Nvidia jouit aujourd'hui d'un quasi-monopole sur le marché des processeurs nécessaires à la création des plus puissantes intelligences artificielles comme ChatGPT. Ses concurrents AMD et Intel espèrent rattraper leur retard pour récupérer des parts de ce nouveau marché très prometteur. Mais la position dominante de Nvidia semble aujourd'hui intouchable.Les experts s'accordent : dans le milieu des processeurs, qui dit intelligence artificielle dit Nvidia. L'entreprise a dépassé les 1.000 milliards de dollars de valorisation en début de semaine car elle dispose d'un quasi-monopole sur les processeurs utilisés dans l'entraînement des nouveaux modèles d'IA générative -comme ChatGPT-, très demandeur en capacité de calcul.
Pris de court, les autres constructeurs veulent aussi leur part du gâteau, à commencer par les acteurs historiques du marché, Advanced Micro Technologies (AMD) et Intel. Pour y parvenir, ils misent sur le lancement à court terme de leurs nouveaux processeurs dédiés à l'IA. Mais le pari n'est pas gagné pour autant. Explication.
Un marché à mille milliards de dollars ?
Dans une interview à CNBC, le cofondateur et CEO de Nvidia estime que le marché naissant de l'IA dans les data center pourrait peser à terme plus de 1.000 milliards de dollars. Certes, cette estimation provient du premier convaincu par la technologie. Mais elle reflète tout de même l'engouement généralisé du secteur, visible dans les allées particulièrement chargées du Computex, un des salons de référence pour les constructeurs de serveurs. « Même les industriels qui font peu d'informatique vont vouloir s'intéresser à l'IA », prédit Sean Chen, responsable marketing chez le fournisseur de serveurs Gigabyte, pendant que les visiteurs se pressent autour des machines de Nvidia sur son stand.
« Nous assistons avec l'avènement des LLM [les grands modèles de langages comme GPT-4, ndlr] à une nouvelle vague de l'intelligence artificielle, bien plus demandeuse en puissance de calcul. Le problème, c'est que les avancées de performance des serveurs n'arrivent plus à suivre l'explosion de la taille des nouveaux modèles d'IA », explique à La Tribune Stella Weng, analyste chez Digitimes. « Concrètement, là où il fallait auparavant un processeur de type GPU pour faire tourner une IA, il en faut maintenant huit pour entraîner un LLM », précise-t-elle.
François Manens, à Taïpei