Poutine, Wikileaks, trolls… Ce qu'il faut retenir du piratage russe aux Etats-Unis

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Le président russe Vladimir Poutine aurait commandé une campagne d'influence pour interférer le processus électoral américain selon le FBI, la CIA et la NSA.
Le président russe Vladimir Poutine aurait commandé "une campagne d'influence" pour interférer le processus électoral américain selon le FBI, la CIA et la NSA. (Crédits : © Reuters Photographer / Reuter)
Alors que la Russie regrette ce lundi une "chasse aux sorcières", retour sur la "campagne russe multi-facettes" menée pendant l'élection présidentielle américaine selon le FBI, la CIA et la NSA.

"Chasse aux sorcières"... En réutilisant une expression employée par Donald Trump la semaine dernière, Moscou accueille fraîchement le rapport conjoint des agences de renseignements américains (pdf), commandé par le président sortant Barack Obama et rendu partiellement public vendredi. Le FBI, la CIA et la NSA y racontent les "efforts russes" pour influencer l'élection présidentielle américaine de 2016. "Nous commençons à nous lasser sérieusement de ces accusations", a déclaré ce lundi Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, en démentant l'implication de la Russie.

D'après le rapport américain, la Russie entendait "détruire la foi dans la démocratie américaine, dénigrer la candidate démocrate Hillary Clinton et nuire à sa prochaine présidence" en cas de victoire. Retour sur la "campagne russe multi-facettes" dénoncée par les services de renseignements américains.

■ L'implication de Vladimir Poutine confirmée

Déjà évoquée par voie de presse mi-décembre, l'implication du président russe est affirmée à plusieurs reprises dans le rapport. Vladimir Poutine aurait commandé "une campagne d'influence" pour interférer avec le processus électoral américain. En cause : la divulgation des Panama Papers et le scandale de dopage pour les JO auraient été perçus par Vladimir Poutine comme "efforts dirigés par les Etats-Unis pour diffamer la Russie", selon le rapport.

Deuxième motivation pour le président russe : s'en prendre à Hillary Clinton, alors qu'elle avait soutenu les manifestations pour contester les résultats des élections législatives. Vladimir Poutine aurait interprété son soutien comme "dénigrant", selon le rapport. Les services russes auraient eu accès aux réseaux du Comité national démocrate (DNC) en juillet 2015 et "au moins" jusque juin 2016.

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■ Une collaboration "active" entre RT et Wikileaks

Le rapport assure que l'agence de renseignement militaire russe (GRU) a "relayé les informations acquises de la DNC et de hauts fonctionnaires démocrates grâce à Wikileaks". D'après les services américains, "Moscou a très probablement choisi Wikileaks en raison de sa réputation autoproclamée d'authenticité".

Le FBI, la CIA et la NSA soulignent une "collaboration active" entre Wikileaks et RT (auparavant Russia Today), chaîne de télévision financée par l'Etat russe, ayant publiés des articles "constamment négatifs" sur la candidate démocrate. Alors que plus de 6 pages sur 26 sont consacrées à RT, la rédactrice en chef Margarita Simonyan a qualifié le rapport de "comédie de l'année", rapporte ce lundi le Wall Street Journal. Dans une interview accordée dimanche à ABC News, Barack Obama a reconnu : "Je pense avoir sous-estimé la manière dont, dans cette nouvelle ère d'information, il est possible pour la désinformation, les attaques informatiques et ce genre de choses d'avoir un impact sur nos sociétés ouvertes, pour s'insinuer dans nos pratiques démocratiques."

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■ Un"réseau quasiment étatique de trolls"

La Russie aurait eu recours à un "réseau quasiment étatique de trolls", assure le rapport. Objectif : "Amplifier des histoires sur des scandales au sujet de Clinton et le rôle de Wikileaks dans la campagne électorale." En cas de victoire de la candidate démocrate, des bloggers pro-kremlin avait préparé une campagne Twitter anti-Clinton avec le hashtag #DemocracyRIP.

Les services américains précisent ne pas avoir "évalué l'impact des activités russes sur les résultats de l'élection de 2016". Ils promettent de nouvelles informations d'ici l'investiture de Donald Trump, le 20 janvier.

