Apple : après avoir brillamment fait le "Jobs", Tim Cook face à une décennie périlleuse
Guillaume Renouard, à San Francisco
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Reuters/Elijah Nouvelage
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« Le meilleur directeur général de l'histoire » : c'est en ces termes dithyrambiques que l'hebdomadaire britannique The Economist dépeint Tim Cook, qui fête cette année ses dix ans à la tête d'Apple. Il faut dire que les chiffres parlent en sa faveur : depuis qu'il a repris le flambeau de feu Steve Jobs, la valeur de marché d'Apple s'est accrue de plus de 2 000 milliards de dollars, pour tutoyer les 2 600 milliards. C'est bien simple, aucun directeur-général n'a créé autant de valeur pour ses actionnaires dans l'histoire. En dix ans, Tim Cook dépasse la performance accomplie par Jeff Bezos à la tête d'Amazon en 24 ans de carrière, et par Warren Buffett en 45 ans chez Berkshire Hathaway, note The Economist.
La performance est d'autant plus remarquable que Tim Cook s'est vu confier la lourde tâche de succéder à Steve Jobs, entrepreneur-star et icône de la pop culture qui incarnait non seulement la marque à la pomme mais aussi tout le génie créatif de la Silicon Valley dans l'imaginaire collectif. Dans un entretien célèbre, Jobs décrit le moment où, une entreprise ayant atteint sa taille critique, les professionnels de la vente et du marketing commencent à être promus en lieu et place des créateurs de produits, amorçant le début du déclin. Cette prophétie allait-elle se réaliser au sein de sa propre entreprise ?
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Certains le croyaient, Tim Cook ayant fait ses armes dans la gestion de la chaîne de valeur, où l'on passe plus de temps à jongler entre des colonnes de chiffres sur des fichiers Excel qu'à concevoir de nouveaux produits high-tech révolutionnaires. De Steve Ballmer, successeur de Bill Gates à la tête de Microsoft, jusqu'à Kevin Rollins qui a remplacé Michael Dell, l'industrie des nouvelles technologies compte plusieurs exemples de bons gestionnaires ayant succédé à de géniaux fondateurs, avec en général peu de succès. Mais là où d'autres ont échoué, Tim Cook a, pour l'heure, brillamment réussi.
Guillaume Renouard, à San Francisco