZFE), en place depuis le 1er septembre 2015. « Mais toutes les filières ne sont pas matures. L'hydrogène n'est pas encore une réalité et l'électrique n'est pas adapté aux charges les plus lourdes, ni à la longue distance », précise Pauline Martin. Certaines entreprises, comme les Transports Premat, sont pourtant pionnières. Déjà signataire de la Charte de réduction des émissions de CO2 en 2008, la société a été l'une des toutes premières à re-confirmer son engagement en 2012 et à obtenir le label CO2 en 2015. « Les transporteurs travaillent aussi sur les nuisances sonores, dans le cadre du label Certibruit (créé en 2012), 'pour une livraison de nuit respectueuse des riverains', poursuit la spécialiste. Ainsi, les camions frigorifiques sont conçus de telle façon que les chauffeurs peuvent couper le moteur pour une très courte durée pendant la livraison ».

Les professionnels s'appuient également sur les agglomérations, en particulier en matière de collecte digitale de données sur les flux. « Bordeaux, avec son C.Mobile Project, une application mobile qui agrège les données de circulation dans le but d'accroître l'efficacité du trafic, et Nice, qui a un projet similaire, portent des initiatives en ce sens. Et les transporteurs s'inscrivent pleinement dans ces chantiers », détaille Pauline Martin.

Mais les professionnels du transport font valoir que leurs initiatives, notamment en matière de renouvellement de flotte, nécessitent des investissements lourds... « Ils souhaitent ainsi une stabilité de la fiscalité pesant sur les entreprises afin de préserver les marges qui permettent ces investissements. Un soutien financier à la conversion écologique des véhicules est également fondamental », insiste la déléguée régionale de la FNTR.



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