Surveillance de masse, fuite de données, désintérêt... Autant de freins à la création d'une identité numérique en France, alors que 23 États membres de l'Union européenne l'ont déjà adoptée.Mot de passe oublié, identifiant incorrect... Réaliser des démarches administratives en ligne peut vite s'avérer fastidieux. Selon l'Observatoire de la qualité des services numériques publié fin juin, 67 % des démarches phares de l'État sont déjà réalisables sur Internet. Le gouvernement vise une dématérialisation complète des services publics à horizon 2022, ce qui ouvre le débat sur la création d'une identité numérique pour chaque citoyen.
L'identité numérique vise à instaurer une plus grande confiance dans les échanges en ligne pour simplifier les démarches des citoyens. Comment ? En les dotant d'un identifiant et d'un mot de passe uniques, pouvant être complété par divers facteurs d'authentification contenus sur une clé UBS, un smartphone ou une carte d'identité électronique. L'identité numérique s'accompagne généralement d'une procédure unique d'identification pour accéder aux services publics et privés en lignes : réaliser des démarches administratives, se connecter à son compte bancaire, acheter un billet de train...
L'E-Estonie, un modèle qui a fait ses preuves
En France, la création d'une identité numérique est un vieux serpent de mer depuis les années 1970. Cinq tentatives ont échoué, sous divers gouvernements, alors que 23 États membres de l'Union européenne l'ont déjà adopté, selon le think tank Renaissance numérique. En Estonie, pays devenu une référence mondiale en matière de numérique, la carte d'identité électronique est adoptée par 98 % de la population.
À l'exception des mariages, des divorces et des achats immobiliers, tout peut-être réalisé en ligne : voter, accéder aux transports en commun, régler ses impôts, consulter ses ordonnances médicales, suivre les résultats de leurs enfants à l'école, ou encore effectuer une demande de subvention agricole... Cela signifie moins de paperasserie et de bureaucratie, avec in fine un important gain de temps. Le gouvernement estonien dit économiser l'équivalent d'environ 2 % du PIB par an.