L’opérateur historique a décidé d’augmenter de 3,5% les tarifs des contrats de ses sous-traitants en charge de déployer la fibre et de raccorder les abonnés. Ceux-ci clamaient, depuis des mois, qu’ils n’arrivaient plus à joindre les deux bouts.Ce geste était très attendu. Président d'InfraNum, la principale fédération des industriels des télécoms, Philippe Le Grand a annoncé ce mardi soir qu'Orange avait accepté d'augmenter les tarifs des contrats en cours de ses sous-traitants, en charge de déployer la fibre et de raccorder les abonnés dans tout le pays. L'opérateur historique avait déjà consenti, au mois de juillet, à une augmentation de 2,2%. Il la portera à 3,5% à compter du début du mois d'octobre. Il est aussi prévu qu'Orange et la filière de la sous-traitance se réunissent à nouveau au mois de mars pour décider, possiblement, d'une nouvelle augmentation.
Cette décision d'Orange intervient deux mois après qu'InfraNum a tiré la sonnette d'alarme sur les difficultés de la filière de la sous-traitance dans l'Hexagone. Ces acteurs se disaient, alors, asphyxiés par des tarifs trop bas, tandis que l'inflation a, en parallèle, fait exploser leurs coûts. A l'époque, Philippe Le Grand avait demandé aux opérateurs - et en particulier à Orange, le premier d'entre eux - de se mobiliser. « Il faut que ceux qui sont en bout de chaîne puissent gagner leur vie dignement », avait-il lancé.
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Le message a visiblement été reçu par Orange et par Christel Heydemann, sa patronne. D'après Philippe Le Grand, elle s'est directement saisie du dossier. Il faut dire que celui-ci est devenu capital pour l'opérateur historique. Si la filière de la sous-traitance, qui compte des dizaines de milliers de petites mains, devait s'effondrer, c'est tout le chantier du déploiement de la fibre qui serait en péril. Il y a aussi urgence à revaloriser la rémunération des techniciens et ouvriers en bout de chaîne pour améliorer la qualité des raccordements des clients, alors que les malfaçons se sont multipliées ces deux dernières années.
Cette augmentation de 3,5%, les sous-traitants dits de « rang 1 », qui traitent directement avec Orange, devront la répercuter à leurs propres sous-traitants, de « rang 2 ». L'objectif est, en clair, de faire ruisseler cette manne jusqu'au bout de la chaîne. Selon Philippe Le Grand, Orange a également accepté de revoir certaines conditions de ses contrats avec les sous-traitants. « Certains avaient une certaine toxicité, et n'étaient pas très équilibrés », affirme le président d'InfraNum. Certains de ces contrats, baptisés RC Centric et issus d'un récent appel d'offres, faisaient en particulier, et comme La Tribune l'a détaillé, l'objet de sévères critiques de la filière.