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Commentaires
a écrit le 02/11/2017 à 3:56 :
Les états unis ont la réputation de se mêler de ce qui se passe dans les autres pays ils sont mal placés pour se plaindre ,en plus c'est eux qui ont inventé internet !
a écrit le 20/01/2017 à 19:58 :
De toute façon espionnage ou pas, la campagne a voté Trump contre les bobo de la ville, c'est pareil chez-nous, c'est la campagne qui est majoritaire, l'île de France qui commande mais pour combien de temps?
Au prochain Trump français, qui sait pour changer des rigolos qui tournent autour du pot.
a écrit le 10/01/2017 à 5:53 :
Vous m'en direz tant... vous avez lu ça où sans indiscrétion? Parce qu'après avoir parcouru le (court) exposé des agences de renseignement, je ne lis absolument rien de tel.
Je veux bien qu'on fasse de la Russie et de Poutine des boucs émissaires, encore qu'il conviendrait de nous expliquer pourquoi cela présente le moindre avantage pour nous dans le grand dessein des choses, mais au moins faisons le clairement et sans aller chercher des faux semblants ridicules qui font passer les meilleurs des journalistes pour de vulgaires copistes.
a écrit le 09/01/2017 à 21:47 :
Si tous les pays qui ont été espionné et qui ont souffert d'ingérence de la part des usa expulsent leur diplomates, il n'y aura bientôt plus un diplomate us à l'étranger...lol...
a écrit le 09/01/2017 à 19:59 :
Il faut retenir que les élus sont bêtes de ne pas utiliser des logiciels de cryptage pour les mails. Qu'ils sont stupides pour ne pas embaucher des informaticiens pour gérer, protéger les serveurs. Qu'ils sont idiots pour ne pas utiliser des téléphones sécurisés. Serai je censuré?
a écrit le 09/01/2017 à 19:16 :
C'est l'arroseur arrosé !
A force d'espionner tout le monde et même ses soit-disant amis (jusqu'au téléphone de Merkel), d'interférer avec la politique intérieure des autres pays (je pense que les chinois ne sont pas près d'oublier le soutien américain aux manifs de Hong-Kong, la fameuse "révolution des parapluies" ; j'ignorais que les US s'étaient aussi mêlés des élections russes), voilà qu'ils reçoivent la monnaie de leur pièce et que là, tout d'un coup, ce genre de procédé devient inadmissible ...
Et au passage, on en profite pour décrédibiliser Wikileaks, qui n'a pas publié de fausses infos, juste de vrais emails du parti démocrate - quelle importance qu'ils aient eu ces emails par des hackers russes ou par des membres du parti ?
Vraie ou pas, cette histoire est juste pathétique.
a écrit le 09/01/2017 à 19:13 :
Des accusations toujours vides de preuves concrètes , des phrases au conditionnel comme " aurait eu recours à un réseau étatique de trolls ..Poutine aurait commandé une campagne d'influence .." ect . Est-il nécessaire, utile journalistiquement, de relayer ce complotisme des vaincus ? Cette campagne d'accusations a eu peu d'influence aux E.U., contrairement à ici, comme en témoigne le sondage fait par John Harwood le 6 janvier pour le compte de CNBC et NYT (des suppôts de Poutine ? ) : sur 84.115 participants, 83 % font confiance à Wikileaks contre 17 % seulement au rapport Intel des renseignements US. Une claque !
a écrit le 09/01/2017 à 18:13 :
Quel homme ce Vladimir! plus fort que Superman et Zorro réunis!
Prenons comme hypothèse que le contenu de l'article soit sérieux: comment ceux qui se présentent comme "the bests of the world" ont ils été à ce point battus?
Prenons comme hypothèse que le contenu soit farfelu: ces "maitres du monde libre" sont tout aussi mauvais car affabulateurs.Dans les deux cas, à virer pour incompétence, car la direction de l'Occident appelle à l'émergence d'autres dirigeants...
Dans tous les cas, merci à Vladimir pour son action ou son inaction , le résultat est le même!

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