Municipales à Paris : les doléances des startups et les réponses des candidats

Les startups parisiennes ont fait valoir leurs principales revendications auprès des candidats à la mairie de Paris à deux semaines du scrutin. Parmi les souhaits récurrents, un accès facilité à la commande publique et à des bureaux moins onéreux.
Anaïs Cherif
Pour affiner leurs innovations, les startups font valoir un besoin d'expérimentation dans l'espace public.
Pour affiner leurs innovations, les startups font valoir un besoin d'expérimentation dans l'espace public. (Crédits : Reuters)

Accéder à des bureaux moins onéreux, bénéficier de la commande publique... Les startups parisiennes ont fait valoir leurs propositions face aux partis politiques briguant la tête de la mairie de Paris, lors d'un événement organisé la semaine dernière par France Digitale à l'incubateur Station F.

Avec plus de 5.600 jeunes pousses installées à Paris, la ville "représente 40% de la création de startups de l'écosystème français", a chiffré en préambule Nicolas Brien, directeur général de la fédération de startups France digitale. "Nous sommes au moment crucial où Paris peut devenir la capitale européenne des startups, devant Londres, après le Brexit. Mais il faut les aider à saisir cette opportunité."

Retour sur les préoccupations des jeunes pousses de la capitale.

■ Bénéficier plus facilement de la commande publique

C'est l'une des principales revendications, qui a ponctué tous les échanges : comment faciliter l'accès à la commande publique pour les startups, afin de les aider à développer et consolider leurs activités ? Dans sa liste de 10 propositions, écrite après la consultation de centaines d'entrepreneurs, France Digitale fait valoir une "lenteur des procédures, des critères inadéquats de qualification, de seuil inappropriés et d'exigence de preuve de fonctionnement" qui rendent l'accès difficile aux commandes publiques pour les startups.

La fédération propose ainsi que 20% des commandes publiques soient dirigées vers elles (soit l'équivalent de 40 milliards d'euros à l'échelle du pays). France Digitale avance aussi l'idée de l'insertion d'une "clause startup" dans les appels d'offres pour systématiser les collaborations entre grands groupes et jeunes pousses".

Lire aussi : Le gouvernement mise sur ses startups d'Etat pour améliorer les services publics

Face à cette demande, peu de propositions concrètes de la part des candidats ou de leurs représentants. Presque tous les partis font valoir les rigidités du code des marchés publics, "qui rend parfois la collaboration compliquée avec les startups", estime Emmanuel Grégoire, directeur de campagne d'Anne Hidalgo. Emile Meunier, porte-parole du candidat écologiste David Belliard, s'est quant à lui engagé à ce que "1,3 milliard d'euros de commandes publiques [soit] dirigé vers les startups parisiennes". Cela pourrait notamment se matérialiser pendant les Jeux Olympiques de 2024 avec "la création d'un guichet startups pour la mise en relation avec les opérateurs des JO", illustre Emile Meunier.

De son côté, Danielle Simmonet a balayé la proposition. "Je ne m'engagerai à aucun quota. Il faut d'abord déterminer si les startups répondent à l'intérêt général, connaître leur stade de viabilité...", a justifié la candidate France Insoumise. "Si c'est pour externaliser auprès de startups ce que le service public peut faire, je n'y suis pas favorable. J'orienterai davantage la commande publique vers la création de petits allotissements pour favoriser leur accès."

■ Accéder à des bureaux moins onéreux

Trouver des locaux abordables à Paris est un vrai casse-tête. "Environ 10% des fonds levés par une startup sont ensuite injectés dans les loyers des locaux", chiffre Clément Buyse, cofondateur de PeopleDoc et vice-président de France Digitale. Face à cette contrainte, "faut-il encadrer les loyers pour l'immobilier de bureaux ? Inciter fiscalement les startups à proposer du télétravail ?", s'interroge-t-il.

Emmanuel Grégoire affirme que l'immobilier à destination des startups "est passé de 5.000 m² en 2001 à 133.000 m² en 2014 sur Paris". Il dit vouloir "améliorer le parcours immobilier" des jeunes pousses, sans en préciser les contours. Pour Emile Meunier, "il faut grossir la focal et arrêter de penser à l'échelle de Paris intra-muros. Nous devons profiter notamment des villes en banlieue limitrophe pour pouvoir partager la production de richesse."

■ Faciliter les expérimentations dans l'espace public

Pour affiner leurs innovations, les startups font valoir un besoin d'expérimentation dans l'espace public. "Une des problématiques fondamentale pour contribuer au succès des startups est de leur permettre de tester leurs innovations, en temps réel, dans l'espace public", estime Marwan Elfitesse, responsable des programmes startups à Station F.

C'est le cas de notamment de la startup 1km à pied, qui s'intéresse à la mobilité entre le domicile et le travail. "Nous récupérons auprès des entreprises les informations concernant les trajets des salariés pour réaliser un diagnostic et envisager des solutions, comme les mobilités internes, explique Laure Wagner, cofondatrice de 1km à pied. Nous aimerions pouvoir réaliser un POC (proof of concept, preuve de faisabilité) avec les agents de la Ville de Paris."

Anaïs Cherif

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Commentaires 2
à écrit le 02/03/2020 à 17:31
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ça pleurniche bcp dans le monde des start up... me semble t il....nos génies créateur manquent un peu d humilité.... une start up: une idée de produit....sans savoir si il y a un marché.... donc comme tout créateur d entreprise, il faut passer toute...

à écrit le 02/03/2020 à 16:38
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Et on redécouvre le Colbertisme c'était bien, mais l'UE vieille : le marché doit être libre et non faussé..

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