Avec l'introduction en Bourse de Arm ce jeudi, qu'est-ce que les investisseurs achètent ? C'est la grande question qui déterminera le succès de l'action, présentée à 51 dollars. Géant du marché des processeurs, Arm commercialise uniquement de la propriété intellectuelle. Concrètement, l'entreprise britannique vend des licences d'exploitation pour ses architectures de puces. Parmi ses clients se trouvent Apple, Qualcomm, Nvidia ou encore Amazon. Plus de 30 milliards de puces fabriquées l'an dernier disposent d'une architecture Arm, présentes par ailleurs sur plus de 99% des smartphones, dans les automobiles ou encore dans les ordinateurs.
Mais le dirigeant de SoftBank, Masayoshi Son, promeut un autre visage de l'entreprise, dont sa société détient 100% des parts : Arm serait d'après lui incontournable dans la révolution de l'intelligence artificielle, sujet dont les investisseurs sont devenus friands. L'entreprise jouerait « un rôle central » dans l'accélération du développement de l'IA, au point de faire de l'homme d'affaires un « architecte du futur de l'humanité ». Mais pour l'heure, cette vision d'Arm ne correspond pas à la réalité.
Pour preuve : sur son dernier exercice annuel, terminé en mars, l'entreprise britannique a réalisé un chiffre d'affaires de 2,68 milliards de dollars, en très légère baisse (-0,7%) par rapport à l'année précédente. Dans le même temps, le constructeur de processeurs Nvidia, réellement au centre de la révolution de l'IA, a multiplié son chiffre d'affaires par deux à 13,6 milliards de dollars et ses bénéfices par huit, rien que sur le dernier semestre.