Un veto serait envisagé contre le rachat d'EMI par Universal Music

La Commission européenne aurait dit à la filiale de Vivendi que l'opération représente un sérieux obstacle à la concurrence, selon Reuters. Universal music devait répondre ce mardi aux griefs des régulateurs européens.
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Les régulateurs européens ont dit à Universal Music Group (UMG) que le rachat envisagé d'EMI représenterait un sérieux obstacle au bon fonctionnement de la concurrence, ce qui sous-entend un veto, à moins que la filiale de Vivendi ne propose d'importantes concessions, affirme mardi l'agence Reuters, qui cite des sources proches du dossier. La Commission européenne, qui examine ce projet de rachat de 1,2 milliard de livres (1,5 milliard d'euros) depuis le mois de février, a donné à Universal jusqu'à ce mardi pour répondre à ses griefs, qui ont été exprimés dans un document de 194 pages envoyé le mois dernier.

Des prix déjà plus élevés que les concurrents
Le « Financial Times » évoquait déjà lundi soir « une liste radicale d'objections » adressée par les services de la concurrence. En particulier, la Commission considère qu'Universal parvient déjà à obtenir « des prix significativement plus élevés » de la part des distributeurs de musique numérique que ses concurrents, du fait de son poids de leader mondial, et que le rachat d'EMI lui permettrait d'augmenter les prix. Parmi les stars de la filiale d'UMG figurent Lady Gaga, Rihanna et U2, alors que les catalogues de musique enregistrée par EMI incluent notamment les Beatles et Katy Perry. La nouvelle société issue de la fusion aurait près de deux fois la taille de son concurrent le plus proche en Europe.

Le poids d'Apple et la menace du piratage minimisés
La Commission s'est montrée très réservée concernant la fusion, estimant qu'elle était incompatible avec les règles du marché intérieur européen et qu'elle changerait totalement les relations entre l'offre et la demande dans l'industrie de la musique, selon une source cité par Reuters, qui a eu accès au document de la Commission. Les services de Joaquin Almunia ont également rejeté les arguments d'Universal Music selon lesquels la menace de piratage et le poids de clients tels qu'iTunes d' Apple, d'Amazon et d'autres services de musique en ligne dans les négociations limiteraient le pouvoir de la nouvelle société. Selon le FT, après le départ de Jean-Bernard Lévy de la présidence du directoire de Vivendi jeudi, le patron d'Universal, Lucian Grainge, a dû rassurer ses équipes que le groupe était toujours déterminé à boucler l'opération.
 

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